‹ La Réforme Monétaire en PologneChapitre 13 sur 36 · AA CE · texte numérisé non relu

AA CE

à une émission supplémentaire d’actions des sociétés récalcitrantes. Ces menaces démagogiques ne changeaient rien et, pendant le premier semestre 1925, à peine 50 millions rentrèrent dans les Caisses de l'Etat, au lieu des 170 millions prévus pour ce laps de temps. Aussi, devant l’insuccès grandissant de l’opération, M. Grabski envisageait-il une réforme complète de l'impôt, abandonnant son principe même, puisqu'il admettait que le contribuable s’acquitterait dorénavant au moyen de ses revenus : de longs délais, allant jusqu’à 8 ans et d'importants dégrèvements seraient accordés ; enfin, le montant total de la contribution était ramené dans ce projet à 432 millions. C'était reconnaître la faillite complète du prélève- ‘ment sur la fortune.

b) DÉFICIT BUDGÉTAIRE ET NOUVELLE INFLATION

En dehors d’un échec de doctrine, la faillite de l’impôt sur le capital en Pologne avait eu pour corollaire une certaine moins-value dans l’accroissement des devises de la Banque et par suite de la circulation, mais aussi une conséquence plus grave en la mise en péril de l'équilibre budgétaire ; ce prélèvement entrait en effet pour environ 23 % dans l’évaluation des recettes.

DRE A F\t +

NET RES Ut

Le budget de 1924 se soldait par 1.453.858.000 z1. pour les recettes et à 1.629.276.400 pour les dépenses, donc un déficit de 175 millions environ, imputable en partie à la moins-value de l'impôt sur le capital (134 millions). La part des diverses rentrées était la

suivante :

RHDOLSECIPECIS nee leo 492 millions Impôts indirects ........... 233 —— DOUANES ER ETS MARS 236 —— Timbre enregistrement .... 79 — MÉOAODOLES DE ER AU AN En 153 — Autres revenus de l'Etat .... 260 ——

Le déficit avait été couvert par diverses opérations de crédit : avance de 50 millions de la B. P. en partie réalisée, émission de bons remplaçant le billon (88 millions), émission du billon (61.900.000), solde actif de 100 millions de la Caisse de prêt liquidée, emprunts contractés à l’étranger et dans le pays (98.600.000). Ces différentes opérations avaient même permis, au début de 1925, la constitution d’un actif important au compte de l'Etat.

Le budget de 1925 devait s'élever à 2.155.000 zl. en équilibre approximatif. C’était un budget lourd pour un Etat à peine reconstitué et une population affaiblie ayant besoin de ménagements ; les dépenses du Ministère de la Guerre, seules, s’élevaient en 1924, à près de la moitié du total (33 % en 1925). L’expert

HAVE 10e

financier Young avait conseillé, en! 1924, de ne pas dépasser une somme de 800 millions, y voyant la limite des forces contributives de la nation, — en tenant compte des exigences de la vie économique. Malgré les difficultés d’une comparaison en pareille matière, on peut faire état de ce qu'aux Etats-Unis par exemple, le rapport des impôts mensuels à la circulation est de 11 %, et en France environ 18 %, alors qu’il atteignit en 1924-25 36 % en Pologne. De telles dépenses semblaient donc dépasser les forces contributives de la nation, surtout si l’on considère que plus du quart du budget était couvert par des recettes extraordinaires d’un rendement douteux et éminemment temporaires.

Ces dépenses d’une année sur l’autre augmentaient d’ailleurs de plus d’un tiers. Les impôts indirects, trop peu importants par rapport aux impôts directs, répondaient aux prévisions les plus optimistes ainsi que les Monopoles. Les impôts directs, au contraire, et particulièrement l’impôt sur le capital, rentraient de plus en plus mal, en raison de la crise économique et de leur trop grand poids, et l'Etat consommait rapidement sa réserve de Trésorerie du début de l’année. Au cours du premier semestre 1995, il y eut des retards importants dans le règlement des fournitures de l'Etat et même dans le paiement des fonctionnaires, alors que les statistiques officielles budgétaires mensuelles ne faisaient pas apparaître de déficit. (

Page 1