‹ La Réforme Monétaire en PologneChapitre 14 sur 36 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

L'augmentation irrégulière, à partir du mois de mai, de la circulation de la monnaie divisionnaire émise par l’État, mit tout à coup en lumière les difficultés de trésorerie. Alors que le décret du 14 avril 1924 avait fixé un maximum de 150 millions à ces émissions (billon et billets de billon pour remplacer provisoirement les pièces d’argent non encore frappées), et que la loi des finances de 1995 avait ajouté un nouveau contingent de 128 millions pour l’année entière, la circulation, de 180 au début de l’année, passait brusquement à 284 millions entre mai et juillet. Le montant des billets de la Banque de Pologne atteignait alors 461 millions, soit à peine le double, proportion assez anormale ; c'était le signe d’une nouvelle inflation. Malgré l’assurance reçue du Président du Conseil que l’émission serait ramenée dans les limites autorisées, la Banque, devant cet accroissement de petite monnaie de un et deux zlotys et de billets de 5 zlotys émis par le Gouvernement, se voyait obligée de n’accepter qu'avec restriction les paiements en billon. L'Etat réglait ses fonctionnaires en monnaie divisionnaire qui refluait vers les caisses de la Banque, et cette dernière était amenée à diminuer sa propre circulation pour gager celle de l'Etat avec son encaisse, dans le but de soutenir le cours du zloty.

Fin juillet 1925, en raison également de la diminution du stock de devises, la couverture des billets

PR Pis

de la Banque et du billon était ainsi tombée de 55, au début de l’année, à 30 % environ par rapport à l’encaisse or et devises, donc voisine de la proportion légale, si l’on tient compte des 77,5 millions d’or qui allaient être hypothéqués à l’étranger contre crédits d'intervention. Or, ces crédits qui permettraient de soutenir la devise jusqu’en octobre avec seulement une perte de 15 % au change, furent rapidement épuisés et l’or engagé ne pouvait plus donc être compté dans l’encaisse, ce qui abaïissait à moins de 20 % le rapport sus-visé. Le déficit budgétaire conduisait JEtat à une nouvelle inflation, qui fut pour une grande part dans la chute du zloty. En décembre, la monnaie divisionnaire allait atteindre 433 millions, alors que les billets de la Banque ne s’élevaient qu’à 381 millions.

Page 1