HART
çus n'étaient d’aucun rendement en raison de la pauvreté de l’économie générale.
Tout en faisant état de la ruine économique due à la guerre, il faut aussi remarquer que le système économique de la Pologne, tant agricole qu’industriel et commercial, était fort arriéré. C’est ainsi que pays essentiellement agricole, la Pologne avait plus de la moitié de ses paysans qui ne possédaient que des parcelles de terre insuffisantes pour les nourrir, tandis que le régime de la grande propriété aux méthodes de culture surannées était la règle ; le riche propriétaire ne recherchait pas le rendement et ne faisait pas suffisamment appel aux paysans dans la misère ; souvent ses terres étaient laissées en friches en raison de l’inorganisation de l’écoulement des produits.
Aussi le pouvoir d’achat de la population était-il restreint et ne permettait-il pas une consommation abondante des produits de l’industrie, peu modernisée d’ailleurs, alors que les marchés extérieurs restaient à conquérir.
Tel était l’état précaire de la Pologne en novembre 1918 ; le nouveau gouvernement pour faire face à ces lourdes charges allait se lancer dans l'inflation pendant près de six ans, inflation qui devait, pendant cette période, voiler les véritables conditions du développement économique de la nation.
le =
La réforme monétaire de M. Grabski, qui devait intervenir après cette longue période d'inflation, est un exemple fort intéressant d'énergie et de courage en matière monétaire, alors que la situation paraissait désespérée. La bibliographie est vaste ; j'ai préféré m’attacher à remonter aux sources et à suivre la préparation et le développement de la réforme dans les nombreuses revues ou journaux — allemands en particulier — qui ont abondamment parlé de la question au jour le jour. Ceci m’a permis d’avoir une documentation importante, parfois contradictoire, et j'ai été amené, pour éviter de donner trop d’ampleur au sujet, à présenter la réforme d’une façon un peu synthétique, mais étayée de faits minutieusement contrôlés et discutés.