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stabilité de fait suffisamment longue et libre, permettant en tout état de cause de déceler quel était exactement le nœud de la parité économique, une fois dûment constatée la parfaite harmonie entre les recettes et les dépenses d’une part, les exportations et les importations d'autre part.
Aussi, était-il nécessaire de préparer la résistance à la crise, avant de faire intervenir une stabilisation définitive. Il y avait urgence à envisager le problème sous l’angle économique, en cherchant à pallier le mieux possible les défaillances qui s’annonçaient, du jour où le stimulant constitué par la prime à l’exportation serait totalement disparu il fallait songer à mettre l’économie à même de se passer de cet excitant, et de supporter aisément la concurrence, par l’abaissement du coût de production. La rééducation de la population s’imposait en même temps en vue de l’habituer à mener une vie plus mesurée, à consommer moins, à épargner et produire davantage, de façon à réparer les pertes subies par l’inflation et à reconstituer les capitaux engloutis. Le pays avait été longtemps habitué à vivre sur son capital, il importait de lui apprendre à vivre désormais sur sa production, sur son travail en un mot.
Au lieu de chercher à assurer la résistance de l’organisme économique, M. Grabski partait du fait que le redressement fiscal et monétaire impliquerait de luimême une adaptation parfaite de l'Etat et de l’éco-
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nomie tout entière, sans que l’on eût besoin de s’occuper d'améliorer les conditions de production techniques ou naturelles du pays ; il n’a somme toute recherché qu’un succès mécanique en qui il voyait tout le secret de la réussite ; le reste devait suivre automatiquement. Il est certain que dans les conditions où se trouvait le pays à la fin de 1923, il était urgent de prendre des mesures énergiques, et ce sera l'honneur de M. Grabski d’avoir su arrêter l’inflation et la baisse de la monnaie, et d’avoir malgré tout sauvé la nation d’une débâcle complète.
Il est à craindre d’ailleurs que le Président du Conseil n’ait été conduit à une solution aussi rapide, contraire d’ailleurs à ses premiers plans échelonnant la réforme sur trois ans, qu’en raison de la difficulté de pouvoir maintenir la stabilité du mark, alors que le zloty était déjà en circulation. La parité fixée le 7 février n’était somme toute qu’accidentelle et non l'expression d’un réel état d'équilibre ; la valorisation automatique de tous les impôts et crédits avait, pour ainsi dire, joué contre M. Grabski, et rendait urgent l’établissement d’un taux définitif de stabilisation, pour éviter les incessantes fluctuations des prix et des crédits, ainsi que le déséquilibre budgétaire.
M. Grabski avait néanmoins cru pouvoir adapter tout l’organisme de façon autocratique au choix d’un taux de stabilisation, consacrant une dépréciation extérieure moins forte que la dépréciation des prix