‹ La réforme sociale en France déduite de l'observation comparée des ..., Volume 2Chapitre 3 sur 6 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'ASSOCUTION

Les deux catégories d'associations ne sont bienfaisantes que dans les branches d'activité où les efforts individuels ne sauraient suffire. La Réforme sociale , ch. v, § 47.

LE RÔLE DE L'ASSOCIATION SOUS SES DEUX FORMES, LA COMMUNAUTÉ ET LA CORPORATION, A ÉTÉ EXAGÉRÉ DE NOTRE TEMPS

En étudiant les divers éléments de l'organisation sociale , j'ai été souvent conduit à me demander, sans résoudre la question, si les crises périodiques qui désolent notre pays doivent être attribuées aux conservateurs obstinés qui ne voient pas le mal, ou aux novateurs imprudents qui réclament des remèdes dangereux. Parmi les panacées qu'on a vantées de notre temps, l'association est une de celles dont on a le plus abusé. Elle est devenue un principe banal et une sorte de lieu commun, aussi bien pour les écoles qui rêvent une organisation nouvelle de la société que pour

celles qui prétendent concilier le progrès avec la tradition. Les erreurs propagées dans ces derniers temps sur l'association ont singulièrement troublé les esprits. Elles n'ont pas seulement exagéré ou faussé cet utile principe ; elles ont formellement attaqué un principe d'ordre supérieur, celui de la propriété libre et individuelle (§ 46).

L'association, il faut le reconnaître, se prêtait naturellement à ce genre d'erreur. Elle est le fondement des grandes entreprises commerciales qui sont une des gloires de notre époque, et qui transforment, à quelques égards, les conditions de l'ordre matériel. Elle double les forces des hommes d'élite voués à la culture de l'ordre moral ou intellectuel; et, sous ce rapport, elle jette un grand éclat sur quelques sociétés modernes. De là on a conclu , contrairement à l'expérience du genre humain, que le remède aux maux dont nous souffrons devait se trouver dans l'application du régime d'association à tous les modes d'activité où le désordre se manifeste. Les grandes nations commerçantes et industrielles doivent assurément une partie de leur puissance actuelle à des associations dont les entreprises embrassent parfois le monde entier. Cependant la principale source de leur force est plus que jamais dans l'activité individuelle , et le développement de cette activité sera de plus en plus le critérium d'un peuple prospère. Le perfectionnement des socié-

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