‹ La régenceChapitre 9 sur 15 · Voir la note J, à la fin du volume · texte numérisé non relu

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<r Morte la bête, mort le venin. Je t’attends ce soir au Palais-Royal. »

Ce fut l’oraison funèbre du premier ministre.

Cependant, le duc d’Orléans ne devait pas survivre longtemps à celui dont il venait de prendre si légèrement congé. A lui aussi sa tâche était accomplie.

La mort de Dubois, qui devait lui être un enseignement, ne lui fut qu’une occasion de se livrer avec plus ae facilité à des plaisirs qui lui étaient devenus indispensables. Cependant la mort lui envoyait, en quelque sorte, tous les avertissements qu’il était en son pouvoir de lui donner : il avait la tête basse, le visage pourpre, l’air hébété. Chirac l’admonestait tous les jours, et, tous les jours, le duc d’Orléans lui répondait :

— Mon cher Chirac, ne meurt pas d’apoplexie qui veut. Courte et bonne I

Tous les jours, Chirac venait chez le prince pour le saigner, et, tous les jours, le prince remettait la saignée au lendemain .

Enfin, le jeudi matin 2 décembre, il l’en pressa si vivement, que le prince, pour se débarrasser de lui, prit heure au lundi suivant.

Ce même jour, il avait travaillé chez le roi. En rentrant dans son cabinet, où son portefeuille était tost

préparé, il trouva madame de Phalaris qui l’attendait à la porte.

Cette vue parut lui faire plaisir.

— Entrez donc, lui dit-il. J’ai la tête lourde, vous m’amuserez avec vos contes.

Tous deux entrèrent et s’assirent côte à côte près du feu et dans deux fauteuils.

Tout à coup, madame de Phalaris, qui avait commencé une histoire, sentit que le duc se renversait sur elle avec la lourdeur d’un homme qui s’évanouit. Elle le releva. Le duc était sans connaissance, ou plutôt il était mort.

Mort douce, comme il l’avait toujours désirée; mort pareille à sa vie, et qui le frappa dans les bras du sommeil.

Une gazette étrangère annonça que le duc d’Orléans était mort assisté de son confesseur ordinaire.

Le duc d’Orléans était âgé de quarante-neuf ans trois mois et vingt-neuf jours i.

Jetons un coup d’œil en arrière, et disons un mot sur les événements compris dans la période qui vient de s’écouler, et sur les hommes qui y ont joué un rôle.

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