I.A RI-r.fiNCE
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Ndus avons assisté à la première manifeslalinn de l’alliance formée enire lord Staii’s et l'ablK' Dubois, (jiiand Ions doux se montrèrent dans la même tribune, à cette fameuse séance du Parlement, qui décerna la régence à Pbilipix' II.
Déjà , depuis plus d’une année avant la mort du feu roi , lord Stairs était en France, où, sans mission apparente, il remplissait, non pas la charge d'ambassadeur, mais où il représentait les intérêts du roi Georgisi. 11 avait.ses provisions en blanc dans sa poche. C’était à lui de choisir le moment oii il prendrait une position officielle.
C'était un très-simple gentilhomme écossais, grand, bien fait, maigre, jeune encore, avec la tête haute et l'œil fier. Il était vif, entreprenant , audacieux , hardi par tempérament et par principes. Il avait de l'esprit , de l’adresse , ce qu’entin ’bn appelait du tour. Avec cela , secret , instruit , maître de soi , commandant a son visage, parlant toutes les langues et tous les langages ; sous prétexte d’aimer la bonne chère, donnant de grands dîners, où il poussait les autres jusrpi’à l’ivresse, sjins jamais, lui, perdre la raison; créature de Marlborough, auquel il était profondément attaché, se souvenant que c’était lui qui l’avait tiré de l’obscurité en lui donnant un régiment et l’ordre d’Fcosse; wigh, enfin , jusqu’au bout des ongles.
Un pareil homme devait s’entendre admirablement avec Dubois.
D’ailleurs les intérêts politiques du roi d’Angleterre et du régent de France étaient les mêmes.
• Guillaume était mort en 1702, laissant le trône à sa fille Anne, morte elle-même en 1 71 2 sans imslérité , mais ayant , depuis 1 704, appelé à sa succession éventuelle Georges, électeur de Hanovre.
Georges avait donc vu son adoption ratifiée par le Parlement anglais, comnu‘ Philipi» avait vu sa régence ratifiée par le Parlement français. Chacun d’cu.v avait un ennemi dangereux. Georges i'% Jacques Hl, prétend.mt an trône d’Angleterre; le régent, cri cas de mort <hi jeune roi Louis XV, Philippe V, prétendant nu trône de France. 11 .était donc tout simple que le régent donnât aide à
LA RÉGENCR
Georges I*' contre Jacques III, afin qn’en revanche Georges I" lui donnùt aide contre l'Iiilippe V.
Seulement cette nouvelle combinaison renversait toutes les données de lu politique de Louis XIV, qui avait fait de rEsjiagnc une alliée et de l’Angleterre une ennemie.
Le voyage de Dubois avait donc pour but de serrer cette alliance d'intéréts communs entre Georges l"^ et le régent.
Il ré'sulta, des négociations liées par Dubois, le traité signé à La Haye entre la France et l'Angleterre, et qui reçut le nom de traité de la triple alliance, parce (jue les Provinces-Unies finirent par y adhérer.
Ce traité (vortait que le prétendant sortirait de France, que Dunkerque et .Mardick seraient démolies, qu'aucun des contractants ne donnerait asile auv (lersonnes déclarées rebelles par les deux autres parties; moyennant quoi , on se prometUdt réciproquement le maintien des dispositions du traité d’L'trecht, qui assuraient la succession de la couronne d'Angleterre à la maison de Hanovre, et qui écartaient Philippe V du trône de France.
La signature du traité valut deux lettres à Dubois : l'une du roi Georges, l'autre du régent.
Voici celle du roi Georges :
« Ce serait bien fait à vous, monsieur Dubois, de vous trouver
« le 20 du courant (janvier 1717) à (1), où je vais passer en
O allant à Londres. Outre l’agrément de vous voir, je me propose de « vous entretenir sur plusieurs objets. Stanhope vous dira la satis- « faction que j’éprouve du consentement unanime des Sept-Pro- « vinces. Si j’étais régent de France, je ne vous laisserais pas long- « temps conseiller d’Élat. En Angleterre, vous seriez ministre avant « huit jours d'ici.
a Georck, Roi. »
Voici celle du régent :
« Mon cher ablié, vous avez sauvé la France, le duc d'Orléans O vous embrasse, le régent ne sait comment vous récompenser.
(I) I.o nttiii e»l illisililt* il.ui-s la li*Ure autographe.
LA RÉGENCR
« J'ai fait part au roi du service éclatant que vous venez de lui « rendre; il m'a répondu, avec la naïveté de son âge : « Je ne « croyais pas que les abbés fussent si utiles. » Hâtez-vous de jouir <t de votre triomphe, car je m'aperçois de votre absence auPalais- « Royal. Faites à présent une longue alliance avec la santé et la vie.
« Votre affectionné ,
a PuiUPPB d’ObLÉANS. »
Dubois revint triomphalement à Paris ; il y trouva le chancelier Voisin mort, M. d'Aguesseau chancelier à sa place, et le roi hors des femmes, comme on disait à cette époque.
Le 1 D février, il avait été remis par madame de Ventadour aux mains de M. le duc d'Orléans, qui lui présenta aussitôt M. de Villeroy et l'abbé Fleury, ancien évêque de Fréjus, qu'il ne faut pas confondre avec l'auteur de l'Histoire ecclésiastique, et qui était, non pas précepteur, mais confesseur du roi.
Cependant, tout en réalisant le traité de la triple alliance, qui était une précaution contre l’Espagne, le duc d’Orléans tenait à entretenir de bonnes relations avec cette puissance ; en conséquence il envoyait, le 26 février 1717, M. le duc de Richelieu porter le cordon bleu au prince des Asturies, et ouvrir avec Philippe V une négociation qui avait pour but le mariage du prince avec une de ses filles.
M. le duc de Richelieu, dont nous avons déjà une fois prononcé le nom, mérite plus que personne une mention à part. Né pendant le siècle de Louis XIV, il devait survivre quinze ans à Louis XV, et, type de l’aristocratie du XVUI' siècle, mourir en 1788, un an avant la prise de la Bastille, c'est-à-dire un an avant le coup qui frappa la monarchie au cœur.
Le duc de Richelieu, ne en 1696, avait alors 21 ans; il était d'une figure agréable, d’une taille élégante, et avait conquis la réputation d'un des hommes les plus spirituels de l’époque. Une aventure presque ù son début dans le monde, une aventure à l'ùgc de 1 5 ans avec madame la duchesse de Bourgogne , avait mis ù la mode le petit neveu du grand cardinal. Il avait été surpris par les feinines sous le lit de la ducltessé, exactement comme Chatelard avait été