‹ La regence et Louis 15Chapitre 15 sur 88 · LA BI'CENCE · texte numérisé non relu

LA BI'CENCE

c’est qu’au contraire de cette maxime iMuise par Ia^)uis XIV, que , ne lenuni tn couronne que de Dieu il |H>uvail la Iraiismetlre à ipii il voulait, les princes du sau" diisiieul que cette disposition ôlnit à lu nation son plus beau droit, qui est de disposer d' elle-même au cas oii la famille royale viendrait (i manquer.

Ainsi voilà l'élection reconnue, voilà le suffrage universel réclamé |iar la noblesse elle-même , par les princes du sang euxmêmes, dans leur requête du 22 août 1716.

A cette requête répondit, le 2 juillet 1717, un édit qui révoqué l’édit de juillet t7l i et la déclaration de 1715, qui prive les princes légitimes du droit de se pouvoir dire et qualifier princes du sang , mais qui leur conserve les honneurs dont ils avaient joui jus<|ue-là au Parlement , c’est-à-dire la prés*‘ance et le rang au-dessus des pairs.

Moins cette derniere prérogative qui leur était conservée , les princes légitimés se trouvaient complètement dépouiliré des étranges honneurs dont les avait entourés la faiblesse du vieux roi.

Pendant qu'on jugeait ce grand procès , un conflit non moins grave s’éleva, et qui, ainsi que l'autre, ne put être jugé que p<ir le conseil de régence.

Quelques jours après celui où le roi était p;issé dans les mains des hommes, il voulut aller à la foire à Saint-Germain, qui venait de s’ ouvrir.

On crut d’abord que rien n'était plus facile que de lui procurer ce divertissement; mais comme il fallut monter eu carrosse, M. du Maine et M. de Villeroy ne s’accordètent point sur la place (pi’ils devaient respectivement occuper dans celui du roi; M. de Villeroy, coinuie son gouverneur, prétendant qu'il ne devait cérler la première place qu’aux princes du sang.

Cette difficulté ne put être réglée sur l’heure, le roi rcmniita eu pleurant dans ses appartements , et fut privé de voir la foire à Saint- Germain.

Pendant ce temps la vue du régent devint si mauvaise, qu’il fut menacé de complète cé-cité , et qu’on agita de lui éter la régence et

de ta donner au duc de Hourbou, eu cas de cécité absolue.

LA

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L< eniisc que l'on donna au |iui>lie de eette maladie, qui menaçait la vue (lu régent d'extinction (toinpléle, tut un coup de raquette que le régent se serait donné lui-méme ('ii jouant à la courte -paume.

Mais si le régent était presque aveugle, il n'était |H>int sourd. Il avait entendu piirler vaguement de faire M. le duc de Bourbon régent à sa place, il avait poursuivi et atteint ce bruit , creusé ce complot et acquis la certitude que scs auteurs étaient le chancelier d'Agues.seau et le cardinal de Noailles.

Le duc d'Orléans prit à l'instant même la résolution de ponir les couiwbles ; cl, comme il s'entretenait un beau jour avec le duc de Noailles, président du conseil des finances, et .MM. l\)rtail et L’onrqueux, membres du Parlement, le prince amena la conversation sur son chancelier, se plaignit de son peu de complaisance ji ses dé'Àrs et leur déclara qu'il était presque décidé à le remplacer.

M. de Noailles, qui ne se doutait pas du point ofi en étaient arrivées les choses, d(‘fcndit le chancelier plus chaudement qu'il ne l'oM fait s'il eut été averti.

Les deux conseillers, qui llairérent une disgrâce, mollirent bienlé)! dans cette même défense qu'ils avaient, comme le duc de Noailles, commence à entreprendre.

D'ailleurs, chacun d'eux avait l'espérance qu'au cas de renvoi de d'Aguesseau, ce serait lui qui le remplacerait.

On en était là de la conversation, lorsque l'huissier annoni;a M. d'Argenson, en ouvrant les deux Ixiltants de la porte, honneur qui, rendu à un simple lieutenant de police, étonna fort les assistants.

Mais, piesque aussitôt, le légent leur donna le mot de (x-tte énigme : — Messieurs , leur dit - il , je vous présente le nouveaa garde des sceaux.

El en même temps, tirant la rammission de d'Argenson de sa p<x:tie, le prince j mit le cachet de sa main et la lui donna.

— D'après ce qui se passe, dit M. de Noailles tout étourdi, dîme semble que je n'ai plus rien à faire que de me retirer, car je vois (pie j'ai le malheur d'être en pleine disgrâce.

— Faites, Monsieur, répondit le régent.

M. le duc de Noailles se relira.

LA RéQENCI

Alors le prince, se reiounianl vors les deux coDseiUers :

— Messieurs, dit-il cir leur montrant d’Ârgciisoii , je vous présente non-seulement M. le chancelier, mais encore le chef du conseil des finances. —

Les deux membres du Parlement s'inclinèrent et sortirent pour n’étrepas obligés de faire leurs complinacùts à M. d'Argenson.

Quant au cardinal de Noailles, il resta encore quelque temps à la tète du conseil de Conscience, mais bientôt il fut remplacé par les deux chefs du paiti Moliniste, les cardinaux de Rohan et de Bissy.

Quelque temps avant cette petite révolution de cabinet, M. le duc d'Orléans avait eu lui-mème une discus«on de préséance assez curieuse, en ce qu'elle indique Timportance que chacun attachait, à cette époque, à des honneurs que nous avons vus, nous, tomber en désuétude.

En 1716, le duc d’Orléans n’avait point assisté à la procession solennelle qui se faisait à cette époque le jour de l'Assomption de la Viei^e.

Mais Saint-Simon lui ayant fait reproche sur ce mauvais exemple, il avait résolu d'y assister l'année suivante.

Le jour venu, il lit donc dfrmander au Parlement quel rang il tiendrait dans cette cérémonie, et à queUe place il devrait représenter la personne du roi en quiditc de régent.

Les Chambres s'assemblèrent deux fois îi ce sujet, et le président fit répondre au pr ince que, comme membre du Parlement, il devait, selon l’usage, marcher entre deux présidents.

Sur cette réponse, le duc d'Orléans envoya une lettre de cachet à MM. du Parlement et au cliapitre de Notre-Dame, par laquelle Sa Majesté déclarait qu'elle avait eu grande euvie de se trouver â la procession, pour montrer l'exemple à son peuple, et satisfarre sa dévotion à l’égard de la sainte Vierge; mais que, comme on lui avait fait observerque l’excessive chaleur pouvait nuire à sa santé, elle avait prié M. le duc d’Orléans d’assister à cette procession à sa place, pour implorer le secours du ciel en faveur de son royaume ; qu'elle ordonnait doue qu’on i-eçùt M. le régent comme elle-même, puisque M. le régent la représentait.

LA BtliENCE

En cnnsé(|ucnce , Son Altesse Royale marcha seule, en avant du premier président

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