‹ La regence et Louis 15Chapitre 21 sur 88 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Quelque temps avant que la mort ne prit an régent une de ses filles, la religion lui enlevait l’autre.

Nous avons dit les hriiits qui couraient sur mademoiselle de Chartres; c’étaient les mêmes qui avaient eouni sur niadainc la duchessi; de Berry et sur raadeinoiselle de Valois. Li cause de sa retraite resta un secret. La princesse Palatine, dans s*s .Mémoires, avoue elle-inéme ignorer les motifs qui ont fait désirer à mademoiscdle de Chartres d’étre religieuse.

Richelieu n’y met pus tant de ménagements, et déclare tout net < que c’isst à la fois pir jalousie contre mademoiselle de Valois et * pour avoir un sérail. »

11 y avait déjà prés d’un an que mademoiselle de Chartres vivait an couvent, où elle avait prononcé scs vœux le 23 août 1718, quand elle en fut noininés; ahiiesse le 14 septeinlire 1710.

La place d’abhesse de Chelles avait été achetée |xir le régent à

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matlcmoiselli' (le Villars , sœur du maréclial , moycnnaiil une renie viagère de doure mille livres par au.

« C'était, dit Sainl-Simoti , une singulière abbesse : tanl(‘)l austère à l'excès, tantôt n'ayant de religieuse (|ue l'habit. Musicienne, diirurgienue , lliéologicnne, directrice, et tout cela [wr saut et par bond, toujours dégoûtée et fatigute de ces situations divi^rses. »

Tandis (|ue madame de Berry mourait, tandis riuc mademoiselle de Chartres se faisait abbesse, et troquait son nom princier wntre l'humble nom de s<cur Bathildc, la fortune de l.aw atteignait son apogée, et Paris tout entier, s<! portant à la rue Qnincampoix, prenait un as[)ect étrange causé par les mélamorplioscs sociales ipii s'opéraient.

Eu effet, toutisles fortunes avaient été atteintes, ébranlées, renversées ou bàti(!S par cet étrange vertige qui venait de s'empaier de toute la France : on arrivait de la province, on arrivait de l'.^ngliv terre , on arrivait d’.Vraériquc même , pour jouer ce singulier jeu des actions qui faisait et défaisait les fortunes entre deux soleils.

Du 3 janvier au 1" avril seulement, Liw avait, en vertu d édits royaux , émis pour soixante-douze millions de billets.

Il était ini|x>ssible que le régent refusât le contrôle des finances à un homme si populaire. Aussi était-il fort question de le lui donner; la seule cause qui retint le rf'gent, c'est que Law n'était pas cutholiijue.

Par bonheur, Law était encore moins scrupuleux que le régent; il abjura entre les mains de l'abbé de Tencin.

Cette abjuration de Law valut à l'abbé de Tencin l'ambassade de Rome.

Ce n'était (vas trop cher, cnr Ijiw obtenait chaque jour des édits si étranges, qu'il était évident ([ue l'orage qui s'amassait tout doucement contre lui devait retomber uu jour sur sa tète en grêle et en toimerre.

. D'abord, ce fut un arrêt du conseil qui défendit de faire aucun piement en argent, au-dessus de la somme de liOO livres. Quelques mois après, par un nouvel arrêt, ces paiements ne pouvaient plus se faire au-dessus de 10 livres en argent, et de 300 livres eu or.

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