‹ La regence et Louis 15Chapitre 22 sur 88 · I.A Rf.liENCH · texte numérisé non relu

I.A Rf.liENCH

Kiifiii lin dmiicr arrrl iiilerviiil . ijiii (lÉfiMidail à ((iii qiip re fût, sous ((l’irie d’iinicndc, de coiisorvor c’Iuv. soi plus de oOO livres PU argplil luomiayp; la défi'uso s'olpiidail jus<|iraux «■onmiuuault's l'plipieusi’s pl sv'rulières.

lai Mets de la somme trouvée elle/, le eonlreveiianl était, à titre de prime, aceurdé aux délateurs.

A l'iustaiit même, tous les dé|«'ils d'argent furent convertis eu papier et iloiiuérent une nouvelle valeur aux actions de la douille lianipie. qui, s'il faut en rroire M. de Neeker, dans sa ré|ionse à l’alilié Morellet, en 1707, montèrent jus<p^,^ six milliards.

Ctnant à Livv, il tro<|uait son ai'fient non pas contre du papier, mais contre des terres. A son détint, il avait aciielé du comte d'Iivrcux, moyennaut la somme de 1,800,000 livres, le comté de Tancarville, en Normandie. Il ulfrail au prince de Girignaii 1,400,000 livi-esde rliôlel de Sfiis-sons: à la marquise de llcuvron, .'iOO.OOO livres de sa terre de Lillelionne; enlin, au duc de Savoie, 1,700,000 livres de son maripiisat de Kosny.

yuani au régent, tout au contraire de l-aw, il ne prot.l.iit de ses gains à lui que [M>ur les répandre sur tout le monde, non pas en pÜs-cs d'or, maison pluie de papier. Il donna un million à rilolcl- Dieu de Paris, un million à l' Hospice-Général, un million aux Knfanl.s-Trouvt-s; quinze cent mille livres furent emfiloyées par lui à tirer de captivité des prisonmei-s |Vour dettes; eulîn le marquis de Nocé, le comte de Li Motlieet le comte de Rove reçurent chacun de sa main une gratilication de cinquante mille livres.

Le duc de Bourlion ne suivit |)oint cet exemple; il gagna des sommes imiueuses. Ht relsdir Chantilly et acheta tous les hiens qu'il trouva à sa convenance : il avait le goiit des hôtes féroces, il se lit une ménagerie plus belle <pie celle du roi ; il aimait le luxe des coureui-s, et, d’um; seule fois, il en fit venir cent cinquante d'Angleterre. les<piels lui audaienl I o 5 1,800 livres la pièce. Diins une seule fctc qu'il donna au régent et à la pauvre duchesse de Rcrry , fêle qui dura cinq jours et cinq nuits, il dépensa près de deux millions.

CeiK iulaul toute l'alfaire de la conspiration de Cellamare était toniijée dans l'(.'au ou à [jcu prè'S.

tJigir*

LA RÉGENTK

Ij' priiifp, comme nous l'avons ilit, avait etc relàclic le premier et rcnvovc en Es|wonc.

Le régent avait fait venir LagrangfvChancel , l'auteur des Philippicpies, et lui avait deraandé s’il était bien vrai qu’il pensiit tout ce qu’il avait dit de lui.

— Oui, .'lonseigni'ur, lui avait ivpondu etTronténicnl le poète.

— C’est bien lienreux [Kiur vous, reprit le régent; car si vous eussiez écrit de' pireilles infamies contre votre ronscienee, je vous eus.se fait pendre.

Et il se contenta de l'envoyer aux Iles Sainte-Marguerite, où il resta trois ou quatre mois. Mais au bout de ce tenq)s, les ennemis du régent ayant ré|iandu le bruit ipie le prince l’y avait fait enq«>isonner, le prince ne trouva pas de meilleur moyen do démentir celle nouvelle calomnie, <pic d’ouvrir les portes de sii prison nu prétendu mort , qui se bâta de revenir à Paris plus gonflé de baine et de fiel que jamais.

Quant au duc de llichclicu, il était tombé malade à la Ifaslille; on exposa au régent que si le (irisonnier avait le malbeurde mourir en prison , ce serait contre su cruauté un concert de malédictions ipii pouvait ternir sa mémoire. Ü! duc s<; laissa donc. Imicher. 11 [«rmil d’abord que Iliclielicu sortit, à la condition que le cardinal de Noailles et la ilucbessc de Richelieu, si bello-mèi'c, iraient le prendre à la Bastille et le garderaient à Conllans jusqu’à ce qu'il fût en état de se rendre à sa terre de Richelieu, où il resterait jusipi’à nouvel ordre.

Il sortit en conséquence de prison le 30 août 1710, se rendit à Conllans, dont il escaladait les murailles au Ixmt de Iniil joura, et, comme il s’apprêtait à partir pour son exil, il reçut l'autorisation de venir |wsser à Saint-Cermain le tem|)s que devait durer cet exil.

Trois mois apri-s, il faisait au régent s;i visite de réconciliation. Le régent, ipii ne savait pas haïr, lui tendit la main et rembrass,i.

Le duc et la duchesse du .Maine avaient clé conduits ; run au château de Dourlans, l’autre à la citadelle de Dijon. Tous deux sortirent de leur prison avant la lin de l’année, di'-sarmani le régent, le duc du Maine [lar une dénégation absolue, la duchesse [Kir un aveu comi>lel.

Oi

LA R^fiKNCE

Tous (leiu relrnuvôrcnt à Scojiiix le marquis de Poni|iiMl()iir; le comte de Laval, Malézieux et mademoiselle de Launay, qui, sortis de prison avant eux, lesyaltetidaicnt pour reprendre ces charmantes fi'tes que Ohaulicu, [Kiuvre aveugle qui ne |iouvail pas les voir, npiwlait les Nuits-Blanches de Sceaux.

Quant au cardinal de Poliguac, il n'avait pis mfmc él6 arn'té, le régent s’étant contenté de l'exiler dans son ahlaiye d'.\nchin.

On fut donc assez étonné d'apprendre à Paris, veis la fin de [iovenibre, rarrestalion de quatre gentilshommes bretons, dont l'affaire se rattachait à celle du prince de Cellamare.

Pendant cette année et l'année précédente, un grand changement s'était fait dans la politique intérieure. Pour se populariser d'abord, la Régence s’était appuyée sur le Parlement et la noblesse. On avait ré'agi contre ce pouvoir royal, qui avait paru si lourd aux mains de Louis XIV ; on avait essayé de gouverner avec les uto[àes de Fénelon et du duc de Bourgogne. Mais, bientôt, on s'ébiit aperçu qu'en rendant le droit de remontrances au Parlement, on avait ressuscité une opposition, et qu'en éUiblissant des conseils de régence, on s’était créé des embarras. Aussi , jieu à |icu ce droit de remontrances, accordé au Parlement, lui avait-il été retiré, et les conseils abolis avaientils été remplacés par des secrétaires d'Élat.

Peu à peu, les secrétaires d’État avaient été primés eux- mêmes par une volonté unique. Le gouvernement du ré’gent avait compris que toute sa force était dans la concentration; et, le 3t dréembre 1719, au lieu des soixante-dix ministres composant les différents conseils de régence, restaient seulement:

Duliois, secrétaire d’Ltataux affaires étrangères.

Leblanc, secrétaire d'État à la guerre.

D’Argenson, garde, des sceaux. •

EtLaw, contrôleur génér.d des finances.

Tous quatre appartenaient corps et àme au régent.

(iomme on l'a vu précédemment , les premiei-s événemenis de la guerre n'avaient pas été favorables à la cause de PhilipiieV. L’armée française franchis.sant la Bidassoa, Fontarabic prise par capitulation, Saint-Sébastien enqKirtée d’assaut, trois vaisseaux brûlés dans le

LA nÉfiENC*

|ioH do Ccniena, la ville elle chilloau d'Urgel, conquis par le mari-clial do Borvvick , la citadelle de Messine lombt-c aux mains des iml>^Tiaux et des Anglais, avaient donné à réfléchir an roi d'Ks)vigtie, et le résultat de scs réllexions avait été que tous ces désastres étaient nés de l'ambition d'Alhéroni.

Mais Albéioni n'en était pas moins resté h la Ifte du ministère es|)agnot ; Albéroni n'en avait pas moins la main à toutes les givmdcs affaires du nnnide ; et la sagesse éternelle , qui fait l'iiistoire avant que les historiens ne l'écrivent, avait décidé que, monté au faite du jHwivoir p,'ir un jeu de la fortune, AlWroni en tomberait jxir un caprice du hasard.

A p<-irt ce grand système politiepie, dont nous avons parlé, et qu'Albéroni avait appliqué au mouvement curojvéen, rex-sonucur de cloches avait un système particulier qu'il ap|ili(pmit à sa conservation [icrsonnclle : c'était de ne laisser pénétrer à la cour d'Espagne aucun Parmesan. Soit qu'il ne voulût pas avoir de témoin de la bassesse de son origine, soit qu'il craignit qu'un conqxitriote exerçât sur la reine une pirt de cette influence dont il se réservait la totalité pour lui-méiue.

Il ne put cependant enqiéchcr que la jeune prinec'sse n'obtînt de son mari de faire venir près d'elle sa nourrice , p;iysannc des environs de Parme, et qu'on nommait Liura Piscalori.

C'est que la reine d'Espagne, aloi-s qu'elle désirait une chose, avait à sa disposition des moyens contre lesquels, malgré tout son génie, ne pouvait lutter le cardinal Allæroni.

Philip|ie V, jeune encore, ardent comme son aïeul, avait un læsoin journalier de femmes, besoin dont scs principes religieux ne lui permettaient |kis d'aller chercher Insatisfaction hors de son ménage. Lorscpie la jeune téine était arrivée, le téte-à-léle avait duré vingtquatre heures, et, an sortir de ce téte-à-léte, elle avait com|)ris que cet homme, aux puissantes passions, serait éternellement son esclave ; aussi , quoique son règne fût nocturne , sa puissance était-elle celle qui gouvernait l'Esivagne.

Luira Piscatori était doue arrivée à Madrid, et la reine en avait fait son assafeta, c'est-à-dire sa première femme de chambre.

LA RSCFM'.E

A [leiiie arrivât!, l.:inra sut, di- la rciiie dlp-mi’ine, trnil ce (|ta- le cardinal a>ait fait lanir s’oiipnser à son appel à Madrid; et. nialf'iv le suurirc avec lequel Alla'roni racciieillil, elle lui Aoua une haine pareille à celle doid clic était l’objet de sa part.

Dubois avait des es|iions dans loules les cours de l'Euro|ie , el parliculiéreincnt à la cour d’Espagne. Il sut les délwrts dimiesli(pu's (pii s'elaient élevés à piiiposde l'inlroduelion à la cour de Lauiu l’iscalori, el résolut de proliter de la haine de celle reniine.

Dubois avait le génie de ces sortes d'iidrigues.

Il lit oITrir à Laura un million si elle brouillait le cardinal avec lu reine, l’ne fois celle brouille bien élahlie, il élail Iraiapiille.

Ihiil jours après celle négocialion teiuninée, .Albéroni recul un billet de l‘liilip|ie V, ()ui lui enjoignait de quiller .M.alrid dans les vingisjuaire heures, et l’Espignc dans les(piin/.e jouis, avec dél'ense d’écrire au roi, à la reine, ni à ipii (pie ce fût.

En oflicierd(S gardes-du-cor|is fut, en outre, chargé de le conduire jusiju’à la frontière.

A Barcchrne, le lieulenant du roi donna au niinislre disgracié une escorte de ciiKiuante hommes; le chemin qu’il devait parcourir élail infesté de kindils , el sans doute Allèroiii , après avoir fai! la grande guerre (siur le coinple de son souverain , allait-il être forcé de faii-e la |K'lile guerre pour son propre compte.

En cITel, àTrenla-Passos, voilure, escorleel cardinal furent attaques |Kir deux cents miipielels, au milieu des(juels il fallut passer le pistolet au poing.

Dix lieues plus loin, on signala une autre troupe qui semblait poHi-suivre l’exilé, mais celle lrou|ie portail l’uniforme desgardesde Sa Majesté Calholi(|ue, de sorte, qu’au lieu de fuir ou de faire ivsislance, ou allendit. Celle-là, en elîel, venait de la part de Dhilip|ie V.

Apres le départ d’Albéroni , on s'était a(MT(ai qu’il avait enqiorlé des actes |>récieux, et, entre autres, le testament de Charles II, (pii instituait Dhilip]>e V l'iuhitier de la monarchie es|xigiiole; ipiel était le but du ministre disgracié; sans doute de remettre cette pii'^e à reiiqiereur, qui, cctie piè'cc une fois aïK'anlic, rè-clamait de nouveau le trône au nom lie Charlta V,

,:t»cd bÿ vàiflglc’

LA RÉGEN-CE ' ^ 97

Le clief des gai;(les força AIImtoiu de dcsccnrlrc de voiture, ou ouvrit scs malles, ou le fouilla lui-mèiue ; tous ses papiers furent pris et rein|)orlcs à Madrid.

^ ÜulK.is avait été averti, même avant le rfgent,^de la disgrtee d'.AIbéroiii ; il'Eonnaissait la roule (ju'il suivaft pour sf rendre en Italie, il savait (pi'il devait traverser le nii(li d^là Fmncc, il envova M. de Marcieu, (pii avait connu le cardinal à l>am)e, |K)ur le recevoir à la frontière.

Le prétexte élait^ de lui faire honneur, le li^ était de profder de la colère du ministre disgracié, pour^pprehdre de lui qiiclcpies secrets sur Philippe V, ou sur la reine, dont Duhois comptaitliien faire, son profil. '

» AIhéroni , en apercevant M. dcTMari^u , comprit à l'instant même

la mission dont il était cliai-gé. '

Vous venez pourcoiinaitre le secret dcYi monarchie esfwgnole? demanda-t-il , je vais vous le dire : Philippe V est un homme qui n'a besoin que de deux choSes : unofcinmc et un prie-Dieu.

Le résultat de la disgrâce (f'.^foroni fut celui qiion avait prévu : Duliois obünt la paix générale. **

, I.e roi Phih'piMS V ^çcèda au tnûlé de la ((uadruple alliance, qui fut si^e a La Haye, le 17 î'évrier, par*lc marquis de Berelti-Laudi, son niinislre, ^ ^

Un autre événeracnL’d'uneimixwtance non moins grande, , attira, dés queie Mrdinal fut cmb^(i<ié' ii Anlilies, les yeux^e l'Europe vers Paul re ex t sémite ^e la France.

^Kous ayons’dit que les étals de Bretagne, au lieu' d'accorder le don gratuit |wr acdamaliou, comme c'était d’usage, avaient répondu qu'ils ne ppuvaienl avoir égard à la demande qu’api-ès avoir vu et examiné les comptes.

A 1 instant môme où cette réponse avait élé connue du maréchal de .Monlesquioii, gouverneur de |a province, il avait occiqic Rennes,

A aunes, Redon et Nantes, dé-fendant, en outre, aux gentilshommes bretons de se réunir sans la permission du roi.

Or, comme on le sait, les gentilshommes bretons étaient une 'rac^à [lart, nide, primitive, sauvage qui, tandis ipie le reste de lu

\'%^urt :

• I.A BÉGENCB

ilubk'ïge de Franco oUiil venu s’éliuler au soleil de Versailles, .était (lemiKirée ferme, \ignureuse et le front levé à l’ombre de ses momunents druidiiiues et de scs vieilles 1'orèts.

Celte alteintg poflee aui ^)rivilégcs de là noblesse bretonne lui fut donc insupÎMirleblc.

Vieux amis dé IT4|Ki(;ne,,sous la Ligne, à ectle r[)CK(uc où la inonarchie catholi(|Hé étaiKradversère de la France, les Drctonsado|v tîTcnt Je iwrti de Fhilip[«c V contre le n'gent, et envoyèrent une députation à .Madrid. <p,

M. de Mélac Ilervieut, éhef, dç l’ambassade, était chargé de porter la parole à Pliilip|ic V, un nom de' la noblesse bretonne.

IMnljj)pe V rSpondit^^par cétt^ letlce, datée de Saint-Eslcv;ui , îïjuiu 1719..

« M. de .MÇÎac uèrvieux m'a apporté des propositions de la i>art • « de la noblesse de iTrclaJiie, concernant les intérêts des deux coii- « ronnes. ïe m’en 'reiypls sui’ce <|ue ledit sieur rejiorlcra de ma «paît, mais je leur assiird ici, de.nioi-mémc, que je leur aaisirés- « bon grédu t«irli qu’ils prennen^ et que je soutiendrai démon «'mieux, ravi de iH>u\,«»jr leyr^ tunrqpcr l’ustimc que^e fais de su- « jets aussi lidéles dp roi, mon npvcn , doiit je ne veu.x (juc*le bien .. « et la gloire. .

- . , « Mot leTloj^»

l.c parti (jhrieux que predaff la nohIcsÆ bretonne et dont elle avait fait doliuer avis à l'bilipyj; cjj^làit la, â'paraliuu de' la Bretagne de la Ftj^nce. , a • ■

l.e plan était sim|jte : les états se constituaient et prenaient un arrèlL^disiliil que : les privilège^ de la province étant violés, lajn-o-' vince se déclarait indépendante.

IK’ux femmes avaient donné l’plan à 'ce grand j'rqjel, vieux rêve du Morbihan et du Finistère, optaient les châtelaines de Kankeii'el de Bonnamour.

Une femme tnaliitson pays, ce fut la dame d'Fgoulas.

I,eblaDc était tenu au courant, jiar elle, de tout ce qui se faisait en Bretagne. I.«blanc, nous l'avons dit , c’était Uubois.

.M. de .Montesipiinu reçut l'ordre de sévir, •*

U BÉGENCB • 99

. C’éLiif bien 1 homme qu’il fallait pour réprimer une n'^bcllion, fût-ce en BreUigue, ce pays des rébellious éteincllcs'cl des répressions iin))ussiblcs.

Pierre d'Artagnan de Montes<piiou , maréc^l' (le France,, ôtait le descendant de ces vieux Moulesquiou. héritiers de t^lovis, comme le dit dans une de scs chartes,, le sire de .Munles(pi|pu , (|ui devint duc d'Athènes. Sous les dra)ieaux depuis plus d'un demi-siècle , il s’y était fait un coeur de bronze et un iras de '.fer, ..A lu pretnTère nouvelle de la révolte il avait fuit demuiulor des trouQjCs, et comme si à cet honune, dont les aïeux remontaient uu berc<ÿn^dv la mov nurchie, on eût voulu donner des soldats qui eus^iil aussi des ancêtres, on lui avait envoyé les descenSêpIs et les restes de cc§ fameux dragons qui avaient elpiiit dans. le sang la r^dlion des Ccvenues, cette ISiÿtagiusméridfonjÜe de Ja France.

La lutte dura trois mois, et au hput de trois mois , la Bretagne était soumise , et trois ou quatry: ceuLs paysans et une douzaine de genlilshommes bretons étaient prttoiinicrs.

I*ai'nii les p^sonni^ ; on choisit .qiiq^a; tj^lcs |H)ur l’échafaud ; celles do Ponlcalcc, de .^lpnilouis, de Talhouct et de du Couëdiç.

Les tribunauA oedinairés eussent^fail longueur, il fallait à une jKireillc révolte upe répression'promptc ct sévère.

L'i chambre royale d* Xante^^ut installée et prononça l’arrêt.

Le 20 mars P dix lierres du soir, |Kir pnejiuit de trm|icte, l’échafaiid, un échafaud tendu d^ noir, tel qu’ij coiçyient à des gentilshommes, fut dressé sur la idace' publiipi'e df^Niuites. Le jicnpie attepré ne pouvait pas plus croire é la chute de ces (piatre tètes, qu’il eût cru au rcnverscuicnl de ces vieilles pierres druidiques piés desquelles il passe toujours avec un^tonnement mêlé de res|)ecl.

A dix heures et. demie, la place s’illumina, cinquante soldats (lortanl des torches de pçûx résine, firent mi cercle autour de l’échafaud.

Presipie en même temps, les quatre condamnés parurent ; c'étaient quatre beaux jeunes gens, ayant cent (juarantc ans à eux (|uatre.

Ils étaient calmes, fermes et doux à la fois.

Opendant, iiuund un coniKi lems beaux cheveux, cet anti(|ue

U n^GEKCK 101

pas à vingt millions. Drè lors, non-seulement l'argent ne se trouva plus en balance avec rémission des billets, mais rémission dépassait des deux tiers toutes Icscspccesd'or et d'argent qui se trouvaient dans le royaume.

Enrm,le2l mai, jour mortel, un édit parut qui ordonnait la réduction des billets de lianquc et des actions de la Coni|)ngnic. Cette réduction devait avoir lieu graduellement, mdis par mpis,^Jns<pi'au I janvier 1731, époque à laquelle les billets se trouveraient réduiLs à la moitié de la valeur qu'ils avaient le jour où l'édit avait été rendu.

'A jjartir de ce moment , le système fut miné,. On eut Inau, le 22, révoquer par un autre édit, l'édit du 21, les actions élaicnl discréditées, et leur chute fui plus rapide encore (pic leur élcvaliori.

On comprend lu conslernation (luq. ces deux édits répandirent dans Paris. la; premier discréditait les actions, le second maintenait dans le commerce un papier discrédité. Ce fut un coup porté à toutes les fortunes, à part quelques hommes sages qui avaient enfoui leur or dans leurs caves, le jvapier monnaie avait pénétré partout. La valeur riclivc de ce papier avait luonio par la hausse des actions jusipi'à six milliards; mais lu chiffre réel de l'émission avait monté à deux milliards six cenis millions, somme énorme. Ce fut par toute l.i France une de ces secousses comme on en éprouve dans les tremblements de terre. Li stu|X'factiun dont chacun avait été frappé, se convertit en rage. Parlouron afnclia des placards séditieux. Paris fut près de se soulever. ^

' Le duc d'Orléans, aaec ce courage téméraire dont il avait donné tant de, preuves dans la vie publiipie, dans la viq privée et sur les champs de Ivaiaille, le duc, disous-nous, riait fort de tous ces mouvements populaires qui épouvantaient laivvau dernier point.

Aussi Lw, (jui s'était léfiigié au Palais-lloyal , se hàta-t-il de donner sa démission de contrôleur général des finances. Il voulait fuir à l'instant même et, quittant la France, disparaître de l'hoiizon financier et politirpie.

Le n’‘gent, que scs terreurs amusaient fort, lui donna des gardes qui, tout en ayant mission de le protéger contre le peuple, avaient en meme temps l'ordre de s'opposer à sa fuite.

LA BÉGEKCB

Enfin le lOdiVembre, après avoir continué à prendre pari à tonies les opérations finnneièros (pii s'exé'culèrent entre le mois de mai et la lin de l'année, Law ipiitla le H«'‘àlrc de sts exploits et se réfugia dans une de sps terres située à trois ou (jnatre lieues de Paris.

Mais ne se eroyapt plus en sûreté bientéi dans cette espèce d'exil, après avpirapnité Paris, ùl voulut ipiillcrla France; |nr malheur, à Valenciennes une dewièrc terreur l'attendait. Le gouverneur de la province, leîils du garide des seeaux, le marquis d'Argenson le fit . arrêter; leîtclinl deux fois vingt-quâtre heures, et ne le relâcha ([ue sur un ordre formel du régent. • \

De Valenciennes, Law se rendit <i Bruxelles; puis du lit û Venise oti il mourut. 11 avait laissé 6 Paris des dettes énormes (|ue sa femme layn.

PeruLinl la première période de l'anni'e, ipielques événements que • nous avons passé» sons silence, pour nous occu[)er de lu chute du 'sjïtème et de son auteur, s’étaient accomplis.

A [leine lu iwix'conclue entre la EVance cl l'ivspigné, à la suite de la disgrâce d'.VIbéroni, M. de .Maulevrier, nommé ambassadeur par le roi Louis XV, était parti pour sc'rcndre à .Madrid, |mrtanl le cordon bleu ^au dernier infanf d’F.s|>agye, et cbat^- de négocier le double mariage du roi avec l’infante, et celui de mademoiselle de Monliicnsier. fille du régent, avec le pTince des Asturies.

Le 1 8 février, le roi était entré au coiifHI de ri'gence; la première si'aiu'e l'ennuya fort. Au retour, il diiclara à son précepteur, M. de Fleury, qu'il n’y voulait plus retourner. .

— Prenez garde. Sire, répondit le précepteur au roi, si vous ne voulez pas apprendre les affaires publiques, vous resterez ignorant, et si vous avez jamais un dauphin plus insbuil que voud, il pourra bien prendre votre plAre cl se contenter de vous faire une jicnsion.

— La (lensinn scra-l-clle bien foMef'dcmaiida le roi.

Enfin , par une lielle journée de mai , la vigie de Xotre-Dame-dela-Garde avait signalé un navire. Ce yiavire, ca[iitainc Ehîileau , liortait le nom du Grand Saint-Anloine.

Il ét.ait parti de Sidoii avec ptitente nette le dt janvier. 11 avait grand besoin de se ravitailler, car à Cagliari, ayant voulu faire de

LA BÉGENCE

simple vue du porlrail de la princesse, le duc de Modime en était devenu amoureux. C’était un beau triomphe.

Avant de [wrtir, mademoiselle de Valois voulut aller voir sa sœur à Chelles.

Madame la princesse Palatine fit tout ce qu’elle put pour s’oi>j)oscr à cette visite, disant à la princesse que la rougeole était à l’al)laye et (lu’elic risquait sa vie en y allant.

— Tant mieux, répondit mademoiselle de Valois, c’est ce que je cherche.

En effet, mademoiselle de Valois gagna la rougeole et fut trèsmalade; mais si malade qu elle fut, elle bénissait sa maladie qui retardait son mariage.

Enfin , le jour fixé pur le départ arriva. Il fallut obéir.

Ix duc de .Modène devailsc rendre à Gènes incognito.

C’est dans cette ville que la première entrevue entre les fiancés devait avoir lieu.

Mudcmoiselle de Valois s’arrêtait oii elle puvait. De Lyon, elle envova une harangue grotesrpie que lui avait adressée un curé’, et (|Ui ré]j,juil fort toute la cour. Elle demandaijj^en même temps la prmission de voir la Provence, Toulon, la Sainte-Baume. Elle voulait tout voir, puvre princesse, excepté son mqri.

, Enfin , elle mit tant de lenteur dajis son voyage que le fiancé se plaignit d’attendre et de ne rien voir venir. Le régent se fécha et ordonna à sa fille dé s'embanpier sans nouveau retard.

L’emirirqneraent eut lien à Antibes.

Ccpndant, après l’entrevue, des lettres de La princesse arrivèrent, aniHinçant qu’elle avait trouvé le prince de .Modène mieux qu’elle ne s’y atl^idait, et qu'elle espérait s'IiaOituer d lui.

Il y avait, en effet, une grande différence entre ce (pie quittait mademoiselle de Valois cl ce qu elle allait chercher, comme 1 attestent les vere suivants (jui coururent au moment de son déprt.

■ J'éponsc un des plus pclils princes,

.Marin; tlu liês-pcliu Etals, ^

ynaln; desquels ne vaudraient («o flic de uns moindres provinces.

Nnl jeu; linancc trés-iicliU;. ' |

i :^io6.

OiirI]e ilini^noc! graiifl Dk-u* Lntri' cv puuvn' rt tristi- Heu, Et Iti Ru-fietieu qu<‘ jo quitte.

'' , . Tandis qtin ni.idcniniscllc dc Valois likhait de s'Iiabilucr à son ' . mari, lu roi sigiiuil ittiu dûularalion qui faisait gmnd hruil.

Célaifla défense de rien dire, suutenirou débiter contre titnlion l'nigeniliis.

Nous avons déjà ailleurs |wrlé de cette Omstitution Disons en jteu de mots îe (pie c'était. I.'expliaition n’eti sera |ias ’ ainusanle, aussi l'avuns-nous retardée autant qtie nous avons pu. Maintenant, nous ne pouvons plus' reculer et il nous faut en linir avec elle,

Ivt bulle Unigenitus dtitail du règne de Louis XIV; c'était l'œuvre du |ia|ve Clément Xi ijiii lui avait donné naissance en t70H. ^

Klle prononçait la suprématie du jiajie sur les évéqites; suprématie fondée sur te que. le jiupe dérivait de Jésus-Christ, et que les autres prélats relevaient du souverain pontife.

(ailte bulle avilit été rendue en opposition, surtout contre un livre publié un an ou deux' aiifélravant , pir le |ière Qnesnel, chef du isirli jansénisic, leipièl livre intitulé Réflexions morales "sur le \oiiveau Testament , faisait au contraire descendre directement les évéques de Jésus-Christ. -

M. de Nouilles" et huit évt'apies jansénistes et amis du jMTe Qiiesnel, all.aquérent la biille;‘décl.arant «pie, d'ajués le texte clair et formel de l'Cvangile, iis tenaient leur autorité, non du souverain imiitife, mais de Jésus-fibrist.

C'était ré|)oque àlaqnclleon ne savait comraentamuser Louis XIV, on l'amusa avec celte querelle. '

Dientüt Ionie la l'rance fut divisée en jansénistes^ cl en muliuistes.

Ix! mot de jésuite s'était fondu dans ce dernier mol.

An moment de mourir, les|ierséculions ipie le toi avait fait subir^^^ aux jansiMiistes lui revimcnl .'i l'esprit. Il refusa au cardinal de llissÿ' de donner une dernière dia-laration contre le jansénisme.

— J'ai fait, dit-il, tout ce ipie j'ai im pour mettre la p.aix (jutre ' ’^vous, je n'ai pu en venir à bout, je prie Dieu iju'ii vous la donne.

r.A BÉGENCE

Quelque temps avant sa mort I/mis XIV avait renvoyé l'affaire au pa|te, eu lui deuiaiulaut une Ginslilution qui conilamnAI èremont les propositions du |>i're Quesnel , soutenues |Kir .M . de Noaillcs. Le roi assurait le pape de l'entière oWissance 4lu clergé français à ses décisions. la? pa]>e lança la Guistilulion demandée, mids loin de trouver dans lé clergé fi-anrais celle olHassance avCTigIc, promis»' par Louis XIV, Clément XI y trouva une formidahlc opjsisillon : op|M>silion qui venait, nmlhcureiiscment pour le pape et |«)ur le roi, des liomnMîs les plus dislingiit'-s )iar leurs vertus et leur science.

^ Lu roi mounit, comme nous l'avons dit, sans que celle grande affaire Tut lcrmini'e, de sorte que sous la Régence, elle reprit avec plus d'activité que jamais.

la? parti de madame ilii Maine^ le due de Villemyi Ri'sons, Bissy, Duhnis lui-même, qui visait au cardinalat, so déclarèrent |H>ur le pape.

Li Sorbonne et quaire évêques, voyant les libertés de l'Église galliraéc menacées', demandèrent un conçjlo’générid.

(à? fut dans ce moment que le régenlj comme nous l'avi>ns dit, iléfendil de rien dire, écrire on publier wnire la bulle Cnigfnitiis.

Tout n'toiq), au milieu vie loq? ces scandales religieux, un scandale bien plus grand éclata.

Duluiis visait hu c?ardinalat, M. de Tencin n'avaifété envoyé à Rome que pour aplanir les voies. D»'-s l'année 1718, le l'rétendani, exilé A Rome, où il mou^ait <îe faim, avait fait offrir à Uulmis le .'’cba|x?nu de cardinal s'il lui faiSAit |iayer la jvension que le régent - lui avait ordonnancée. $lais Dulxiis avait compris tpi'accepler le clia|>eau de Jacques 111, ç’élâit se disciédiler aiqrrès du roi Georges, il avait donc refusé, tout en gardant la lettre pour s'en servir au ' besoin.

Sur ces entrefaites rardieviVlié de (àunbrai vint à vaquer |>ar la mort de .M. le cardinal de La Trémouille. (à?t arebevéebé nqqiorlait cent cinquante mille livres et c'était en outre un grand degré {>our . l.-v pourpre.

ç Di^is jugea que c’était le moment d'utiliser la lettre »|u'il avait f reçue de l’rétcndunt , if Tenvoya à iS'éricaidt Destouebes , chargé îles

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