I.OUIS XV
Rhin. Le roi appuya les idix» du comte de Bellc-Isle, sa pariici|)ution à celte guerre c'était [«iiir la Fr.incc les frontières du Rhin. Fleury hésitait encore, mais le roi dik-lara qu'il avait des engagements pris avec le roi de Prusse cl l'électeur de Havière. M. de Relh;- Isle reçut en conséquence des instructions pour se rendre à Rcriiu et à Munich.
Il fut parfaitement reçu parlerai Frédéric et par l'électeur Charles- Albert.
Le roi de Prusse avait cinquante mille hommes en Silésie, l'électeur de Bavière en avait trente sur l'inn et le Danul>e. Il demandait quarante mille Français, promettait de s'emparer de la couronne impériale, et une fois empereur, alvandonnait à la France la rive gauche du Rhin. Quant à Marie-Thérèse, elle resterait reine do Hongrie.
L'électeur Charles-Albert reçut ses quarante mille hommes et fut nommé généralissime des armées française, bavaroise et saxonne.
Une seconde armée de quarante mille hommes, sous les ordres du maréchal de Maillebois, se concentra en VVestphalie pour contenir les Hanovriens, le territoire de Brunswick et surveiller les EtatsdeHollandeet les Pays-Bas autrichiens. Aussi, le 18 mailTit, Marie-Thérèse écrivait-elle à la duchessede Lorraine, sa belle-mère : « J'ignore aujourd'hui s'il me restera une ville pour y faire mes ■ couches. » '
Entourée de pareils périls, Marie-Thérèse fit un appel à ses fidèles Hongrois. Son enfant dans ses bras, elle se présenta à la diète où les palatins d'une seule veix s'écrièrent :
« Moriamur pro nostro rege Marin-Theresal »
Ce fut en échange de ce cri d'enthousiasme que Marie-Thérèse à son tour prêta l'ancien serment dn roi André 11, et qui remontait à Tan 1222. Voici le texte de ce serment :
a Si moi, ou quelqu'un de mes successeurs, en quelque temps « que ce soit, veut enfreindre vos 'privilèges, qu'il vous soit, en « vertu de cette promesse que vous venez de me taire, permis, à « vous et à vos descendants, de vous défendre s;nis être traités de < rclx-'lles. *
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C'était une l)elle diose <|iio cette iiii|WTatrice flemanJant secours à ses peiipl(>s, son enfant dans ses liras. Cette scène de la diète de Hongrie eut son retcntissenient en Kurope. C'imiW'iatrice de Russie, jeune et lielle, se déclara pour une impératrice jeune et belle comme elle. Walpole, l'allié quand mémo du cardinal de Fleury, venait de tomlier en Angleterre; Girtcrct, notre ennemi, lui succédait; la duchesse de Marlborough se proclamait l'admiratrice de .Marie-Thérèse, et se mettait à la tète d'une souscription qui produisit huit mille livres sterling. Les Etals généraux de Hollande lui offraient un emprunt de trois millions de ducats. La campagne s'ouvrail donc avec tous les éléments d'une guerre générale. Toute la noblesse de France était sous les drapeaux. Le maréchal de Broglie, qui commandait l’armée de Bohême, avait sous ses ordres Maurice de .Saxe, d'Aubigné, de Boufllers, de Tes.sé, de Clermont, le duc de Biron, et enfin Ciievert, qui n'était encore que chef de bataillon du régiment de Beauue, et qui, dans cette campagne, devait conquérir le grade de maréchal de camp cl le cordoh rouge.
Le 23 novembre 17 il, l’rague fut emportée d'assaut. Chevert, à la tète de ses grenadiers, s’est élancé sur la muraille; un instant avant de marcher, il avait appelé un sergent :
— Écoule bien, lui dit-il en lui montrant l'angle d'un bastion, tu monteras par là. — Oui, mon colonel. — En approcb.ant du rempart, on te criera une première fois : qui vive! — Oui, mon colonel.
— Tu ne répondras pas; on le criera une seconde fois : (pii vive!
— Oui , mon colo'icl. — Tu ne répondras pas encore ; on le criera une troisième fois : qui vive! — Oui, mon colonel. — Tu ne ri'‘pondras pas plus celle fois que les autres; on tirera sur toi. — Oui, mon colonel. — On te m.anquera. — Oui, mon colonel. — Tu tueras le factionnaire. — Oui, mon colonel. — Alors J’arrive pour le secourir. — Oui, mon colonel.
Le sergent partit. Tout se passa comme l’avait dit Chevert, qui, comme il l’avait promis, était arrivé à lemjis.
Prague, prise, devient le centre des opérations. Frédéric est en ■Moravie; Charles-Albert, élu empereur p.ir la diète de Francfort, est proclamé en Bohème. On louche à Vienne; les avant-postes de