‹ La regence et Louis 15Chapitre 48 sur 88 · IX>UIS XV · texte numérisé non relu

IX>UIS XV

noire armée dépassent Lintr. et se |iortenl sur l'abbaye de Mclk. Tout à coup Slarie-Thérèse reprend l'offensive : on apprend que, par l'intermédiaire de l'Angleterre, le traité de Breslaw est signé entre l'impératrice et le roi de Brusse. Derrière celte signature, par laquelle Frédéric II, en écliange de la Silésie, reconnaît Marie- Thérèse impératrice d'Autriche, on voit pointer la coalition des peuples du nord contre la France : Angleterre, Danemark, Ih-usae, Russie, Autriche I

Ainsi les l*russiens et les Saxons nous manquent à la fois ; soixante mille hommes abandonnent la ligne d'opératiuti d'un seul coup, et, du jour au lendemain, les Bavarois sont entourés par les Autrichiens, qui n'ont plus besoin de faire face à un ennemi devenu leur allié. Passaw et Munich, aux mains des iuqH’iiaux, coupent la retraite. Mais le comte de Belle-Isle, créé maréchal par le roi, vient d'arriver à Prague. C est un homme de ressoun» : le génie do la guerre est en lui comme le génie des finances était dans son aïeul. Abandonné par les Saxons et par les Prussiens , le maréchal de Br> >glie marchera sur Ihaigue, où l'on concentrera toutes les troupes que Ton pourra réunir. Alors on s'ouvrira un pas&ige , et l'on se mettra eu retraite surl'armée du maréchal dcMaillchois, qui est enWeslphalie.

La concentration s'opère sans grande |ierte, l'armée française manoeuvre avec une précision admirable, trente mille hommes sont réunis. Soixante mille Autrichiens, sous les ordres du prince Charles de Lorraine, s'avancent vers Prague. A peine sont-ils arrivés devant la ville , que la nuit même de leur arrivée , sans leur donner le temps de se reposer, douze mille Français font une sortie, dispersent les Autrichiens et s’emparent de deux mille prisonniers, Il est vrai que M. de Tessé est tué, et M. de Biron blessé.

Mais des courriers sont arrivés à Paris, annonçant la défection de Frédéric; les armées du Rhin et de Westphalie marcheront au secours des trente mille Français enfermés dans Prague. En attendant, le conseil propose d'ouvrir dès négociations; on reconnaîtra Marie-Thérèse impératrice, et les Français enfermés, dans Pragoe seront libres. Maie le roi fait observer quel fatal effet fera la capitulation de Prague.

LOUIS XV

Le controleur général Ürry déi^lare qu’il a 80 millions à la disposition du roi pour le service de l'fitat et le bien de la patrie.

On ne négociera point. Maillebois recevra l’ordre de se porter sur le Danulie, par une marche rapide, et de tendre la main à la garnison de Prague. Français et Autrichiens, assiégés et assiégeants, apprennent en même temps la marche de .M. de Maillebois. Après cinquante-six jours de tranchée, le prince Charles lève le siège et s’éloigne nuitamment pour marcher contre M. de Maillebois. Aussitôt le maréchal de Broglie quitte avec son armée le camp retranché; Maurice de Saxe, quicnnnait la Bohème, village par village, est son guide : on commence par délivrer la garnison d’Égra, et par elle on se trouve en communication avec le maréchal de Maillebois. Aussitôt le maréchal de Broglie ordonne l’évacuation de Prague, dans laquelle reste Chevert avec quatre mille hommes.

Après douze jours de marches admirables, >1.M. de Belle-Islc et de Broglie ont rejoint le maréchal de Maillclwis.

Reste Chevert, avec ses quatre raille hommes, dans Prague, pour laquelle il obtiendra une capitulation avec tous les honneurs de la guerre.

De son côté, l'Espagne avait fait invasion en Italie, réclamant Parme et le Milanais; mais, dans cette réclamation, l'Espagne ne pouvait plus avoir cette fois le Piémont pour allié. Parme et le Milanais, c’est l’objet de l’éternelle ambition de la maison de Savoie; aussi la maison de Savoie écoute-t-elle les paroles de l’Autriche, sa vieille ennemie. Les Espagnols , secondés par les Napolitains, opèrent donc seuls en Italie, quand tout à coup Naples voit paraître dans sa baie une escadre de six vaisseaux de ligne de soixante canons, et six frégates, le tout sous pavillon anglais.

Le commodore Martyn commandait cette flotte. Ce qu’il venait faire dans la mer Thyrrhénienne , il n’en savait rien; ses dépêches étaient cachetées, et il avait ordre de ne les ouvrir que dans le golfe de Naples. Arrivé à destination , il ouvre ses dépêches. Les dépêches, c’est l’ordre de bombarder Naples, si , dans l’espace d’une heure , le roi ne s’est pus engagé à retirer ses troupes de la basse Italie, et a garder la plus stricte neutralité.

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Les troupes de l*hili|ipe V vont donc se trouver seules et isolées devant les tronjies autrichiennes, prèles à déhoucher en Italie.

•Vinsi, en moins de trois mois, non-seulement la maison d'Autriche, presque akitlue, s'est relevée, mais encore elle a réuni à elle tout ce qu'il y a, en Euro|x;, de nations hostiles à la France, et le canon va retentir de .Naples à Strasbourg, de l'Océan à la Méditerranée.

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