‹ La regence et Louis 15Chapitre 49 sur 88 · CHAPITRE TL · texte numérisé non relu

CHAPITRE TL

line double intrigue poussait le roi à se mettre à la télé de son année. M. de Maurepas, qui voulait séparer le roi de sa mailresse, et M. de Richelieu, qui voulait combattre sous les yeux du roi.

Quant à madame de Châteauroux, comme elle avait la parole du duc de Richelieu que, d'une façon ou de l'autre, il obtiendrait qu'elle rejoignit le roi à l'armée, elle poussait aussi le roi à prendre de son côté le commandement de la guerre.

Quatre armées venaient d'étre mises sur pied, une en Provence, deux en Flandre, la quatrième sur le Rliin. La première était commandée par le prince de Conti, la seconde, par le maréchal de Noailles, b troisième par le maréchal de Saxe, la quatrième par le maréchal de Coigny.

iNoIre flotte,* commandée par l'amiral Court, venait de battre, le 22 février 1 744 , la flotte anglaise en face de Toulon . C'était un beau début de campagne , d'autant plus beau que nous n'avions que vingtsept vaisseaux , et les Anglais quarante.

Le 2 mai, le roi soupa en grand couvert avec la reine. Le souper finit sans qu'il eût élé le moins du monde question de voy age. Après le souper, Louis entra chez la reine et cjiusa avec elle de choses indifférentes. Enfin I en sortant de chez elle, il donna tous les ordres pour son coucher. En effet, il rentra dans sa chambre, comme pour se mettre au lit, mais il ne fit que changer d'habit, embrassa tendrement le daupliin, écrivit à la dauphine, laissa quatre lignes à la T- >. 30

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reine, dans lesquelles il lui dis<iit que les grandes d^’ix.-nses qu'occasionnerait son voyage le forçaient de la laisser à Paris ; puis il envoya à Plaiismce, maison de cani|iagne de Pàris-Duvcrnoy . madame de Cliàleaui'ûux et madame de Linraguais, prit avec lui le Père Pérusseau, son confesseur, alla ù la tribune delà chapelle faire sa prière, et monta dans son carrosse avec le premier écuyer, avec le duc d’Agen, avec Meuse. L’evèque de Soissons, son aumônier, et le marquis de Verneuil, ayant la plume, le suivirent dans une autre voiture. De son côté, M. deMaurepas partait pour la jirovince, où il allait visiter nos ports; le cardinal de Tencin parlait pour Lyon; enlin, Orry, Saint-Florentin et le chancelier restaient à Paris pour les affaires de l'Étal.

Le départ du roi eut lieu le 3 mai 4744.

Madame de Cliàtcauroux , quoique certaine de ne point tarder à rejoindre le roi, ne le voyait pas partir sans inquiétude. II y avait un nom qui avait etc prononcé deux ou trois fois auprès d'elle defmis quelque temps, et qui, pareil à un pressentiment, assombrissait déjà ses jeunes amours. Ce nom, c'était celui de madame d'Étioles, qui, plus tard, devait jouer un si grand rôle sous le nom de marquise de Porapadour.

Le bruit courait que madame d’Étioles était amoureuse dü roi. Deux ou trois fois, dans la forêt de Sénart, elle avait paru aux chasses, et cela dans un équipage si brillant, si léger, avec des costumes si cofjuets, que ces jours-là, aux petits soupers, il n'avait été question que d’elle.

L'n jour, la duchesse deChevreusc avait eu, devant le roi, l'imprudence de prononcer le nom de la petite d’Étioles, et madame de Châleauroux lui avait écrasé le pied de telle façon , qu'elle était tom- 1«’« en syncope. Le lendemain , madame de CliàteauroUx était allée voir madame de Chevreuse, malade, au lit, de cet écrasement, et elle lui avait dit :

— Mais vous ne savez donc pas que l’on cherche en ce moment à donner madame d’Étioles au roi , et que les moyens seuls manquent aux amis de madame d'Élioles et à mes ennemis.

Cette crainte de madame de Châleauroux n'était point étrangère à

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l’insislance f|u'ellc avait mise à faire prendre au roi le commandement de son armée'.

Le 12, le roi arrivaà Lille. Le 19, il passa en revue le camp de Giromy. Le 17, il commença le siépc de Menin. Le 7 juin, le roi énlrait en vainqueur à Menin. Le S, mesrlamcs de Châteauroux et de Liuraguais partaient, pendant la nuit, du château de Plaisance, et prenaient la route de Lille. Le 17, le roi alla mettre le siège devant Yprcs.

Dans l'intervalle, mesdames de Chitcaiiroux et de Lauraguais avaient rejoint l'armée, où leur présence avait fait le plus mauvais èffet. Aussi, après la prise d'Ypres, le éoi fut-il obligé de se décidera envoyer les deux dames è Dunkerque. Ce fut à Dunkerque, où il venait de rejoindre les deux sœurs, que le roi apprit que le prince Charles avait passé le Rhin le 1 3 juillet , et qu’il se décida à aller en personne secourir l'AlsaCe. Mesdames de Chàteauroux et de Lauraguais l'y suivirent; et, pendant toute la roule, M. le comte de Suxe, grand maréchal des logis, eut le soin de ménager dans les logements une communication entre l’appartement du roi et celui de la duchesse.

Le roi devait séjourner à Metz. A Metz, comme dans les autres villes, on s'occupa donc de son logement et des communications nécessaires aux deux amants. L’appartement de la favorite tut préparé â l’abbaye de Saint-Amoult, que l’évéque de Marseille, qui en était abbé, avait louée au premier président, lequel céda le logement à '

madame de Chàteauroux. Mais comme elle s’y trouvait trop éloignée du roi, on établit des galeries qui conduisaient de l’abbaye à l’appartement du roi. Le prétexte fut que le roi désirait aller à couvert de. son appartement à l'église; mais le peuple n’admit pas le prétexte, et quatre rues barrées et enlevées à la circulation pour l’établissement de cette galerie, parurent aux habitants de la ville un fort scandaleux exemple donné par le roi à ses amés et féaux sujets de la province.

Cependant le roi avait, depuis son départ de Paris, subi de grandes fatigues. Dès son arrivée à Metz, il s’éfciit senti indisposé.

Un soir, le mal de tète le prit; c’était le 8. Il fut saigné le même jour, purgé le 9; mais, dès le 9, Cassara, médecin do Metz, jugeant

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