‹ La regence et Louis 15Chapitre 55 sur 88 · I.OIIS XV · texte numérisé non relu

I.OIIS XV

(lire, (liiiis les mêmes régions où venait de se passer l’événement (juc lions avons raconté.

Le 3 juin tTo.'j, un an après l’aventure de Jumonvillc, l’amiral Boseavvcn, à la tête d’une escadre anglaise de treize vaisseaux de guerre, rencontre les vaisseaux du roi \' Alcide et le Lys, s’approche d’eux sous des apparences amies, et tout à coup les enveloppe et les attaque. L’j^/cidc était commandé par M. Mocqiiart, le tÿ.vpar .M. de Lorgeril. Ces deux bâtiments faisaient partie de l’escadre de M. Dubois de I.a Motte. Le prétexte de l’attaque fut la prétention émise par l’amiral Boseavvcn, et à laquelle les deux capitaines se refusaient, de faire saluer aux Français le pavillon d’Angleterre. Aprfs une di^ fense béroîipie, les deux vaisseaux furent pris. Quelques joursaprès, le vaisseau V Espérance, naviguant sous pavillon blanc, fut surpris à son tour. M. de Douville, qui le commandait, se battit comme un lion, et, conduit à Londres, déclara qu’il ne se regardait pis comme prisonnier d’une nation civilisée, mais esclave d’une bande de pirates.

Ces trois événements pouvaient être un accident comme celui que les Anglais avaient appelé la surprise de Jumonville, mais que la capitulation du fort de la Nécessité reconnaissait être un assassinat.

Ce|ieudant on espérait encore avoir justice, par la voie des négociations, de cette double violation du droit des gens, lorsi|u’on a|iprend à Versailles que, pendant le mois qui vient de s’écouler, soixante-quatorze bâtiments venant de nos îles ; ciiuj négriers chargés de deux mille nègres; vingt-ax bâtiments poitant des niarcbaiidiscs et des provisions à nos îles; un bâtiment allant en Crimée; deux navires delà Compagnie des Indes, un allant au Sénégal et l’aulre en revenant; soixante-six tprre-neuviens; deux bàlimcnts revenant de la pèche de la baleine; vingt-deux bâtiments portant des provisions au Canada ou revenant d’en porter ; vingt-sept bâlimeuls faisant le grand cabotage tant sur les côtes du France que dans les colonies; en tout, trois cents navires ont été pris. Nous nous trouvions donc, par suite de ce coup de fdet maritime, avoir près de dix mille prisonnière en Angleterre.

Le secrétaire d’État des alfaircs étrangères à Londres était aloi-s

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LOUIS XV

Henri Fox, qui fut plus tard créé lord Holland, ennemi pei'somicl de la France, qui devait nous léguer dans son fds Charles Fox, un ennemi plus acharné et surtout plus terrihle encore.

Forcé dans ses derniers retranchcnicnLs pr le caliinet de Versailles, qui demandait comment en pleine paix des actes pareils à ceux que nous venons de citer avaient pu s'accomplir, Henry Fox répondit :

— Que l'état de guerre ne résultait pas toujours entre nations do combats rt'els, mais de certaines mesures qui annonçaient les hostilités; que les armements de la France étaient publics; ([u'elle préparait de grandes escadres et transportait incessamment des troupes au Canada; que, dans ces circonstances, le gouvernement britannùpie n'avait dû prendre conseil que de ses intérêts et agir vigoureusement, afin de garder la dignité de la nation.

Cette réponse insolente était suivie d'une note plus insolente encore, dans laipiclle M. Fox demandait qu'on désarmât immédiatement la flotte française, que les fortifications de Dunkercjuc fussent rasées, après quoi on donnerait des explications sur les affaires du Canada et en général sur celles de l'Amériipie du nord.

M. de Rouillé répondit au nom du roi : — Que ce qui venait de se passer n'était (|u'un système do granrie piraterie, indigne d'un peuple civilisé; que l’Angleterre avait non-seulement saisi les hitiments du roi de France, mais encore des navires marchands (M>ur une somme de plus de trente millions, et que le cabinet de Versailles demaiuLiit immixliatcment réparation de cet acte hostile.

Sur le refus du gouvernement anglais, M. de Mirepoix, notre ambassadeur, demanda ses passe-ports, et la guerre fut déclarée.

Au reste, les dispositions de l'Angleterre ne tardèrent point à être mises au jour. Un mois après le combat naval où succombèrent sous le nombre V Alcide cl le Lys, une rencontre eut lieu sur l'Ohio, près le fort Duquesne, entre les Français et les Anglais commandés par le général Bradock. Les Anglais, complètement battus, leurs officiers tués, leurs magasins et leurs provisions enlevés, on trouva les instructions données au général jwr le cabinet de Londres : ces instructions prouvaient par leur date, qu'au milieu de la ixiix la plus

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