CHAPITRE XVIL
A peine rAnglcterrc vit-elle la pueree engagée dans le Canada et dans l'Inde, qu’elle songea à nous susciter une guerre européenne.
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Un traité existait entre elle et la Russie, au cas où la France envahirait le Hanovre, celte possession chérie de Georges II. Un corps de 50,000 Moscovites devait être prêt à agir pour le service de l’Angleterre; en échange de cette dépense d'hommes, l’AngleleiTe, comme toujours, faisait une dépense d’argent et payait 100,000 livres sterling et d’avance, à l’impératrice de Russie. L’hahilelé de M. le marquis de Llidpital, notre ambassadeur extraordinaire à la cour de Russie, annula le traité.
L’Angleterre, trompée dans ses espérances de ce cOté, se tourna vers la Prusse. Un traité fut signé entre les deux puissances le 1 6 janvier 1756, et M. le marquis de Valory, ambassadeur à Berlin, donna bientôt avis au roi, que Frédéric allait marcher sur la Saxe comme auxiliaire du cabinet de Londres.
Une réunion où quatre grandes puissances devaient avoir leur représentant, venait justement d’être décidée à Vienne. Ces représentants étaient : le maréchal d'Estrées, pour la France; le comte d’Apraxin , pour la Russie ; le comte Daun , pour l’Autriche , et le comte de Rosen, pour la Suède. Le but de cette réunion était un plan de campagne commun contre le roi de Prusse; ^ison insatiable ambition et sa soif éternelle de conquêtes, au mépris du. traité de Westphalie, troublait encore la paix de l’Allemagne, les quatre puissances se réunissaient contre lui , l’écrasaient sous un effort commun et réduisaient la Prusse aux vieilles proportions de l’électorat de Brandebourg, Mais pendant qu’on délibère Frédéric prend son parti, il a 80,000 hommes sous les armes, tandis que la coalition n’a pas une seule armée en ligne; 60,000 hommes conduits par le prince Ferdinand de Brunswick marchent sur Leipsick.
L’électeur de Saxe, Frédéric-Auguste H, jette à la fois un cri de surprise et de détresse. Il se plaint à la diète et à l’empereur. Il demande ce que signifie cette effroyable violation du droit germanique, et dans quel dessein la Prusse s’empare de la Saxe sans déclaration de guerre. Mais Frédéric répond avec cette bonhomie qu’on lui connait, que s’il envahit la Saxe, c’est de peur que l’empereur d’Autriche ne le devance. Il connaît les projets des quatre puissances, c’est contre lui que leurs plénipotentiaires sont assemblés à Vienne. Les Etats
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dont il vient de s’emi>arer c’est un dépôt qui lui répond de l’inlégrdlité de la Prusse. En attendant, il entoure l’armé» saxonne, la fait prisonnière, la dépouille de ses équipements, de ses magasins, do sesarmes, afin qu'ils ne tomlient pasaux mains de l'ennemi qui pourrait s’,n servir contre lui. 11 les rendra à la (in de la campagne, si, comme il l'espère, les coalisés sont aimables pour lui. En attendant, il occupe Dresde et Leipsick. Peut-être les choses se passeront-elles de manière à ce qu'il puisse les garder. La Prusse, ce grand serpent dont la queue touche à Thionville et la tête à Memel, a toujours eu grande envie d’avaler la Saxe.
Il n’y avait plus à reculer pour la France, les engagements avec la Saxe et avec l'empire étaient positifs. On leva une armée de ceiit mille hommes; on prévint les Provinces-Unies, pour conserver leur ncutralilc, que les frontières de la Hollande seraient scrupuleusement res|jectces; on la divisa en trois corps, on donna le commandement de l’un à Charles de Rohan, prince de Soubise, le commandement de l’autre à Victor-François, comte de Broglie, fils du vieux maréchal; enfin, celui du troisième à Yves-François Desmarets, comte de Maillebois. Ce n'était point cc qu’il eût fallu pour lutter avec un homme de la taille de Frédéric, mais le maréchal de Saxe était mort, mais le maréchal de Lowendahl était mort, mais M. de Itelle-lsle était vieux et ami du grand Frédéric, mais M. de Richelieu , qui venait de prendre Mahon , avait pris Mahon comme il prenait tout, d'un coup de main; il avait le courage qui exécute une charge brillante, et non le froid génie qui dessine un plan de campagne. C’était un colonel de mousquetaires et non un général d’aivmée. On fut obligé de se contenter de ce que l’on avait.
De son côté, l’armée autrichienne avec laquelle nous allions combiner nos mouvements, et l’armée russe qui se mettait en campagne pour entrer en ligne avec nous, n’offraient point de ca|iacilés supérieures auxquelles on pût aveuglément abandonner la conduite de la campagne. Le prince Eugène avait disparu, et le feld-maréchal Daun, soldat (le fortune, avait remplacé Piccolomini. L’école allemande succédait donc à l’école savoyarde et italienne.
Les Russes s’avançaient avec quatre-vingt mille hommes, com-
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mandés par le feld-maréchal comte Âpraxin, qui avait fait, sous le maréchal Munich, le même que nous avons vu poui'suivie le siège de Dantzick, ses premières campagnes contre lés Turcs. L’arnii'ie russe, formée par Pierre I“, était à cette époque ce qu’elle est encore aujourd’hui, une immense machine impassible, sur laquelle un machiniste habile peut toujours compter, qui n’avance et ne recule qu’à l’ordre de ses chefs, qu’on peut détruire, mais qu’il est impossible de vaincre. — Ce n’est pas le tout que de tuer un Russe, disait Napoléon, il faut encore le pousser pour qu'il tombe.
Li Saxe avait de son côté, trente-cinq mille hommes, mais ces trente-cinq mille hommes avaient été, dès le début de la campagne, entourés, morcelés, désarmés. L’avant-garde de la coalition avait donc disparu, laissant à Frédéric le cours dcl'Elliesur le<|uel il pouvait opérer à sa guise, et les admirables positions stratégiques de Pjrna, de Dresde et de Leipsick.
De son côté, lu Suède venait de publier un manifeste dans lequel elle annonçait qu'en qualité de garant du traité de Westphalie, elle ne pouvait s’empêcher do faire entrer ses troupes dans les domaines du roi de Prusse et dans la division du duché de Poméranie, pour venger les constitutions de l’empire violées, et pour forcer ce prince à donner les satisfactions demandées. En conséquence, grâce à deux millions de subsides envoyés au roi de Suède, celui-ci avait mis sur pied trente mille hommes destinés à opérer en Poméranie; vieilles et excellentes troupes, chez lesquelles les traditions de Gustave- Adolphe et de Charles XII étaient encore vivantes.
Ainsi, contre lui et ses quatre-vingt mille hommes, Frédéric voyait s’avancer cent quatro-vUigt mille Français, divisés en trois armrés : armée de Hanovre, marchant droit aux posses.sions anglaises sur le continent, armée de Westphalie, menaçant la Prusse sur son flanc; et armée de Silésie devant agir de concert avec les Autrichiens contre la Silésie et la Saxe. Quatre-vingt mille Russes d'élite qui devaient l’attaquer au nord et en flanc; centquarante mille Autrichiens; et trente mille Suédois. C’est-à-dire quatre cent trente mille hommes.
U est vrai que Frédéric avait pour allié ce terrible duc de Cum-
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l)erland, qui, apres avoir perdu la bataille de Fonlenoy, était allé, l oinmc Alitée, reprendre des forces en touchant la terre natale; là, nous l'avons vu. briser comme verre la fortune de Stuart, puis, le prétendant (viiti, il avait écrasé' l'Kcosse, et cela d'une si dure façon, qu'il repiissait sur le continent avec le surnom de Boucher.
Son armée se com|>osait d'IIanovriens et Hessois, quiiue ou vingt mille hommes tout au plus.
Comme on le voit, ni Naples, ni l'Espagne n'étaient mêlées à la question; Naples et rEs|xigne, n'avaient rien à faire dans cette quei-cllc toute maritime entre la France et l'Angleterre; mais, à part ces deux puissances, la moitié du monde était un feu, puisqu'un se Imttait déjà sur le Saint-Laurent, dans le golfe du Mexique, à Madagascar, dans l'Inde et au Séné'gal, et qu'on allait se battre sur l'Ebre, sur le Rhin et sur la .Meuse.
Le fl avril I7a7, les hostilités commencent, le prince de Souhise envoie un détachement de troupes autrichiennes s'emparer deClèves; le 8 , un autre s'empare de Vesel ; en huit joiire tout l'État de Clèves et de Gueldres, à l'exception de lu ville de Gncidres, est occuiic. Gueldres, hloijuée, se rend quelques jours plus lard sans cou|> férir, et le 23 aoiil, les troupes prussiennes qui défendaient le duché, forcé'csde se retirer d'abord à Lipstadt, sont contraintes de l'abandonner encore, et vont joindre à Bilefeld les troupes hanovriennes et hessoises commandées par le duc de Cumberland. Sur ces entrefaihs, le maréchal d'Estrées arrive à Vesel et prend le commandement de l'armée.
Ix-s premières opérations du maréchal se tournent vers le duc de Cumlierland, cani|)é à Bilefeld ; par scs marches et ses contro-marches il l'inquiéle de façon ipi'il crâinl d'être enfermé, re|>asse le Vesel pour défendre l'électorat de Hanovre, et est forcé d'accepter la bataille d'Hastcmheck qui le force d'abandonner aux Français la ville, l'cleclorat de Hanovre, et les Étals de Br unswick.
Le 28 juillet, le maréchal d'Estrées prend la ville de Hamelcn, ou il trouve soi.vnntc-trois pièces de canon, et ou il est rejoint par l’armée de Westphalic, conduite par le duc de Richelieu, lequel, comme étant le plus vieux maréchal, prend le commandement des
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deux corps. Le maréchal a trouve l'armée du duc de Cumberland en pleine retraite, il laisse reposer un instant ses troupes, puis se met à la [wursuite du général anglais, le pousse dans le duché de Verden, entre à Verden le 28 août, mène les Hanovriens et les Hessois toujours fuya.it devant lui, s’empare de Bremcn, oblige l'ennemi de se retirer auprc's de Stade et l’accule à la mer. Là», quand le duc de Richelieu peut tout noyer, prince anglais, troupes hanovriennes, soldats hessois, quand vingt-cinq mille hommes peuvent disparaitre dans l’Océan, il signe le 1 0 septembre la convention de Closter-Seven, |)!ir laquelle, sous la garantie de Sa Majesté Danoise, le prince anglais s’engage à renvoyer ses troupes auxiliaires, à passer l’Elbe avec la partie de son armée (pi’il ne pourra placer dans la ville de Stade et aux environs, à ne permettre à la garnison de cette ville de faire aucun acte d’hostilité, et à laisser enfin jusqu’à la paix, les trou[)es françaises en possession de Bremen et de Verden.
Sur de pareils actes, l'iiistoire hésite à porter un jugement, mais le peuple qui n’hésite [las, lui, appelle le pavillon que lait Ivilir M. de Richelieu au coin du boulevard et de la rue de Choiseul, et dans lequel il dépense deux millions, le pavillon de Hanovre.
Mais tel qu’il était enfin, et en sup|X>sant son exécution, ce traité nous rendait raaitres absolus de tous les Etats du roi d’Angleterre en Allemagne, ainsi que de ceux de ses alliés, et nous donnait la facilité de conduire de nouveaux secours à l’impératrice et à l’électeur de Saxe , nous ouvrant en même temps un chemin pour porter la guerre dans le duché de Magdebourg.
Aussi , la position de Frédéric était grave, car après avoir gagné la bataille de Prague le 6 mai, il avait perdu le 18 juin celle de Chosemiles, qui l’avait forcé de lever le 20 le siège de Prague. .Aussitôt, le prince Charles de Lorraine, saisissant l’occasion, avait fait une sortie sur l’airière-garde prussienne et lui avait tué deux mille hommes. Tout le long de sa route, Frédéric avait été en outre harcelé par les houzards autrichiens, meute toujours prêle à inndre sur l’ennemi qui recule. Enfin, le prince Charles et le niaréchal Daun réunis, l’avaient forcé au bout de deux mois d’évacuer la Bohême, tandis que l’armée russe, après avoir pris le 5 juillet la ville de
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Mcmcl , cuirait dans la Prusse ducale , que l’armée du prince de Soubise marchait sur la Saxe et que les Suédois se prépaiment à atüiquer la Poméranie. La défaite du duc de Cumberland était donc le dernier coup porté aux espérances de Frédéric; aussi, comme .\nnibal à Zama, comme Caton à Clique, comme Brutus à Pbilippes, l’idé'e qui se dresse devant lui est-elle celle du suicide.
Ce projet ne fut pas de longue durée et ce qui surtout détermina Frédéric à vivre, ce sont les niauvaises manoeuvres que lit M. de Soubise.
Frédéric, par les manœuvres des armées combinées, formait le point central d'un grand cercle qui allait toujours se rétrécissant comme dans ces battues de l'Inde où le roi des animaux se trouve de plus en plus i-esserré, et dans un moment donné n'a plus d’autre ressource que de chercher un passage à l'endroit le moins bien garni d'éléphants et de chasseurs. Frédéric r^arde autour de lui, calcule que le point fermé par le prince de Soubise et les auxiliaiies français sous ses ordres est le plus facile, qu’il y a là des soldats de toutes les provinces de l'Althmagne, wurtembergeois, bavarois, badois, que les soldats français se défient de leurs alliés, que les alliés détestent les Français, quele prince de Soubise et le prince de Saxe Hildeburghausen se jalousent l’un l’autre; qu’il y a là soixante mille hommes, mais divers, qu’il en a trente-cinq mille, mais unis et fermes; c’est à travers les Français, les Wurtembergeois, les Badoiset les Bavarois que Frédéric fera sa trouée, c’est sur le corps du prince de Soubise et du prince de Saxe Hildeburghausen qu’il passera; la bataille qu’il livrera s'appellera la bataille de Rosback, et comme Malplaquet, Ramillies, Hochstedt, comptera au nombre de nos grandes défaites.
Les deux derniers princes étaient nés sous de tristes auspices, le duc de Berry, qui devait être iouis XVI, avait vu le jour au milieu des querelles du Parlement et des émeutes populaires qui , quarante ans plus lard, devaient se changer en révolution. Le comte d’Artois, qui devait être Charles X, était né la veille d’une défaite.
Le prince de Soubise s’était personnellement conduit en brave soldat, il avait fait les fautes d’un mauvais général ; resté le dernier sur le champ de bataille, il avait chargé trois fois l’épée au poing;
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enfin, n’ayont plusautour de lui que doux ri’giincnls suisses foi mès en carré, il avait essayé, mais iniililemcnt, de soutenir une letiaile que la fuite des Allemands changea hientôt en déroute complète.
G)mme il nous est impossible de suivre dans tous ses détails et la guerre continentale et la guerre maritime, nous allons donner les dates et les résultats des principaux combats livrés sur terie et sur mer et qui forment les épisodes de cette lutte que termina le tr.iité signé à Paris entre le roi de France, le roi d’Espagne et le roi d’Angleterre, le tO février 1763, et qui fut suivi du traité signé entre l’impératrice et le roi de Prusse à Humberbourg en Saxe, le 1 3 février de la même année.
Guerre continentale et guerre de sept ans.
1757. Bataille de Lissa pu deLcnshen, où Frédéric bat les confédérés du double plus forts que bii; leur tue ou blesse trente mille hommes, et à la suite de laquelle il prend Breslaw et dix-huit mille hommes de garnison que la ville renferme.
1738. Combat deFomdorf, où Frédéric perd dix mille hommes, mais en blesse ou tue vingt-deux mille aux Russes.
1738. La bataille de Rotkisch, où Daun , à son tour, bat Frédéric, lui tue dix mille hommes et lui prend cent canons.
1739. La bataille de Kunsersdorff, où les Prussiens commencent par prendre cent canons et finissent par perdre toute leur artillerie. Chacun des adversaires y perdit vingt mille hommes et se vanta de l’avoir gagnée.
1 759. La bataille de Manen, où Daun (ait mettre bas les armes à
dix-huit mille IVussicns. i
1 760. La bataille de Lignitz , chef-d’œuvre de lactique et do stratégie militaire, où Frédéric entouré par quatre armées qui vont l’attaquer à la fois, se jette sur l’une d’elles, la détruit et se dégage.
1760 La bataille de Torgau , la dernière où Frédéric commande en jiei'sonne, Daun y perd vingt mille hommes.
1762. I.a bataille de Freyberg, gagnée |)ar le prince Henri de Prusse et qui termina la campagne de 1762.
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Guerre maritime.
LeU mars I7Ü6, M. DuchalTau, arec l'Atalante, de 34 canons, s’em|iare du IfahricA, \aissead aiialais de 64. Le commandant d'Aubignt reste spectateur du combat avec un vaisseau de 56 canons, ne voulant rien enlever à la gloire de M. Duchaflau. Ià: 27 mars 1736, les Français prennent le fort de Bull , où les Anglais ont rassemblé des approvisionnements considérables. Le 13 avril 1736, une escadre française commandée par M. de Beaussier part pour le Canada, elle y porte M. de Montcalm qui va prendre le commandement des troupes. Le 1 7 avril 1 7 36, V Aquilon, de 40 canons, et le Fidèle, de 24, mettent hors de combat, à la hauteur de Rochefort, un vaisseau anglais de cinquante-sii et une frégate de trente. Le 20 juin 1 736, les indigènes se soulèvent contre les Anglais et les chassent du fort Guillaume à Colicotta, et de tous les établissements qfi'ils possèdent sur la céte du Bengale; la perte de l’Angleterre est évaluée è cinquante millions. Le 12 juillet 1736j prise du vaisseau français VArc^ncief, à hauteur de lx)uisbourg, par une escadre anglaise. Le 14aoùt 1756, M. de Montcalm s’em|)are des forts Oswégo, Ontario et Gemmes ; la perte des Anglais est de seize cents prisonniers , sept vaisseauvde guerre, deux de transport , cent cinquante pièces de canon, un parc immense de munitions de guen-e et de vivres ; cet heureux résultat est dù surtout au courage de M. Rigaut de Vaudreuil , qui , en traversant à la nage le Ciiouagan avec ses Canadiens, a coupé la communication des torts Georges et Oswég». M. de Montcalm dans toute cette expédition ne perd que six hommes. Deux jours après, M. de Villiers, frère de M. de Junionville, dont l’assassinat a ouvert la porte à cette sanglante guen-e, tue aux Anglais quatre cents hommes, et leur fait quatre-vingts prisonniers.
Ije 19 janvier 1757, l’amiral Byng qui a été envoyé pour secourir Minorque, cl qni,'ainsi que nous l’avons vu, échoue dans sa mission, est mis en jugement, condamne à mortel exécuté. Le 11 février 1737, M.dc Kersaint ruine plusieurs éfcdilisscmcnts anglais sur la cùto d’Afrique. Le21 mai 1737, M. de Vaudreuil brûle les maga-
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sins anglais sur le lac du Sainl-Sacrcmenl, cl détruit quatre brigantins de 10 canons, deux 'galères et trois cent cin(|uante batiments de transport. Le tO mai 1737, arrivé au Canada M. Dubois de La Motte, avec cinq cents hommes de troupe, ravitaille Québec et Louisbourg. 9 août 1757, M. de Monlcalm prend le fort de Villiam-Henry, qui avait deux mille cinq cents hommes de garnison. Le 21 octobre 1757, M. deKersaint défait à Saint-Domingue, cinq vaisseaux et quarante corsaires anglais, et convoie en France une flotte marchande que ceux-ci voulaient prendre.
Le 11 février 1757, M. Duquesne, chef de l’escadre, tombe au milidu de la flotte anglaise qui se compose de seize vaisseaux et de cinq frégates; il est fait prisonnier. Du 1" mai au 4 juin 1758, M. de Lally, lieutenant général dans l'Inde, s'empare des forts de Goudclour, de Saint-David et de Divicotay. Le 5 juillet 1758 M. de Montcalm, retranché avec six mille Français à Ticodéronga, défait vingt-huit mille 'Anglais, leur tue quatre mille hommes, et le général Howe.
Le 1 " septembre 1758, descente des Anglais sur les côtes de Bretagne. M. d’ Aiguillon les force à se rembarquer, et leur prend sept cents hommes.
I.e 16 janvier 1759, les Anglais attaquent la Martinique et sont reimussés. Le 17 août 1759, comlat naval de Lagos; quatorze vaisseaux anglais contre sept vaisseaux français : le Centaure, le Téméraire et le Modeste sont pris ; l'Océan et le Redoutable sont brûlés. Le 10 septembre, M. d’Aché défait l’escadre anglaise de l'amiral Pocok, et ravitaille Pondichéry; onze cents hommes du régiment de Lally battent dix-sept cents Anglais et quatre mille indigènes, prennent quatre pièces de canon et deux chariots d'artillerie.
I.e 17 février 1760, le capitaine Thurot, corsaire français, fait une descente en Irlande, prend Carrick, qu’il met à contribution; il est défait et tué au retour de l’expédition. Le 17 septembre 1760, un an et deux jours après la mort de Monlcalm, la ville de Montréal et tout le Canada se rendent aux Anglais.
Le lOfévrier 1761, les Anglais nous prennent Mahé sur la côte de Malabar ; puis, le 7 juin , Belle-Isle-en-mer.
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Le 3 iiovciiilire 1702, les lioslilités ressent, et h-sprt'liminairesde la paix sont sijincs à Fontaiiiebican , entre la Fi-ance, r\ngleterre, riîsjwgne et le Portugal, ^aix honteuse pour la France, où elle cède et garantit à rAnglclcrre t' Acadie, le Canada, l'ile du cap Breton et toutes les autres îles et côtes dans le golfe et le fleuve Saint-Laurent : quinze cents lieues d'un seul trait de plume.
En retour, l'ÀngleteiTC cède à la France les îles de Saint-Pierre et de Miquelon; le Mississipi servira de limite aux deux nations dans l'Amérique, à l'exception de la ville de la Nouvelle-Orléans. Kn outre, le roid'AnglctciTeraidau roidc France Belle-lsle, la .Martinique, la Guadeloupe, Marie-Galande et la Désirade, dans l'état où ces lies étaient avant la conquête.
A son tour, la France cède à l'Angleterre l'ile de Grenade cl les Grenadines. Les îles neutres , Saint-Vincent , la Domini([uc et Tabago resteront à rAngletcrrc. L'ile de Sainte-Lucie et l'ile de Corée sont rendues à, la France, (pu cède et garantit à la Grande-Bretagne la rivière du Sénégal, avec les forts et conqdoirs de Louis, Podor et Galam. Dans les Indes-Orientales, l'Angleterre restitue à la France tous les forts et comptoirs qu'elle y posscabit en 1 739 ; en échange, la France restitue les ac({uisitions faites depuis cette époque. L'ile de Minor(|uc et le fort Saint-Philippe sont rendusà la Grande-Bretagne. La France restitue tout le iwys qui appartenait à l'électeur de Hanovre et autres princes de l'empire. L'Angleterre restitue à l'Espgne l'ile de Cuba avec la place de la Havane. Enlin, les Es|tagnols cèdent aux Anglais la Floride, le fort Saint-Augustin et la baiedePensacola.
Du traité date la décadence coloniale de la France et l'accroissement de l'Angleterre; à partir du traité de Paris, celle-ci ne s'arrêtera plus dans son ambition, qu'elle pourauivi'a au milieu des troubles europè-ens; chatfue guerre que soulèvera le cabinet de Saint-James lui coûtera un milliard; mais elle lui rapjwrtcra un port, une ile, un continent; non-seulement le monde connu lui appartient, mais le monde ùiconnu sera à elle, et dans cent ans, vaste araignée de mer, elle aura accroché sa toile aux cim; parties du monde. En Europe, elle {xissè-dera lléligoland; en A.sie, la ville d'Adcn, qui commande à la mer Rouge, comme Gibraltar à la Médderraiiée.
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ftoo
Dans la nicrdps Imlos, ('/eylaii, la prcsqu ilo «le 1 Indoiislaii , le luid, Lahore, le Liiid, le Deloutchislau et le Caboul. Dans le golfe de Bengale, les îles Singaporc, Sinaag et Sumatra : cent cimpianle raille lieues de territoire nourrissant cent cin«iuante raillions d’hommes. Dans l'Oceanie, la moitié del .\ustralie, la terre de Van- Diéinen, la Nouvelle-Zélande, Norfolk, Hawaï et le protectorat génélal de la Poljucsie. En Afriijuc, Biitliuret , Its iles de Li'on, Sierraleonc, une [lortion de la côte de Guinée, Fernando-Uio, les iles de l'Ascension et de Sainte-Hélène, la colonie du Cap, le port Natal, .Meurice, Ttodrigue, les Échelles, Socotora. En .\méri«pic, le Oinada, le continent septentrional, depuis le banc de Terre-Neuve justpi à l’erabouchure du tleuve ^lackenzie, pi'csjjue toutes les .\nlilles, la Trinité, raie partie de la Guyane, les Malouines, Balise et les Bei rand«ïs.
Aujourd'hui, elle a tout préni et elle est prêle à tout. Peut-eire un jour percera-l-on 1 isthme de Panama. Elle a Balise, sentinelle qui attend. Peut-être ouvrira-t-elle l’isthmê de Suez. Elle a Aden, factionnaire qui veille. Le passage de la Meilitcrranéc à la mci dijs Indes sera à elle. Ce sera à elle le passage du Mexique, grand oeàm Boréal. Alors, elle aura, dans une armoire de l'Amiraulé, la clé de l'Inde et la clé de l’Océanie, comme elle a déjà celle de la Mediterranée.
Ce n'est pas tout : par son titre de protectrice des îles Ioniennes, elle jette l'ancre à la sortie de l’.Adriatique et à I entrée de la mer Égée; elle jwse un pied sur la terre des anciens Epirotes et dis modernes Albanais. Quand l’Irlande lui rclusera ses [vaysans, l'Ecosse ses montagnards, «piand les marchés d'hommes que tiennent les princes allemands se fermeront pour elle, parce qu’il n’y aura plus de princes en Allemagne, elle recrutera parmi ces jiaiplades guemères de la vieille Epire et de l’antique Péloponi-se ; elle aura une escadre à Corfou, qui, en quel«iues jours, pounvi arriver aux Dardanelles; elle aura une arrate à a^phalonic , qui sera , en une semaine , au sommet de THéraus; de là, elle lialanccra en Grèce l’influence de la Bussie, et il lui suffira de quelques bateaux armés pour détruire le coiiinicrct; de tout le littoral autneUieo.
Ainsi, l’alliance avec Marie-Thérèse, en nous jetant dans la guerre