CHAPITRE XXIV
Nous avons déjà dit que la politique du duc d'Aiguillon avait pris le contrc-i>icd di' celle de M. deChoisenl. Appuyé sur un mémoire du dauphin, père de Louis XVI, il continua hardiment.
LOUIS XV
Voici la partie de ce mémoire sur lequel s’appuja la politique du ^ duc d’Aiguillon :
a Je dois me souvenir sans cesse, disait le dauphin, que mille gouvernements ont été anéantis; que plusieurs familles royales ^ sont éteintes en Europe, et que les principaux États qui m’environnent sont les rivaux de la maison do Bourbon.
« L’histoire en connait deux principaux : l’-AnglcIerre et l’Autriche. L’Angleterre est des deux rivales la moins redoulable. La France doit se souvenir qu’elle peut être sans ou avec une marine; car les puissances qui n’en ont pas, existaient bien par leur agriculture, leur commerce et leur industrie naturelle. Nous avons été fort considérés et redoutables, même sans marine, pendant le ministère du cardinal de Fleury, à qui mou père avait remis en totalité le soin du gouvernement.
« Que l’Angleterre ait donc une plus grande ou moindre prépondérance sur mer, cela ne fait qu’augmenter, ou diminuer le bienêtre de la France, sans lui porter un priijudice notable. L’Angleterre seule doit compter son commerce comme essentiel au maintien de sa situation actuelle; l’Angleterre n’est donc pas une rivale bien à craindre. Mais l’Autriche a bien d’autres titres et des moyens hostiles et dangereux par rapport à nous ; il est de nos intérêts de la surveiller, de l’environner et de renqiècher de nous nuire ; car sa politique va plus loin que ne veut sa religion; c’est une puissance moderne en Europe que nous avons vue sortir du néant, et qui s’éleva jusqu’à la monarchie universelle sous Charles-Quint, aux dépens de scs voisins et à notre grand péril.
(I Je dois donc m’ctforcer de trouver dans l’histoire de mes aïeux par quel moyen ils ont repris à cette maison , l'Espagne, Naples, la I^orrainc, les Pays-Bas en |wrtie, l’Alsace, la Franche-Comté et le Roussillon, et ne pas oublier que je ne maintiens pas cette politique observatrice. L’Autriche me répondra de ce qu’elle a pris sur mes ancêtres depuis le commencement qu’elle a existé, ce qui n’est pas fort ancien , et on se souvient de ce qu’était la France sous Charlemagne.
« Mes aïeux, ceux au moins de ma branche, avaient été cens-