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tamment attachés aux principes énoncés ci-dessus, lorsqu'il est arrivé eu France un homme, Lorrain de cccur et d’origine, qui fait en ce moment le malheur de ce pays-ci.
« M. le duc de Choiseul, pensionnaire de la maison d’.\utriche, a imaginé de renforcer les premières idées de l'abhé de Demis, qui avait intérêt déplaire îi l'Autriche : l’un et l'autre ont jeté les premiers fondements des plus grands malheurs qui menacent ma raaison,si jamais les principes autrichiens viennent à y prévaloir. M. le duc de Saint-Simon m’a fait passer, il y a dix ans, un mémoire fort bien fait à ce sujet, où il prouve que la France ne |)cut se soutenir sans combattre perpétuellement contre la maison d'Autriche; on le trouvera dans mes papiers; il prouve qu’on ne peut s'arrêter qu'après l'avoir réduite à la situation d’un électorat actuel.
O Mon père, toutefois, par des princi[>es que je ne puis me permettre de censurer, a fait alliance avec la maison d’Autriche, au préjudice des intérêts des petites puissances , que mes aïeux se sont fait une gloire de soutenir et de protéger ; il n'a jamais voulu approfondir la couiiable témérité de M. de Choiseul , qui vient de renverser un édifice anTermi par les siècles et par les hommes d'Ëtat les plus réfléchis et les plus attachés à notre maison.
s On doit sans doute observer très-religieusement les traités ; mais la délicatesse a des homes, et lorsque l'État aura reconnu [xir l’expérience, combien est onéreux aux sujets un traité qui lie les mains à la France, qui n’a de vie que par la falculté de l'exercice de la puissance militaire, sans doute qu'il sera donné des limites, sans déclaration de guerre à l'empereur, à un traité qui nous circonscrit de toutes parts, et qui nous empêche d'ètre Français. »
Malheureusement, vis-à-vis de l’Autriche, le plan était difficile à suivre. L'alliance de 17o(> existait toujours, et il n'y avait aucun motif plausible (Ktur la rompre. En outre, Marie-.Antoinette avait déjà sur le dauphin un empire décidé, et s'il avait montré une si grande haine contre M. de Choiseul, ce n’était point parce que M. de Choiseul était l'agent de 1' .Autriche, mais parce (jue le dauphin sufiposait que M. de Choiseul avait été la cause do la mort de son [1ère. D’ailleurs, le roi pouvait mourir, le roi <jui ne se privait
d'aucun plaisir, malgré son âge avancé, alors tout sc retrouvait dans le niôrac état.
Il se mit donc à préparer tout doucement l'Europe à voir, un jour ou l'autre, annuler ce fatal traité de 1756.
Les puissances subalternes, surtout, étaient, 'comme nous l'avons dit , effrayées de la grande alliance austro-française. Le duc d' Aiguillon s'occupait de les calmer, de les écouter, de les accueillir.
Il commença par raccommoder la Suède et le Danemark , nos deux alliés naturels au nord , depuis que la Pologne existait encore comme royaume, mais n'existait plus comme puissance.
Le duc de Choiseul avait constamment molesté les Suisses, nos anciens alliés. Il disait d'habitude : vil comme un Suisse ! Puis, les blessant dans leurs intérêts, il ouvrait le port de Versoix sur. le lac de Genève. Le duc d’Âiguillon interrompit ces travaux.
Le duc de Choiseul avait enlevé au pape le corotat Venaissin et la ville d'.\vignon; c'était pour compenser, disait-il, la perte des colonies; mais, en réalité, pour ri^ouir les philosophes qui attaquaient la religion. Le duc d'ÂiguilIon fit amende honorable à Ganganelli, et lui rendit la ville et le comtat.
L'Angleterre nous ayant attachés à la maison d'Autriche, avait pris parti pour Frédéric II. Celte alliance de l'Angleterre avec Frédéric 11 , c'était la guerre contre nous. Le duc d'AiguilIon jeta les bases d'un traité de paix et d'un contrat de commerce qui devaient renouer toutes les relations amicales qui avaient existé pendant les trente ans qui avaient'suivi la paix d'ütrecht.
Depuis les fameuses expéditions de Charles XII , qui avaient épuisé le pays d'hommes et d'argent, la Suède elTrayce de cette omnipotence royale qui entraînait un peuple à sa suite dans l'abime , la Suèxie avait tout fait pour réprimer l'autorité de ses rois; elle était divisée en factiotis (;ui écoutaient l'Autriche, le Danemark et le roi de Prusse. L'autorité de la France , si réelle en Suède sous Gustave- Adolphe, avait fait place à l'autorité autrichienne ; c'était toute une position perdue à reconquérir. Gustave III était désireux de sortir de cette tutelle qui lui était imposée par le peuple et par la noblesse ; n'étant que prince héréditaire , il avait écrit à M. de Choiseul de ce
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ilùsir; mais M. de Cboiseul sc serait bien gardé de faire droit aux demandes du jeune prince; c’était desobliger trop directement l’Autriche. Le duc d’.Aiguilluu , au conlraue, ne garda pas ces ménagements; il tira de l'exil où l'avait envoyé M. de Cboiseul, M. de Vergennes, notre ancien ambassadeur à Constanlinoplc, lui donna scs instructions et l’envoya en Suède, en revenant ainsi au.v plans de la vieille diplomatie française : Relever les faibles, humilier les forts.
La présence de M. de Vergennes à Stockholm porta scs fruits : une révolution éclata en Suède, qui rendit au roi Gustave la puissance que la noblesse partageait avec lui, et le délivra de l’inlluence russe, autrichienne et prussienne; cette révolution s’accomplit en cini|uante-quatre heures et sans effusion de sang, le 10 août 1772.
11 est vrai que vingt ans api cs, le comte de Horn, le comte de Ribinget Ankastroéra prirent sur Gustave 111 une Siuiglaute revanche.
•Nous avons exposé l’état de faiblesse où était, au milieu d(«'conllits europ('‘en5, tomWe la Pologne, du moment où la main puissante de la France s’était retirée d'elle. Catlxerine II , qui avait des vues sur cette malheureuse nation, lui avait donné un roi, et, bien certaine de Li nullité do ce roi , elle se préparait à renvahissement de son royaume.
la? duc de Cboiseul n’avait vu dans l’alliance des cours de Berlin et de Saint-Pétersbourg, qu’une simple défection à l’alliance de Vienne et de Vcrsiùlles; mais la cour de Vienne voyait plus loin, elle; elle voyait la cour de France ruinée en hommes et argent, cl, par conséquent, médiocre auxiliaire du moment où la Russie s’éloignait d’elle; c’était alors que M. de Cboiseul avait donné l’ordre à ■'-1. de Vergennes de soulever la Turquie contre la Russie : en cas de victoire des armées turques, la puissance et surtout le prestige de l'empire rus.se s’affaiblissaient ; en cas de délaite , la Russie rapprochait ses possessions des possessions aulricbienucs, et inciuiélail l’empù'c, (jui se. trouvait avoir d’autant jüus Itcsoin do nous. — M , de Vergennes avait donc eu Ixaui représenter à .M. de Cboiseul l’inutilité de cx?lle guerre et lui piédire son désastreux résultat ; il avait ordonné à notre aml)assarlenr d’aller de l'avant , et, sur de nouvelles
Dif)itizcdT)y Goôgle
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observations de M. deVerpenues, il lui avait envoyé sa démission et l'ordre de venir en Bourgogne, où, depuis cetle époque, il était resté sanscrériit et sans emploi.
Ce qu'avait prédit M. de Vergennes arriva; la Turquie fut battue, comme nous l'avons dit à propos des fêtes données par Potemkin à Catherine II; les armées russes envahirent la Moldavie, et les chevaux des Crisaques du Don se désaltérèrent au Danube. Aloi's l’Autriche, cflrayée du contact qui s’opérait entre les conquêtes russes et ses possessions territoriales, se rapprocha du roi de Prusse, sollicitant la neutralité en cas de guerre. Ainsi, le vieux Frédéric, presque intrus à son arrivée au Irène dans la grande famille des rois européens, ce petit électeur de Brandebourg, commeon l’ajipdait encore au commencement de son règne, se trouvait dans la vieillesse courtisé par les deux grandes puissances du Nord , et l’arbitre des destinées européennes, tandis que M. de Choiseul, qui avait voulu le détrôner, était, lui, exilé à Cha^eloup.
De ce rapprochement de l’Autriche et de la Prusse, naissait l’idée du partage de la Pologne. Chacun y trouvait son compte.
La chose fut donc promptement arrêtée entre les puissances du Nord, qui ne crurent point pour cela avoir l>esoin de la France.
L’Autriche introdiùsit ses troupes dans Zips, et la Prusse dans le duché de Posen.
Catherine tenait Varsovie.
la commotion fut grande à Versailles quand on apprit le grand écartellemeot politique.