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Une réBisla; elle était de naissance obscure; peut-être aimait-elle, et de là lui venait sa force. Devenu furieux par cette résistance, le duc de Fronsac commit la même nuit trois crimes pour la possétler, trois crimes dont chacun à cette épocpie était puni de mort : l’incendie, le rapt et le viol.
Une nuit, il fit mettre le feu à la maison de la jeune fille. La Gourdan était prévenue : une femme, envoyée par elle, recueille la victime évanouie, l’emporte sous prétexte de lui porter des secours, et l’amène dans la maison infâme. On devine le reste, celte conduite de M. de Fronsac était indigne d’un gentilhomme, elle souleva l’ojiinion publique et il fallut toute l’énergie du pouvoir pour sauver le ravisseur.
Une information fut commencée, mais assoupie. Tout se tut.
Disons un mot du marquis de Sade, une des personnifications les plus curieuses de la fin du siècle de Louis XV. C’était un beau seigneur, déjà âgé à cette époque de trente-cinq ans, qui était né dans l’iiôlel de madame la princesse de Condé, dont sa mère était dame d’honneur. Il descendait de la belle Laure, disait-il ; rien de plus possible : malgré son amour platonique pour Pétrarque, la belle Laure avait eu douze enfants. Élevé au collège lx>uis-le-Grand, il était, à l’âge de treize ans, entré aux chevau -légers. Il avait lait la guerre de sept ans, puis il avait malgré lui épousé mademoiselle de Montreuil.
Le marquis de Sade était riche, il était jeune, il était beau, il portait un nom honorable; pourquoi cet esprit fasciné, pourquoi ce cœur pervere, pourquoi ces désirs immondes, pourquoi cette rage de sang?
Un soir, un samedi saint, il passe sur la place des Victoires, il y est arrêté par une femme qui lui demande l’aumône; il s arrête, il la regarde; elle est jeune et jolie; il s’informe à elle pour savoir si elle ne fait pas un autre métier, plus agréable et plus lucratif. Elle est honnête; cette honiiêtelé semble le toucher; il plaint sa misère, il lui propose de la prendre comme gouvernante, de la mettre à la tête de s:i maison ; elle y consent ; il lui met une bourse dans la main , et lui donne rendez-vous pour le lendemain à sa maison d Arcueil. La niidheureuse ne se défie de rien, elle y vient à 1 heure indiquée; le
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marquis l’aticnd, va fermer les jxirles derrière elle, renouvelle «s instances, et comme elle continue de refuser, il s’en empare, l'éiiée à la main, la force à se déshabiller, puis il l'attache à la colonne d’un lit, la flagelle, lui incise le corps avec un canif, et, dans les incisions, fuit couler de la cire brûlante, ppis il se retire, la laissant sanglante, à moitié brûlée; alois, à force d'efforts , elle rompt ses liens, court à la fenêtre?, appelle, puis, comme elle entend du bruit dans l'escalier, et qu'elle? préfère la mort au renouvellement de ses ioullrauces, elle se jette par la feuètre.
Le marquis était revenu tranquillement à Paris; tout était bien fermé, il la croyait bien garrottée ; il espérait sans doute qu'elle mour rait de faim.
Cette fois, l'affaire est évoquée et suit son cours, et le marquis de Sade fait six semaines de prison au château do Pierre-Encisc. Au bout de six semaines, il en sort, il oubUe la mallieureusc fdle Relier, qui, outre les blessures qu’il lui a faites, s’est cassée, en sautant par la fenêtre, la cuisse et k? bras. 11 se relire dans son beau château de Lacoste, près Marseille, vient dans la ville au mois de juin 1772, y donne un bal oii il réunit les plus charmantes femmes de la ville; puis pendant le bal, leur fait manger dos pastilles aux cantharides.
Au bout d’une heure, le bal est changé en orgie romaine. Trois femmes en meurent, cinq ou six en devienftent i'oiles. M. do S;ide s’enfuit en enlevant sa belle-sœur, et le parlement d'Aix le condamne à mort, comme empoisonneur.
Maù l’arrêt du parlement d’Aix est cassé, et le marquis rachète sa tête pour cinquante francs. Il revient et publie Jnsline.
Ce n’est plus au gouffre que marche la société, c’est à l’égout.
Poui' faire pendant à cette ordure, le chevaKer de Nerciat pubb'e, en 1770, Féliciaoumes Fredaines.
En jeune prêtre écrit une lettre sur les dangers de la continence.
Toutes ces anecdotes sont bien honteuses, bien immondes; mais ce sont les seules qui amusent le roi. M. de Sartine lui en lait un journal; c’est encore une idée de l’ingénieuse madame du Barry. Ce journal se rédige dans toutes les mauvaises maisons de Pai is, et particulièrement chez cette fameuse Gourdan, dont nous pronon-
COUS pour la troisième fois le nom. Ces anecdotes appartiennent malheureusement à l'iiistoire des mœurs de cette époque.
Un jour, le roi apprend par ce journal que M. de Lorry, évêque de Tarbes, a eu la veille l’impudence de rentrer à Paris, ramenant en calèche découverte madame Gourdan et deux de ses pensionnaires. C'est trop fort, le roi fait prévenir le grand aumômer, qui appelle près de lui l'évêque.
Cette fois tout s'explique, par hasard, à la plus grande gloire de la pudeur et de la charité du prélat. En revenant de Versailles, l’évêque de Tarbes a vu à pied, sur la grande route, trois femmes près d’un carrosse brisé; pris de pitié pour leur embarras, il leur a offert une place dans sa voiture. La Gourdan a trouvé la proposition plaisante et a accepté.
Et chacun de ne pas vouloir ajouter foi à cette naïveté du prélat. Chacun de lui dire : Comment, vous ne connaissez pas la Gourdan. en vérité, c’est incroyable !
Au milieu de tout cela, la fameuse guerre musicale, entre les Gluckistes et les Piccinistes, est déclarée, la cour se séjare en deux partis.
La reine, jeûné, poétique, organisée musicalement, élève de Gluck, ne trouvait dans nos opéras qu’un recueil d’ariettes plus ou moins gracieuses.
En voyant représenter les tragédies de Racine, elle eut l’idée d envoyer Iphigénie en Aulide à son inailre, et de l’inviter à verser les Ilots de sa musique sur les vers harmonieux de Racine. Au bout de SIX mois, la musique fut faite, et Gluck apporta lui-même sa partition à Paris
Une fois arrivé, Gluck devint le favori de la dauphine, et eut ses entrées à toute heure dans les petits appariements.
Il faut s'habituer à tout et surtout au grandiose. La musique de Gluck ne fil pas à son apparition tout l'elîet ([u’ellc devait faire. Aux cœurs vides, aux âmes fatiguées, il ne faut pas la penst-e, le bruit suflil : le bruit est une distraction.
La vieille société préféra la musique italienne. Le grelot sonore à l'orgue mélodieux.
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Madame du Barry, par esprit d'opposition et parce que la dauphine avait rais en avant la musique allemande, madame du Barry prit parti pour la musique italienne. On envoya des libretlos à Piccini.
Piccini renvoya des partitions, et la jeune et la vieille société se partagèrent en deux camps.
C'est que des idées tout à fait nouvelles se faisaient jour au milieu de cette antique société française, comme des fleurs inconnues qui poussent entre les pavés disjoints des cours sombres, entre les pierres lézardées d'un ancien château.
A la vue de toute celte société nouvelle marchant à l'inconnu , Louis XV inclinait de plus en plus la tête.
En vain la folle comtesse tournait-elle autour de lui, bourdonnante comme une abeille, légère comme un papillon, resplendissante comme un colibri.
A peine de temps en temps le roi relevait-il son front appesanti, sur lequel on eût dit qu’à chaque instant s’étendait plus visible le sceau de la mort.
C'est que le temps s’écoulait, c'est qu’on était entré dans le sixième mois depuis la mort du marquis de Chauvelin , c’est qu'on était au S mai , et que le 23 du mois il y avait six mois, jour pour jour, que le favori était mort.
Puis, comme si tout conspirait pour se joindre au lugubre présage, l'abbé de Beauvais avait prêché à la cour, et, dans son sermon sur le besoin de se préparer à la mort, et sur le danger de l’impémtence finale, il s'était écrié :
— Encore quarante jours, Sire, et Ninive sera détruite.
De sorte que, lorsqu’il avait pensé à M. de Chauvelin, le roi pensait à l’abbé de Beauvais ; de sorte qu'il avait dit au duc d’Agen :
— 11 y aura le 23 mai six mois que Chauveliu est mort; il se retournait vers le duc de Richelieu et murmurait :
— C’est quarante jours, n’est-ce pas, qu’il a dit, ce diable d’abbé de Beauvais!
— Oui, Sire, pourquoi cela?
Et, sans répondre à Richelieu, Louis XV .ijoiifait :
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— Je voudrais que ces quarante jours fussent passés.
Ce n’était pas le tout , l’alinanach de Liège avait dit, à propos du mois d'avril :
— Dans ce mois d’avril, une dame des plus favorites jouera son dernier rôle.
De sorte que madame du Barry faisait chorus aux lamentations du roi, et disait du mois d'avril ce qu'il disait de ces quanmte jours, c’est-à-dire :
— Je voudrais bien que ce maudit mois d’avril fût passé.
Dans ce maudit mois d’avril qui effrayait tant madame du Bairy, et ]M.'iidaut ces quarante jours qui étaient la passion du roi, les présages se multiplièrent; l’ambassadeur de Gènes, Sorba, que le roi voyait fréquemment, fut frappé de mort subite. L’ablxî de Liville venant à son tour pour le remercier de la place de directeur des affaires étrangères qu’il venait de lui donner, roula à ses pieds fnippé d’apoplexie en sa présence. Ëniin, le roi étant à la chasse, la foudre tomba près de lui. ,
Tout cela le rendait de plus en plus sombre.
On avait espéré quelque chose du retour du printemps. Cette nature qui, au mois de mai, secoue son linceul, cette terre qui reverdit, ces arbres qui revêtent leurs robes printanières, cet air qui se iicuple d’atômes vivants; ces souffles de feu qui passent avec les brises 'et qui semblent des âmes cherchant des corps, tout cela pouvait rendre quelque existence à cette matière inerte, quelque mouvement à cette machine usée.
Vers le milieu d’avril, la petite vérole faisait de grands ravages, la cour de Versailles en était attaquée d’une manière effrayante. La santé du roi était fort compromise et depuis longtemps, ses terreurs à propos de certaines prédictions et surtout à propos de la mort de M. de Chauvelin s’augmentaient de jour en jour. Louis XV avait le sang fort échauffé; il ne dormait plus et se croyait à chaque instant atteint par la maladie régnante.
Le roi avait déjà eu cette maladie dans sa jeunesse ; mais, deux JOUIS après, elle se manifesta une seconde fois.
Une autre maladie mal guérie reparut en iiièiue temps; ce qui fil
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dire aux Parisiens quand on leur annonça que Louis était mort de la petite vérole :
« Chez les grands, il n'y a rien de petit. »
Enfin , une fièvre maligne brocha sur le tout et vint compliquer la situation.
Le 29 avril, la première éniption se manifesta , et l’archevêque de Paris, Christophe de Hcaumoiit , accourut à Versailles.
Cette fois, la situation était étrange; l’administration des sacrements, si la ni’cessilé s'en faisait sentir, ne pouvait avoir lieu tpi'après F expulsion de la concubine, et cette concubine, (pii appartenait au parti jc^uitiiiue dont Christophe de licaumont était le chef, cette coneuhinc , au dire même de l’aiuhevèque , avait rendu, par le renversement du ministère Choiscul et par le renversement du Parlement , de si grands services à la religion , qu'il était impossible de la di^honorer canoniipiement.
Lra chefs de ce pirti étaient, avec M. de Beaumont et madame du Barrj- , le duc d’,\rguillon , le duc de Richelieu , le duc de Fronsac , Maupeou et Tcrray.
Tous étaient renvereés du même Coup qui renversait madame du Barry ; ils n’avaient donc aucun motif de se déclarer contre elle.
Le parti de M. de Choiscul, au contraire, qui était partout, jusque dans la ruelle du roi , demandait l'expulsion de la favorite et une confession prompte; ce qui était curieux à voir, puisque c’était le parti des philosophes, des jansénistes et des athées qui poussait le roi à la confession ; tandis que c'était l'archevêipic de Paris, les religieux et les dévots, qui désiraient que le roi refusât de se confesser.
Telle était la singulière situation des esprits, lorsque, le t' mai, à onze heures et demie du matin, l’archevêque se présenta pour voir le roi malade.
A tout hasai-d , en apprenant (pie l’archevêque était arrivé , la pauvre madame du Bariy se sauva.
Ce fut le duc de Richelieu qui vint à la rencontre du prélat, dont il ignorait encore les intentions.
— Monseigneur, dit le duc, je vous conjure de ne pas effrayer le
roi par cette proposition théologique qui a fait mourir tant de malades; mais si vous êtes curieux d’entendrf des jiédiés jolis et mignons, mettez-vous là, je me confesserai à la place du roi, et je vous en dirai de tels que vous n’en avez [las entendu de pareils depuis que vous êtes archevêque de Paris; maintenant, si ma proposition ne vous agrée point, si vous voulez absolument confesser fc roi et renouveler à Versailles les scènes de M. l'évèque de Soissons à Metz, si vous voulez congédier madame du Barry avec éclat, réfléchissez sur les suites et sur vos propres intérêts; vous opérez le triomphe du duc de Choiseul, votre plus cruel ennemi, dont madame du Barry a tant contribué à vous délivrer, et vous persécutez votre amie au profit de votre ennemi. Oui, Monseigneur, votre amie, et si bien votre amie, qu’hier elle me disait encore : — Que M. l’archevêque nous laisse tranquilles, et il aura sa calotte de cardinal ; c’est moi qui m’en charge et qui vous en réponds.
L’archevêque de Paris avait laissé dire M. de Richelieu ; car, quoique du même avis que lui au fond , il fallait qu'il eût l’air d'être persuadé. Heureusement , le duc d'Aumont , madame Adélaïde et l’évêque de Senlis vinrent se joindre au maréchal et lui donner des armes contre lui-même ; il eut l’air de céder, promit de ne rien dire, entra chez le roi , auquel il ne parla nullement de confession , ce qui satisfit si fort l’auguste malade, qu’il fit rappeler aussitôt madame du Barry, dont il baisa les belles mains en pleurant de joie.
Le lendemain , 2 mai , le roi se trouva un peu mieux ; au lieu de Laraartinièrc, son médecin habituel, madame du Barry lui avait donné ses deux médecins. Lorry et Bordeu. Les deux docteurs avaient reçu pour recommandation première , de cacher au roi la nature de sa maladie, de lui taire la situation dans laquelle il se trouvait, et surtout d’éloigner de lui l’idée qu’il fût assez malade pour avoir besoin de recourir aux prêtres.
Cette amélioration dans la santé du roi permit à la comtesse de reprendre un inslaht ses airs libres, ses propos habituels, scs gentillesses accoutumées ; mais au moment même où , à force de verve et d’esprit, elle parvenait à faire sourire le malade, Lamartinière, à qui l’on n’avait pas ôlc ses entrées, parut sur le seuil de la porte,
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cl , offcnsi'' lie la préférence que l’ini donnait sur lui à Lorry et à lînrdcn , marcha droit au roi, lui prit le pouls et secoua la tête.
Le roi l'avait laissé faire en le regardant avec teri-eur; cette terreur augmenta encore lorsqu'il vil le signe décourageant que faisait Laniarlinière.
— Eh hien! Lamarlinière, demanda le roi.
— Eh bien! Sire, si mes confrères ne vous ont pas dit que le cas était des plus graves, ce sont des ânes ou des menteui’s.
— Que penses-tu que j'aieî Lamarlinière, demanda le roi.
— Pardieu, Sire, ce n'est pas difficile à voir. Votre Majesté a la petite vérole.
— Et tu dis que tu n'as pas d'espoir, mon ami T
— Je ne dis pas cela, Sire ; un médecin ne désespère jamais. Je dis seulement que si Votre Majesté n'est pas roi Tris-Chrétien de nom seulement, elle doit aviser.
— C'est bien, dit le roi.
Puis appelant madame du Barry :
— Ma raie, lui dit-il, vous entendez, j'ai la petite vérole, et mon mal est des plus dangereux, d'abord à cause de mon âge, et, ensuite, de mes autres maladies. Lamarlinière vient de me rappeler que je suis le roi Très-Chrétien et le fils ainé de l'Eglise; ma mie, peut-être va-t-il falloir nous séparer; je veux prévenir une scène semblable à celle de Metz, avertissez le duc d'Aiguillon de ce que je vous dis, afin qu'il s'arrange avec vous, si ma maladie empire, pour nous séparer sans éclat.
Âu moment où le roi disait cela, tout le parti du duc de Choiscul commençait déjà à murmurer, accusant tout haut rarchevéque de complaisance, et disant que, pour ne pas déranger madame du Barry, il laisserait mourir le roi sans sacrements.
Ces accusations arrivèrent aux oreilles de M. de Beaumont, qui, pour les faire cesser, prit le parti d'aller s'établir à Versailles, dans la maison des Lazaristes, pour en imposer au public, et profiter du moment favorable où placer ses cérémonies religieuses, afin de ne sacrifier madame du Barry que lorsque le roi serait dans un état tout à fait désespéré.
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Co fut le 3 nmi que l'archevèquc arriva à Versailles. Arrivé là , il allcndit.
Pendant ce temps, des scènes scandaleuses se piussaient autour du roi.
Le cardinal de La Roche-Aymon était de l’avis de rarclicvè(|uc de Paris, et désirait que tout se passi'it sans bruit; mais il n'en était pas ainsi de l'évéque de Carcassonne, qui faisait le zélé , renouvelant les sei nes de Metx, et criant tout haut : — Qu'il fiillait que le roi fût administré, que la concubine fût expulsée, que les canons de l'Église fussent exécutés, et que le roi donnât un exemple de repentir n l' Europe et à la France chrétiennes qu'il avait scandalisées.
— Et de quel droit me donnez-vous des avis! s’écria M. de La Roche-Aymon, impatienté.
L’évéepie détacha la croix pastorale de son cou , et la mit prestpie sous le nez du prélat.
— Du droit que me donne cette croix, dit-il; apprenez. Monseigneur, à re.siieder ce droit, et ne laissez pas mourir votre roi sans les sacrements de l’Eglise, dont il est le flis aîné.
Tout cela se passait devant M. d’Aignillon. Il comprit tout le scandale qui allait résulter d’une pareille désunion si elle devenait puhiàpte. Il rentra chez le roi.
— Eh hien! duc, lui dit le roi, avez-vous exécuté mes ordres?
— A l’égard de madame du llarry. Sire? — Oui. — J’ai voulu alteudrc qu’ils me fussent renouvelés par Votre Majesté; je ne mettrai jamais d’empressement à séparer le roi des personnes qui raimcnt.
— Mcicl, duc; mais il le faut. Prenez la |nuvre comtesse et menozla sans bruit dans votre campagne de Rueil, je saurai grc à madame d’Aiguillim des soins qu’elle prendra d’elle.
La comtesse jiarlit tout en larmes, la pauvre femme qui était bonne, légère, aimable, lacile, aimait Louis XV comme on aime un père.
Madame d’ Aiguillon la mit dans un carrosse avec mademoiselle du Barry, Tainéc, et l'emmena à Rcuil, pour attendre l’événement.
Les journées du H au 6 s’écoulèrent sans que l’on parlât de confession, de viatique ou d’extrême onctinn. I,c curé de Vcrsaill.:s se pi ésenta dans le but de préparer le roi à adte pieuse cérémonie ; mais
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il rencontra le duc de Fronce, qui lui donna sn foi de gentilhomme, qu’il le jetterait par la fenêtre au premier mot qu’il en dirait.
— Si je ne me tue pas en tombant, répondit le curé, je rentrerai par la porte, car c’est mon di'oit.
Mais le 7, à trois heures du matin, ce fut le roi qui demanda impérieusement l’abbé Maudoux , pauvre prêtre sans intrigue, bonhomme d’ecclésiastique qu’on lui avaitdounépour confesseur, et qui était aveugle.
Li confession dura dix-sept minutes.
La confession terminée, les ducs de La Vrillière et d’.Viguillnn voulurent retarder le viatique; mais Lamarlinicre, ennemi particulier de madame du Barry, qui avait glissé près du roi Lorry et Bordeu, s’approchant du roi :
— Sire, dit-il, j’ai voi Votre Majesté dans des circonstances bien difficiles, mais jamais je ne l’ai admirée comme aujourd’hui, si elle me croit , elle achèvera de suite ce qu’elle a si bien commencé.
Le roi, alors, fit rappeler Maudoux, et Maudoux lui donna l’absolution.
Quant à cette réparation éclatante qui devait anéantir solennellement madame du Barry, il n’en fut pas question. Le grand-auménier et l’archevêque avaient rédigé de concert cette formule, qui fut proclamêH; en présence du viatique :
— Quoique le roi ne doive compte de sa conduite qu’à Dieu seul, il déclare qu'il se repent d'avoir causé du scandale à scs sujets, et qu’il ne désire vivre encore que jmjuv le soutien de la religion cl le bonheur de ses peuples.
Li famille royale, augmentée de madame Louise, qui était sortie de son couvent pour soigner son père, alla recevoir le saint sacrement au bas de l’escalier.
Une idée le préoccupait, il craignait de ne pouvoir avaler la sainte hostie; il lit part de ses craintes à l’évéque, il ouvrit la bouche et l’évêque le rassura.
Pendant que le roi m'évait les sacranieiits, le dauphin que l’on