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FRANCS-MAÇONS, CUEVALIERS DO TEMPLE, ILLUMINES

Toute Société mystérieuse, fondée dans un but politique ou religieux a, selon la progression des grades qu occupent scs membres, des voyants et des aveugles :

Les aveugles, qui se contentent du but apparent;'

Les voyants, qui approfondissent lebutcaebé.

Il en est de même de la Société des Francs-Maçons, qui, pour les Écossais, remonte au treiziéme sié-cle; pour les Allemands, au quinziéme ; pour les Français, au dix-huitième, et qui , pour les hommes de tous les pays qui veulent étudier sa marche à travers les siècles, se pcixl dans la somhre nuit des premiers temps.

Les loges maçonniques commencèrent à éveiller l'inquiétude des gouvernements vers le milieu du dernier siècle.

Ce sont les États de Hollande qui, les premiers, se préoccupent de cette Société mystérieuse, qui vient on ne sait de (lucl pays, qui marche vers on ne sait quel but, qui a un secret qu’elle ne révèle qu aux forts, après que ces lorts ont subi de terribles épreuves.

Le 16 octobre 173a, des Maçons venus d’Angleterre s’asseinbleut à Amsterdam, dans une maison du Stil-Steig, qu’ils ont louée pour y tenir loge, quand une ioule fanatique, excitée par le clergé, envahit le lieu des séances, brise les meubles, et se livre aux actes de la plus brutale violence sur les membres de la Société qui n'ont point quitté la loge.

I.es Francs-Maçons portent plainte; mais, bien qu’il soit lait droit à leur demande, les États généraux déclarent, le 30 du même mois/ct de la même anné'e 173a, que, quoique la coiidnile de.s membres de cette Société ne présente rien de dangereux pour la T. I. 60

LOUIS XV

InuKluillilé puliliqiic , les asscinlilécs n’en sont pas moins interdites pour prévenir les mauvaises conséquences qui pourraient en résulter.

Le 10 septembre 1737, la France suit l'exemple de la Hollande. Un commissaire de police, nommé Jean de l’Espinay, apprend qu'une assemblée de Freijs-Masons doit se tenir à l’enseigne de Saint-Bonncl, à la Rapcie-, il s'y transporte, déclare à ceux qu’il y trouve que de telles assemblées sont proliilH-es pr les dispositions générales des ordonnances du royaume, et par les arrêts des Parlements. Et les Freys-ifasons se retirent malgré les protestations du duc d'Antin, qui survient ptvndant la harangue do Jean de l’Espinay, cl qui le rudoie vertement.

Un an apres, c’est le lieutenant de police Hérault lui-même qui procède contre les délinquants. Il se rend, de sa prsonne, le 27 décembre i738, àriiôlel de Soissons, rue des Deux-Ecus, airêteplusicui's frères, et les fait enfermer au For-l'Évéque.

Le .3 juin 1 7 44, une sentence du Châtelet fait défense aux Francs- Maçons de se former en loges, et aux propriétaires de maisons ou cabareliers de les recevoir, sous jveine de pyer 3,000 fiuncsd’araondc.

De son côté, en 1738, Clément XII lance, contre les Francs-.Macons la fameuse bulle d'excommunication renouvelée pr Clément XIV.

C’est Jean-Gaston, dernier grand-duc de la maison de Medicis, qui prend, en 1737, ombrage des réunions maçonniques qui commencent à s’org,aniscr en Toscane, et ipii les dénonce à Clément XII comme propageant des doctrines condamnables.

Iæ 1 8 février 1739, un écrit apologétique de la franc-maçonnerie, publié à Dublin, est brillé à Rome pr la main du Ixnirrean.

Enfin, en 1748, le conseil de Berne les supprime pr toute la Suisse.

Quelles causes réelles avaient motivé celte proscription en France, en Hollande, en Italie et en Suisse. C’est ce que nous allons essayer de raconter.

Nous tie sommes point Franc-Maçon; par conséquent, nul ne purra nous reprocher de trahir les secrets.

De la secte, ce que nous en savons, c’est donc purement (ît simplement ce que nos propres études nous ont appris.

LOUIS XV

C’est loiijmii’s à l’Kgyple qu'il faut que notre société moderne reninnte |«iur chercher la source de toute science. La mystérieuse Égypte, fille de l’Inde et mère de la Grèce, est le lierccau de la civilisation ré|vanduc sur riiémisphcre occidental, et qui a descendu le Nil avec Éléphanliiie, Thèhcs et Memphis; puis, s'échevelant avec les canaux du Delta, s’est répandue fécondante sur le monde de Sardana|>alc, de N'ahonassar, d’Alexandre, d'.Annibal et de Jules G’sar.

Chez les Égyptiens, chaque science éhiit soumise à un noviciat ou à des épreuves, afin que l'initiateur ou le maître fût bien assuré de la vocation de l’adepte ou de l’élève.

TI en fut de l’architecture, et surtout de l’architecture sacrée, comme des autres branches de l’éducation : les jeunes gens qui se faisiiient instruire dans cet art étaient en même temps initiés aux mystères de la religion, et formaient, en dehors du sacerdoce, une caste ou une corporation qui, sur les dessins tracés par les prêtres, édifiaient les temples et autres monuments consacrés an culte des dieux. Ces architectes étaient tenus en grand honneur |«irmi les Égyptiens, et, dans les ruines de la ville de Syène, au milieu des tombeaux des premiers Pharaons de la dix-huitième dynastie, on distingue qnehpies s;ircophages appartenant à des chefs de travaux ou à des ins[H,H teurs des carrières de Silsilis (I).

Les Égyptiens envoyèrent des colonies en Grèce : ces colonies y portèrent avec elles leurs mystères et leurs institutions; seulement, les dieux primitifs, nommés dans une autre langue, prirent d’autres noms ; Osiris s’appela Bacchiis ou Dionysos, Isis s’appela Gérés, la Pamélia égyptienne ne fut plus que la Dionysia grecque; rien d’étonnant , par conséipient , que la secte des architectes sacrés se retrouve eu Grèce comme en Égypte.

Les prêtres de Dionysos ou de Bacchus élèvent les prcmici-s théâtres, instituent les [ircmières représentations dramatiques ; Thespis, le créateur de la tragédie, avait vu dans un petit bourg de l’Attique, aux fêtes de Bacchus, un chanteur, monté sur une table, former une espèce de dialogue avec le choeur. Or, ces représenta-

(1) Clavel, flifk'ire de la Franc-}P:crmneric,

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