‹ La regence et Louis 15Chapitre 80 sur 88 · I.OUIS XV · texte numérisé non relu

I.OUIS XV

lions iiriinitives, i[iie Tliesiiis avait vues et(|u'il perfectionna, étaient liées au culte du dieu, et les archi(cctes cliargcs de la construction de ces édifices tenaient au sacerdoce par l'initiation.

On les appelait ouvriers dionysiens ou dionijsiastes.

C’était raille ans avant notre ère environ. Ces ouvriers avaient le privilège exclusif de construire les temples , les théâtres, les édifices publics dans toute la contrée. Les ruines de ces édifices attestent encore aujounriiui la sublimité de leur art. Leur nombre alla s'augmentant et se réiwndant sur les contrées voisines de la Grèce. On les retrouve dans la Syrie, dans l'Inde, dans la Perse.

Trois cents ansavant Jésus-Christ, les rois de PerRame leur donnent Teos pour demeure. Alors ils s’organisent,. et leur organisation offre une ressemblance parfaite avec celle des Francs-Maçons de la fin du dix-septième siècle.

Ils ont une initiation particulière; ils ont des mots et des signes de reconnaissance. Us sont séparés en communautés, en collèges, en synodes, en sociétés, en loges enfin. Ces loges portent des litres spéciaux : Tune s’appelle la Communauté d' Altalc, l’autre la Communauté des compagnons d’Eschie. Chacune de ces tribus est dirigée par uu maître, surveillée par des presidents élus chaque année. Us s’apixillcnl frères; et, dans leui-s cérémonies mystérieuses, les frères se servent des outils de leurs professions. Us ont , à certainis époques , dis banquets et des assemblées générales. A ces banquets, ils portent des toasts symboliques; à ces assemblées générales, ils dècemenldcs prix aux plus habiles ouvriers. Parmi eux, point d’indigents; les plus riches leur doivent secours. Si un ouvrier est malade, chacun est obligé de venir à son aide; si le malade meurt et qu’il ail bien mérité de la confraternité, on lui élèvera un monument funéraire ilans le cimetière de Senerhissar et d’Esaki, comme aux architectes ses aïeux, on eu a, deux mille ans auparavant, élevé dans la ville de Syène.

Allale, roi de Pergaraè, était affilié à celte société.

Celle société était donc répandue, comme nous l’avous dit, en Egypte, en Grè-cc, eu jAsie-Mincurc,cn Syrie, dans la Perse et dans l’Inde. lai Phénicie, euglol)éo dans la Syrie, la Phénicie, qui cou-

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sisUiit en une langue île terre, s’élendant le long des côtes de la Méditerranée, depuis Aradus jusqu'à Tyr, avait des établissements pareils.

De leur côté, les Juifs, qui venaient d'figypte comme les Phéniciens, avaient fait en Égypte le métier de maçons.

De là, malgré la répugnance des Juifs pour se mêler à aucune autre nation, de là le mélange de maçons juifs et de maçons phéniciens pour la construction du temple de Salomon, construit, dit Jost'phc, sur le même plan que celui d'IIerculc et d'iUlarté à Tyr.

Or, ces ouvriers qui bâtissaient le temple et qui ne (wrlaient pas tous la même langue, puisque les uns étaient Égy ptiens, les autres Juifs, les autres Phéniciens, ces ouvTiers se reconnaissaient entre eux au moyen de mots et de signes secrets, qui étaient les mêmes pour les maçons de toutes les contrées.

De là cette communication facile établie entre la Judée et la Phé-nicie. Voilà [wurquoi le roi de Tvt autorise Salomon à couper les plus Ihsiux cèdres du mont Liban; voilà pourquoi, sur sa demande, il lui envoie Hiram, son architecte, homme très-habile et qui est comme son père; voilà pourquoi il fait mettre sur des radeaux les boiscoui)és, et, par des radeaux, les fait transporter à Joppé, d'où facilement Salomon les fera transporter à Jérusalem.

« Et Salomon fit le dénombrement de tous les prosélytes qui sc trouvaient dans la terre d'Israël, depuis le dénombrement qu’en avait fuit Davidson père, et il en trouva cent cinquante-trois mille six cents.

« 11 en choisit soixante-dix mille pour porter les fardeaux, quatrevingt mille pour tailler les pierres dans les montagnes, et trois mille six cents pour diriger les travaux (1). »

Hiram dirigea toute cette œuvre.

Nous verrons plus tard ce que la tradition maçonnique emprunte à ces deux chapitres de la Bible, consacrés à la construction et à la description du temple.

Aloi's , dit Scaliger, sc forma une société , qui se chargea d'entre-

(4) Les P<irâ(ipoméne^, chapitre u.

LOUIS XV

tenir le temple et d'ea orner les portiques, cl dont les membi'es prirent le nom de clievalien du temple de Jérusalem.

Du sein de cette société des chevaliers du temple de Jérusalem sort la secte des cssenciers, à laquelle, dit Eusèbc, Jésus fut initié, et qui est la mère du christianisme (1).

Les essenciers avaient des mystères et une initiation. Les aspirants y étaient soumis à un long temps d’épreuve. Après leur réception, ils portaient le tablier blanc. Lorsqu'ils écoutaient les instructions de leurs chefs, ils tenaient la main droite sur la poitrine, un peu audessous du menton, et la gauche plus lias, le long du côté, ("est la pose de Vénus en pleurs, après la mort d' Adonis, de Vénus dont les mystères tout phéniciens étaient célébrés à Tyr, d’où était venu Hiram.

Trois mille ans après, c’est encore, dans certaines circonstances, la pose des francs-maçons modernes.

Ijcs ouvriers du temple apparaissent à Rome sous Numa. Sept cent quatorze ans avant notre ère; il s’établit à Rome des cavllégos d’architectes, collegia [abrorum. Les organisateurs furent dcsGiecs que Nunia ht venir de l’Attique. Ces sociétés portent aussi le nom de fraternilates. .

Ces sociétés, ces fraternités, ces collèges d’architectes avaient des franchises particulières, une juridiction et des juges distincts; ils jouissaient de l’immunité des contributions, immunité qui leur fut continuée à travers l'empire et dans le moyen âge, et d’où ils prirent leurs noms de maçons libres et de francs-maçons.

La plus fameuse communauté de maçons libres était celle de la ville deCôrae,que l’on nommait magistri Comacini, c’est-à-dire maîtres de Côme.

Ce sont ces communautés qui couvrent l’Ralie d’édifices religieux, tandis que quelques-unes d’entre elles se constituent en une gi ande association, passent les Alpes d’un cété, les Apennins de l’autre, et se répandent dans tous les pays où le catholicisme manque d'églises et de monastères; alors ces communautés de maçons libres ne se

(1} Voir Phiion, Pline el Joaephe.

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