‹ La regence et Louis 15Chapitre 81 sur 88 · LOUIS IT · texte numérisé non relu

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tomposent plus seulement d'Italiens, mais de Grecs, d'Espagnols, de Français, de Portugais, de Belges, d'Anglais et d'Allemands.

Vers la lin du quinziéme siècle, des personnes admises dans ces sociétés industrielles et artistiques, en qualité de membres d'honneur et de patrons, commencèrent à former des sociétés particulières, qui abandonnent le côté matériel et commencent à fonder le côté mystique, En 1512, Florence nous offre l'exemple d'une de ces sociétis de savants et de peisonnages politiques. Scs symboles sont la truelle, le marteau et l'équerre; son |iatron est celui des maçons d’Ecosse, saint André.

En attendant^ les sociétés artistiques accomplissent leur grande oeuvre : ce sont elles qui sèment par l’Europe ces gigantesques eflloresccnces de granit qui font encore aujourd'hui l'admiration du poète et le désespoir des architectes. Au treizième et au quatorzième siècle, elles élèvent les cathédrales de Cologne et de Munster; en 1440, celle de Valenciennes; en 1383, le couvent de Balattra en Portugal, le monastère du mont Cassin en Italie. Ainsi à Wurtzbourg, devant la porte de la chambre des morts, deux colonnes s’élèvent, portant l'une sur son chapiteau le mot Jacliin, et l'autia sur son fnt le mot Booz qui appartiennent tous deux au répcrtoiia maçonnù^uc. Ainsi, entin. In tigure du Christ qui occupe le faite du portail de droite de l’église Saint-Denis a la main gauche en équerre sur la |>oitrinc , à la hauteur du menton , position familière encore à nos francs-maçons actuels.

Les renseignements les plus exacts que nous possédions sur les sociétés maçonniques de cette époque sont ceux qui nous sont conservés par l'abbé Grandidier. Ces renseignements, il les a puisés dans un vieux registre de la compagnie des maçons de Strasbourg, qui ont bâti la cathédrale. L’œuvre merveilleuse a été commencée en 1277, sous la direction d'Hervin, deSIcinbach, et a été achevée en 1439 seulement. I.es maçons qui élevaient le monument étaient divisés en trois catégories : maîtres, maçons et apprentis. Us s'assemblaient dans une /nitte-mauria ;■ ils prenaient pour emblèmes les outils de leur profession : l'éipierre, le compas, le niveau. Us se reconnaissaient ù des signes particuliers; ils admettaient comme des associés

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libres des personnes qui n’exerçaient pas la profession de maçons; enfin ce signe bien connu servait de marque à Jean Gziensinger, éditeur à Slraslwurg en 1525.

A Straslwurg comme partout, ces corporations avaient un clief qui gouvernait la troupe, et sur dix hommes, un maître qui dirigeait les neuf autres.

Mais c'est en Angleterre surtout que les mystères maçonniipies légués (tar les Romains, un instant non pas perdus, mais elTrayés pour ainsi dire par les guerres des Pietés, des Scots et des Saxons, reparaissent dés que ces derniers sont les paisibles dominateurs de l'ile. Aussitôt aux débris des traditions nationales ils adjoignent les puissances extérieures : ils ap;iellcnt en Anglcteri'c les architectes de France, d’Italie, d’Esiiagne, de Constantinople, qui se retirent, il est vrai, devant les invasions des Danois, mais dont le contact a suffi pour raviver tous les vieux instincts maçonniques, auxquels Althestan, petit-fils d’Alfred le Grand, donne une nouvelle vie en faisant bâtir plusieuis églises et plusieurs palais. En outre, dans une assemblée générale de la confraternité qui se tient à York au mois de juin 926, et que préside Cowen, le plus jeune des fils du roi, un code de lois à l’usage des maçons d’Angleterre est colligé, déliattu, arrêté.

Bientôt l’agrégation aux sociétés maçonniques devient une mode; des princes, des rois se font recevoir et s’honorent du titre de grandsinaili'es. C’est alors que l’ordre du Temple apparaît et avec son esprit d’ambition, comprend ce que l’on peut faire de ce réseau d’associations qui couvre le monde. Il s’empare des loges maçonniques en Allemagne, en France, en Italie, voile ses projets politiques sous la philantropie de ses travaux ; jette des ponts, bâtit des hospices, trace des chemins ([ui portent encore leurs noms, entretient les trois routes romaines en Espagne, élève avec la rapidité de la féerie ces mille églises à clochers de pierre que la tradition populaire leur attribue encore aujourd’hui, et <|ui dressent leur arête de granit en France, en Espagne et en Italie; en Italie surtout, où elles s’appellent encore églises delta tnassone ou délia maccione, c’est-à-dire de la Maçounerie.

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