‹ La régence et Louis QuinzeChapitre 41 sur 72 · I.OLIS XV · texte numérisé non relu

I.OLIS XV

ClIAPlTRi: XVII

peine rAngielerrc vit-elle la guerre engagée dans le Canada et dans l'Inde, qu'elle; songea à nous susciter une guerre européenne. Un traité existait entre elle et la Russie , au cas où la France envahirait le Hanovre, cette possession chérie de Georges H. Un corps de 50,000 moscovites devait être prêt à agir pour le service de l'Angleterre ; en échange de cette dépense d'hommes, l'Angleterre, comme toujours, faisait une dépense d'argent et payait 100,000 livres sterlings et d'avance, à l'impératrice de Russie. L'habileté de M. le marquis de l'Hôpital, notre ambassadeur extraordinaire à la cour de Russie , annula le traité.

L'Angleterre, trompée dans ses espérances de ce côté, se tourna vers la Prusse. Un traité fut signé entre les deux puissances le IG janvier 1756, et M. le marquis de Valory, ambassadeur à Berlin, donna bientôt avis au roi, que Frédéric allait marcher sur la Saxe comme auxiliaire du cabinet de Londres.

Une réunion où quatre grandes puissances devaient avoir leur représentant, venait justement d'être décidée à Vienne. Ces représentants étaient : le maréchal d'Estrées, pour la France; le comte d'Apraxiu, pour la Russie; le comte Daun, pour l'Autriche, et le comte de Rosen, pour la Suède. Le but de cette réunion était un plan de campagne commun contre le roi de Prusse ; si son insatiable ambition et sa soif éternelle de conquêtes , au mépris du traité de Westphalie, troublait encore la paix de l'Allemagne, les quatre puissances se réunissaient contre lui, l'écrasaient sous un effort commun et réduisaient la Prusse aux vieilles proportions de l'électorat de Brandebourg. ^Lais pendant qu'on délibère Frédéric prend son parti, il a 80,000 hommes sous les armes, tandis que

h coalition n'a pas une seule armée en ligne; GO, 000 lionimesconduits par le prince Ferdinand de Brunswick niarclient sur Leipsick.

L'électeur de Saxe, Frédéric-Auguste II, jette à la fois un cri de surprise et de détresse. Il se plaint à la diète et à l'empereur. Il demande ce que signifie cette effroyable violation du droit germanique, et dans quel dessein la Prusse s'empare de la Saxe sans déclaration de guerre. Mais Frédéric répond avec cette bonhomie qu'on lui connaît, que s'il envahit la Saxe, c'est de peur que l'empereur d'Autriche ne le devance. Il connaît les projets des quatre puissances, c'est contre lui que leurs plénipotentiaires sont assemblés à Vienne. Les États dont il vient de s'emparer c'est un dépôt qui lui répond de l'intégralité delà Prusse. En attendant, il entoure l'armée saxonne, la fait prisonnière, la dépouille de ses équipements, de SCS magasins, de ses armes, afin qu'ils ne tombent pas aux mains de l'ennemi qui pourrait s'en servir contre lui. Il les rendra à la fin de la campagne, si, comme il l'espère, les coalisés sont aimables pour lui. En attendant, il occupe Dresde et Leipsick. Peut être les choses se passeront-elles de manière à ce qu'il puisse les garder. La Prusse, ce grand serpent dont la queue touche à Thionville et la tète à Mémel, a toujours eu grande envie d'avaler la Saxe.

Il n'y avait plus à reculer pour la France, les engagements avec la Saxe et avec l'empire étaient positifs. On leva une armée de cent mille hommes; on prévint les Provinces-Unies, pour conserver leur neutralité, que les frontières de la Hollande s'étaient scrupuleusement respectées ; on la divisa en trois corps , on donna le commandement de l'un à Charles de Rohan, prince de Soubise, le commandement de l'autre à Victor-François , comte de Broglie , fils du vieux maréchal; enfin, celui du troisième à Yves-François Desmarets, comte de Maillebois. Ce n'était point ce qu'il eût fallu pour lutter avec un homme de la taille de Frédéric, mais le maréchal de Saxe était mort, mais le maréchal de Lowendahl était mort, mais M. de Belle-Isle était vieux et ami du grand Frédéric , mais M. de Piichelieu, qui venait de prendre Mahon, avait prisMahon comme il prenait tout, d'un coup de main ; il avait le courage qui exécute une charge brillante, et non le froid génie qui dessine un plan de campagne.C'était un colonel de mousquetaires et non un général d'armée. On fut obligé de se contenter de ce que l'on avait.

De son côté, l'armée autrichienne avec laquelle nous allions

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combiner nos moiivcmenls, cl l'arniéc russe qui se nieiiail en canipngne pour entrer en ligne avec nous, n'oUVaienl i)()inl de capacités supérieures auxquelles on pùl aveuglément abandonner la ronduilede la campagne. Le prince Eugène avait disparu, et le leld-maréchal Braun, soldat de l'orlune, avait remplacé Ticolomini. L'école allemande succédait donc à l'école savoyarde et italienne.

Les Russes s'avançaient avec quatre-vingt mille hommes, commandés par le reld-niaréchal comte Apraxin, qui avait liiit, sons le maréchal Munich, le même que nous avons vu poursuivre le siège de Dantzick, ses pi-emières campagnes contre les Turcs. L'armée russe, formée par Pierre i'% était à cette époque ce qu'elle est encore aujourd'hui, une immense machine impassible, sur laquelle un machiniste habile peut toujours compter, qui n'avance et ne recule qu'à l'ordre de ses chefs, qu'on peut détruire, mais qu'il est impossible de vaincre. Ce n'est pas le tout que de tuer un Russe, disait Napoléon, il faut encore le pousser pour qu'il tombe.

La Saxe avait de son côté, trente-cinq mille hommes, mais ces trente-cinq mille hommes avaient été, dès le début de la campagne, entourés, morcelés, désarmés. L'avant-garde de la coalition avait donc disparu, laissant à Frédéric le cours de l'Elbe sur lequel il pouvait opérer à sa guise, et les admirables positions stratégiques de Pyrna, de Dresde et de Leipsick.

De son côté, la Suède venait de publier un manifeste dans lequel elle annonçait qu'en qualité de garant du traité de Westphalie, elle ne pouvait s'empêcher de faire entrer ses troupes dans les domaines du roi de Prusse et dans la division du duché de Poméranie, pour venger les constitutions de l'empire violées, et pour forcer ce prince à donner les satisfactions demandées. En conséquence, grâce à deux millions de subsides envoyés au roi de Suède, celuici avait mis sur pied trente mille hommes destinés à opérer en Poméranie ; vieilles et excellentes troupes, chez lesquelles les traditions de Gustave-Adolphe et de Charles Xll étaient encore vivantes.

Ainsi, contre lui et ses quatre-vingt mille hommes, Frédéric voyait s'avancer cent quatre-vingt mille Français, divisés en trois armées : armée de Hanovre, marchant droit aux possessions anglaises sur le continent , armée de Westphalie, menaçant la Prusse sur son flanc ; et armée de Silésie devant agir de concert avec les Autrichiens contre la Silésie et la Saxe. Quatre-vingt mille Russes

d'élite qui dcvaienl rallaquer an nord cl en flanc; c(miL ([uarante mille Aulricliiens; cl Irenle mille Suédois. C'csl-à-dire quatre cent trente mille hommes.

H est vrai que Frédéric avait pour allié ce terrible duc de Cumberland, qui, après avoir perdu la bataille de l'onlenoy, était allé, comme Antée, reprendre dos forces en touchant la terre natale; là, nous l'avons vu briser comme verre la fortune de Stuart,puis, le prétendant parti, il avait écrasé l'Ecosse, et cela d'une si dure iaçon, qu'il repassait sur le Continent avec le surnom de Boucher.

Son armée se composait d'IIanovriens et llessois, quinze ou vingt mille hommes tout au plus.

Comme on le voit, ni Naples, ni l'Espagne n'étaient mêlées à la question; Naples etTEspagne, n'avaient rien à faire dans cette querelle toute maritime entre la France et l'Angleterre ; mais, à part ces deux puissances, la moitié du monde était en feu, puisqu'on se battait déjà sur le Saint-Laurent, dans le golfe du Mexique, à Madagascar, dans l'Inde et au Sénégal, et qu'on allait se battre sur l'Ebre, sur le Rhin et sur la Meuse.

Le 6 avril 1757, les hostilités commencent, le prince de Soubise envoie un détachement de troupes autrichiennes s'emparer de Glèves; Le 8, un autre s'empare de Vesel; en huit jours tout l'État

de Clèves et de Gueldres, à l'exception de la ville de Gueldres, est occupé. Gueldres, bloquée, se rend quelques jours plus tard sans coup-férir, et le 23 août, les troupes prussiennes qui défen-

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claieiU le duché, forcées de se retirer d'abord à IJpstadt, sont contraintes de l'abandonner encore, et vont joindre à Bilefeld les troupes hanovriennes et hessoises commandées parle duc deCumberland. Sur ces enlrefailes, le maréchal d'Estrées arrive ii Vesel et prend le commaudcmoni de Tarinée.

Les premières opérations du maréchal se tournent vers le duc de Cumberland , campé à Bilefeld : par ses marches et ses contremarches il rinquiète de Aiçon qu'il craint d'être enfermé, repasse le Yesel pour défendre l'éleclorat de Hanovre, et est forcé d'accepter la bataille d'IIastembeck qui le force d'abandonner au\ Français la ville, l'électoral de Hanovre, et les États de Brunswick.

Le 28 juillet, le maréchal d'Estrées prend la ville deHamelen. où il trouve soixante-trois pièces de canon, et où il est rejoint par Tarméc de Westplialie, conduite par le duc de Richelieu, lequel, comme étant le plus vieux maréchal, i)rend le commandement des deux corps. Le maréchal a trouvé l'armée du duc de Cumberland en pleine retraite, il laisse reposer un instant ses troupes, puis se met à la poursuite du général anglais, le pousse dans le duché de Verden, entre à Verden le 28 août, mène les Hanovriens et les ïlessois toujours fuyant devant lui, s'empare de Bremen, (oblige l'ennemi de se retirer auprès de Stade et l'accule à la mer. Là, quand le duc de Richelieu peut tout noyer, prince anglais, troupes hanovriennes, soldats hessois, quand vingt-cinq mille hommes peuvent disparaître dans l'Océan, il signe le 10 septembre la convention de Closter-Seven, par laquelle, sous la garantie de Sa Majesté danoise , le prince anglais s'engage à renvoyer ses troupes auxiliaires, à passer l'Elbe avec la partie de son armée qu'il ne pourra placer dans la ville de Stade et aux environs, à ne permettre à la garnison de cette ville de faire aucun acte d'hostilité, et à laisser enfin jusqu'à la paix, les troupes françaises en possession de Bremen et de Werden.

Sur de pareils actes, l'histoire hésite à porter un jugement, mais le peuple qui n'hésite pas, lui, appelle le pavillon que fait bâtir M. de Richelieu au coin du boulevard et de la rue deChoiseul, et dans lequel il dépense deux millions, le pavillon de Hanovre.

Mais tel qu'il était enfin, et en supposant son exécution, ce traité nous rendait maîtres absolus de tous les états du roi d'Angleterre en Allemagne, ainsi que de ceux de ses alliés, et nous donnait la facilité de conduire de nouveaux secours à l'impératrice et à l'élec-

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leur de Saxo, nous ouvrant en même temps un chemin pour porter la guerre dans le duché de Magdebourg.

Aussi, la position de Frédéric était grave, car après avoir gagné lu bataille de Prague le G mai, il avait perdu le 18 juin celle de Chosemiles, qui l'avait forcé de lever le 20 le siège de Prague. Aussitôt, le prince Charles de Lorraine, saisissant l'occasion, avait tait une sortie sur l'arrière-garde prussienne et lui avait tué deux mille hommes. Tout le long de sa roule, Frédéric avait été en outre harcelé par les houzards autrichiens, meute toujours prête à Tondre sur l'ennemi qui recule. Enfin, le i)rince Charles et le maréchal Daun réunis, l'avaient forcé an bout de deux mois d'évacuer la Bohême , tandis que l'armée russe , après avoir pris le 5 juillet la ville de Memel , entrait dans la Prusse ducale, que l'armée du prince de Soubise marchait sur la Saxe et que les Suédois se préparaient à attaquer la Poméranie. La défaite du duc de Cumborland était donc le dernier coup porté aux espérances de Frédéric; aussi comme Annibal à Zama, comme Caton à Ulique, comme Brutus à Philippes, l'idée qui se dresse devant lui est-elle celle du suicic!c.

Ce projet ne fut pas de longue durée et ce qui surtout détermina Frédéric à vivre, ce sont les mauvaises manœuvres que fit M. de Soubise,

Frédéric, par les manœuvres des armées combinées, formait le point central d'un grand cercle qui allait toujours se rétrécissant comme dans ces battues de l'Inde oii le roi des animaux se Irouve de plus en plus resserré, et dans un moment donné n'a plus d'autre ressource que de chercher un passage à l'endroit le moins bien garni d'éléphants el de chasseurs. Frédéric regarde autour de lui, calcule que le point fermé par le prince de Soubise et les auxiliaires français sous ses ordres est le plus facile, qu'il y a là des soldats de toutes les provinces de l'Allemagne, wurtembergeois , bavarois, badois, que les soldats français se défient de leurs alliés, que les alliés détestent les Français , que le prince de Soubise el le prince de Saxe Hildeburgausen se jalousent l'un l'autre; qu'il y a là soixante mille hommes, mais divers, qu'il en a trente-cinq mille, mais unis el fermes ; c'est à travers les Français, les Wurtembergeois , les Badois el les Bavarois que Frédéric fera sa trouée , c'est sur le corps du prince Soubise el du prince de Saxe Hildeburghausen qu'il passera ; la bataille qu'il livrera s'appellera la

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balaillo de Roshack cl comme Malplaquct, Uamillics, llochslcdl

complora au nombre de nos grandes défaites.

Les dcu\ derniers princes étaient nés sous de tristes auspices, le duc de Berry qui devait être Louis XYl, avait vu le jour au milieu des querelles du parlement el des ém.eules populaires qui, ([uarante ans plus lard, devaient se changer en révolution. Le comte d'Artois, qui devait être Charles X, était né la veille d'une delaite.

Le prince de Soubise s'était personnellement conduit en brave soldat, il avait l'ail les lautes d'un mauvais général; resté le dernier sur le chan*i) de bataille, il avait chargé trois fois l'épée au poing, enfin, n'ayant plus autour de lui que deux régiments suisses formés en carré, il avait essayé, mais inutilement, de soutenir une retraite que la fuite des Allemands changea bientôt en déroute complète.

Comme il nous est impossible de suivre dans tous ses détails el la guerre continentale et la guerre maritime, nous allons donner les dates et les résultats des principaux combats livrés sur terre et sur mer et qui forment les épisodes de cette lutte que termina le traité signé à Paris entre le roi de France, le roi d'Espagne et le roi d'Angleterre, le 10 février 176o,et qui fut suivi du traité signé entre l'impératrice cl le roi de Prusse à lïumberbourg en Saxe, le 15 février de la même année.

Guerre continentale et guerre de sept ans.

1757, Bataille de Lissa ou de Lenshen où Frédéric bat les confédérés du double plus forts que lui ; leur tue ou blesse trente mille hommes , et à la suite de laquelle il prend Breslaw et dixhuit mille hommes de garnison que la ville renferme.

1758. Combat de Forndorf, où Frédéric perd dix mille hommes, mais en blesse ou tue vingt-deux mille aux Russes.

1758. La bataille de Rotkisch, où Daun, à son tour, bat Frédéric, lui tue dix mille hommes el lui prend cent canons.

1759. La bataille de Kunsersdorff, où les Prussiens commencent par prendre cent canons et finissent par perdre toute leur artillerie. Chacun des adversaires y perdit vingt mille hommes et se vanta de l'avoir gagnée.

1759. La bataille de Manen, où Daun fait mettre bas les armes à dix-huit mille Prussiens.

1760. La bataille de Lignitz, clicf-d'œuvrc de tactique et de stratégie militaire , où Frédéiic entouré par quatre armées qui vont l'attaquer à la fois, se jette sur l'une d'elles, la détruit et se dégage.

17G0. La bataille de Torgau, la dernière où Frédéric commande en personne, Daun y perd vingt mille hommes.

17G2. La bataille de Freybcrg, gagnée par le prince Henri de Prusse et qui termina la campagne de 17G2.

Guerre maritime.

Le 11 mars 175G, M. Duchaffau, avec VJtalantedaMi canons, s'empare de ïVaricich , vaisseau anglais de Qli. Le commandant

d'Aubigny reste spectateur du combat avec un vaisseau de 5G canons , ne voulant rien enlever à la gloire de M. DuchalTau. Le 27 mars 1756,les Français prennent le fort de Bull, oùles Anglais ont rassemblé des approvisionnements considérables. Le 13 avril 175G, une escadre française commandée par M. de Beaussier part pour le Canada , elle y porte M. de Montcalm qui va prendre le commandement des troupes. Le 17 avril 1756, V Aquilon de /lO canons et la Fidèle de 24, mettent hors de combat, à la hauteur de Rochefort, un vaisseau anglais de cinquante-six et une frégate de trente. Le 20 juin 1756, les indigènes se soulèvent contre les Anglais et les chassent du fort Guillaume à Colicotta, et de tous les établissements qu'ils possèdent sur la côte du Bengale; la perte de

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rAngletciTC est évaluée èi cinquante millions. J.e 1:2 juillet 1750, prise du vaisseau IVançais VArc-cn-Ciel, à hauteur de Louisbourg, par une escadre anglaise. Le \h août 1756, IM.de Monlcalm s'empare des forts Oswégo, Ontario et Georges; la perte des Anglais est de seize cents prisonniers, sept vaisseau.v de guerre, deux de transport, cent cinquante pièces de canon, un parc immense de munitions de guerre et de vivres; cet heureux résultat est du surtout au courage de M. Rigaut de Vaudreuil, qui, en traversant à la nage le Chouagan avec ses Canadiens , a coupé la communication des forts Georges et Oswégo. M. de Montcalm dans toute cette expédition ne perd que six hommes. Deux jours après, M. de Villiers, frère de M. de Jumonville, dont l'assassinat a ouvert la porte à cette sanglante guerre, lue aux Anglais quatre cents hommes, et leur fait quatre-vingts prisonniers.

Le 19 janvier 1757, l'amiral Bing qui a été envoyé pour secourir Minorque, et qui, ainsi que nous l'avons vu, échoue dans sa mission, est mis en jugement, condamne a mort et exécuté. Le 11 février 1757, M. de Kersaint ruine plusieurs établissements anglais sur la côte d'Afrique. Le 21 mai 1757, M. de Yaudreuil brûle les magasins anglais sur le lac du Saint-Sacrement, et détruit quatre brigantins de dix canons, deux galères et trois cent cinquante bâtiments de transport. Le 10 mai 1757, arrivé au Canada M. Dubois de La Motte, avec cinq cents hommes de troupe, ravitaille Québec et Louisbourg. Le 9 août 1757, M. de Montcalm prend le fort de Yilliam-Henry, qui avait deux mille cinq cents hommes de garnison. Le 21 octobre 1757, M. de Kersaint défait à Saint-Domingue, cinq vaisseaux et quarante corsaires anglais, et convoie en France une flotte marchande que ceux-ci voulaient prendre.

Le 11 février 1757, M. Duquesne, chef de l'escadre, tombe au milieu de la flotte anglaise qui se compose de seize vaisseaux et de cinq frégates; il est fait prisonnier. Du 1" mai au h juin 1758, M. de Lally, lieutenant général dans l'Inde, s'empare des forts de Gondelour, de Saint-David et de Divicotay. Le 5 juillet 1758, M. de Montcalm, retranché avec six mille Français à Ticodéronga, défait vingt-huit mille Anglais, leur tue quatre mille hommes, et le général Ho'»ve.

Le 1" septembre 1758, descente des Anglais sur les côtes de Bretagne. ^1. d'Aiguillon les force à se rembarquer, et leur prend sept cents hommes.

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