‹ La régence et Louis QuinzeChapitre 50 sur 72 · I.OL'IS XV · texte numérisé non relu

I.OL'IS XV

la (lucliosso do Hoiirgogno à Louis XIV; aussi lo srnnd-papa idolàtrail-il sa polilc-fillc qui vouait ou dôshabillô, ol, lo jualiu ou \v soir, saus nui respect pour réti(|uelte, lui donner son Iront àl)aiscr; aussi lui passait-il bien des choses, et dans ces choses bien dos folies.

C'était surtout les jardins de Trianon qui étaient lo théàlro de ces folles parties. Les jeunes princes^ et les jeunes princesses y faisaient des courses à ânes, à Tinstar des courses de chevaux que rangiomane duc de Chartres venait d'importer de Londres à Paris. Dans une de ces courses, Marie-Antoinette tomba, on voulut i'aider à se relever.

— Non pas, dit-elle, courez clK'rcIier Madame l'Étiquette, elle vous indiquera le cérémonial en usage pour relever une dauphine qui tombe à bas de son ane.

Le mot était d'autant plus joli, que madame la dauphine était -tombée de la façon la plus indiscrète du monde ; mais elle était assez jolie et surtout assez bien faite pour n'être que médiocrement affligée de l'accident ; aussi, comme le comte d'Artois, en l'absence de son frère, lui faisait des compliments que le dauphin ne lui eût certes pas faits.

— Ah! dam! dit Marie-Antoinette, quand on monte à âne, il faut être en état d'en tomber.

Marie-Antoinette était coquette, et la toilette tenait une grande place dans sa journée ; Marie-Antoinette avait de magnifiques cheveux, et elle poussa aux dernières limites l'art de la coiffure.

La cour fut un peu distraite de cette attention accordée à la dauphine, par le mariage de M. le duc d'Orléans avec madame de Montesson.

Louis XV reconnut le mariage , mais refusa toujours le titre d'altesse à madame de Montesson.

Pendant ce temps la lutte continuait entre M. de Choiseul et M. le duc d'Aiguillon.

Disons un mot d'Armand Vignerod-Duplessîs, duc d'Aiguillon , qui joua un si grand rôle pondant les dernières années de Louis XV, et dont le fils joua un si triste rôle pendant les premières années de la révolution. Le duc d'Aiguillon était né en 1720. 11 était venu jeune à la cour, où il avait été présenté sous le nom de duc d'Agénois. C'est ce même duc d'Agénois, dont était amoureuse madame de Chàteauroux, laquelle s'évanouit, malgré la présence de

352 i.OLis \v

Louis XV, en appi'onanl sa blessure h ralla([ue de Cliàleau-l)aupliin, où le roi l'avall envoyé pour l'éloigner de sa lavorile. On se le rappelle, madame de Chàleauroux, tout au contraire de madame de Pompadour, élail anti-autrichienne. Le duc d'Aiguillon j)arlagcait ses principes, qui étaient aussi ceux de son oncle, le duc de liiclielieu, de sorte ((u'il se trouva naturellement du parti de M. le dauphin , et antagoniste de M. de Choiseul et des parlements.

Lorsque le parlement de Bretagne commença à se rebeller contre le roi en résistant à quelques édits bursaux, le duc d'Aiguillon, commandant militaire delà province, y déploya une vigueur et une sévérité qui lui aliéna l'esprit naturellement indépendant des Bretons, qui devinrent injustes à son égard : quand en 1758 les Anglais firent une descente sur les côtes de Bretagne, le duc d'Aiguillon les battit à Saint-Cast et les força de se rembarquer; mais les Bretons prétendirent que le duc d'Aiguillon n'avait pas pris à la victoire toute la part qu'il pouvait personnellement y prendre , et l'accusèrent d'être resté dans un moulin pendant le combat.

— M. d'Aiguillon s'est couvert de gloire au combat de Saint- Cast, disait-on devant M. de la Chalotais.

— Vous voulez dire de farine, répondit le procureur général du parlement de Bretagne.

Le mot était dur, il resta dans la gorge du duc d'Aiguillon , qui redoubla de sévérité.

Alors les Bretons s'acharnèrent contre lui, et, de leur côté, l'accusèrent d'exaction et d'infidélité, sollicitant sa disgrâce, et venant ainsi en aide à ]\L de Choiseul, qui instinctivement sentait le besoin d'écraser le duc d'Aiguillon et faisait de son mieux pour arriver à ce but. Forcé de lutter à la fois contre le premier ministre et contre le parlement , le duc d'Aiguillon usa de tous ses moyens, et accusa à son tour Lachalotais d'un complot tendant au renversement de la monarchie ; Lachalotais fut emprisonné et devint du coup l'idole du parlement. Le tumulte redoubla en Bretagne ; le duc d'Aiguillon établit un simulacre de parlement, qui fut insulté; enfin, le gouvernement, lassé, remplaça en Bretagne le duc d'Aiguillon par le duc de Duras ; le remplacement, qui était un échec pour le duc , donna de nouvelles forces aux parlements, qui renouvelèrent leurs plaintes contre d'Aiguillon. Le procès de concussion fut évoqué au parlement de Paris, qui se déclara contre l'accusé et menaça de frapper judiciairement. Ce fut alors que le

Page 1