‹ La régence et Louis QuinzeChapitre 66 sur 72 · PRÊTRES QUI LES TROMPENT ET DES PRINCES QUI LES OPPRIMENT. U HC · texte numérisé non relu

PRÊTRES QUI LES TROMPENT ET DES PRINCES QUI LES OPPRIMENT. U HC

voit, dans l'heureux accord entre l'empire et le sacerdoce, qu'une ligue contre la vertu et le genre humain. 11 apprend aux nations que les rois n'ont et ne peuvent avoir sur elles d'autre volonté que celle qu'il leur a plu de leur confier; qu'elles sont en droit de la

BALANCER, MODÉRER, RESTRELNDRE , DE LEUR EN DEMANDER COMPTE, ET MÊME DE LES EN DÉPOUILLER, si CllCS IC jUgCUt COnVCUableS à

leurs intérêts.

» 11 les invite à user avec courage de ce droit, il leur annonce qu'il n'y aura de véritable bonheur pour elles que lorsqu'elles auront forcé les souverains à n'être que les représentants du peuple

et les EXÉCUTEURS DE SA VOLONTÉ. »

Aussi Louis XV alarmé répondit-il :

« J'applaudis aux instances du clergé : je regarde l'impiété » comme un fléau d'autant plus dangereux, qu'elle sait éluder les » soins qu'on prend pour en arrêter le cours. Mon amour pour la » religion et son rapport avec le bien de mon État doivent répon- » dre à l'assemblée de ma vigilance. Les ordres nouveaux que je » vais donner seront une preuve de l'attention particulière que » j'aurai toujours à ses représentations. »

De son côté le Parlement agit : le 18 août 1770 , il condamne au feu : le Christianisme dévoilé. Dieu et les Hommes , le Système de la Nature , la Contagion sacrée ^ l'Enfer détruit. de, etc.

Enfin, en 1772, les évêques et les prélats renouvellent leurs remontrances :

« L'impiété, disent-ils, abuse cette fois trop audacieusement de l'art d'écrire pour rompre les liens du christianisme et de la dépendance. Les livres sont devenus une peste générale qui désole la nation. De là l'efTervescence des esprits et cette aflligeaiite révolution qui s'achève tous les jours sous nos yeux dans les mœurs publiques. Nous ne pouvons nous dispenser. Sire, de représenter à Votre Majesté que, dans plusieurs provinces, les protestants tiennent des assemblées pour l'exercice de la religion ; elles ne sont plus voilées du secret et de l'obscurité dont elles cherchaient

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auparnvanl à so couvrir pour ôcliappor aux niagislrals. Nous n'insislorous pas, Sire, sur les dangers de ces associations. »

Au nonil)rc de ces sociétés dont parlent les évoques, il en est une dont, de son côté. Voltaire a dit deux mots :

C'est celle des Francs-Maçons, laquelle a produit les Tenipliers au douzième siècle et les illuminés au dix-huitième.

FRAIVCS-MAÇOXS , CHEVALIERS DU TEMPLE, ILLUMLXLS.

Toute Société mystérieuse fondée dans un but politique ou rcligieuxa, selon la progression des grades qu'occupent ses membres, des voyants et des aveugles :

Les aveugles , qui se contentent du but apparent ;

Les voyants, qui approfondissent le but caché.

Il en est de même de la Société des Francs-Maçons , qui , pour les Écossais , remonte au treizième siècle ; pour les Allemands , au quinzième ; pour les Français , au dix-huitième , et qui , pour les hommes de tous les pays qui veulent étudier sa marche îi travers les siècles, se perd dans la sombre nuit des premiers temps.

Les loges maçonniques commencèrent à éveiller l'inquiétude des gouvernements vers le milieu du dernier siècle.

Ce sont les États de Hollande qui, les premiers, se préoccupent de cette Société mystérieuse, qui vient on ne sait de quel pays, qui marche vers on ne sait quel but , qui a un secret qu'elle ne révèle qu'aux forts , après que ces forts ont subi de terribles épreuves.

Le IG octobre 1735, des Maçons venus d'Angleterre s'assemblent cà Amsterdam dans une maison du Stil-Steig, qu'ils ont louée pour y tenir loge, quand une foule fanatique, excitée par le clergé, envahit le lieu des séances, brise les meubles, et se livre aux actes de la plus brutale violence sur les membres de la Société qui n'ont point quitté la loge.

Les Francs-Maçons portent plainte; mais, bien qu'il soit fait droit à leur demande, les états généraux déclarent, le 30 du même mois et de la même année 1735, que, quoique la conduite des

membres de cette Société ne présente rien de dangereux pour la tranquillité publique, les assemblées n'en sont pas moins interdites pour prévenir les mauvaises conséquences qui pourraient en résullcr.

Le 10 septembre 17,')7, la France suit Texcmple de la IToIîande. Vn commissaire de police, nommé Jean de l'Espinay, apprend qu'une assemblée de frcys-Mcisons doit se tenir à renseigne de Saint-r>onnel, à la Râpée; il s'y transporte, déclare à ceux qu'il y trouve que de telles assemblées sont probibécs parles dispositions générales des ordonnances du royaume et par les arrêts des parlements. Et les Frcijs-}Jasons se retirent malgré les protestations du duc d'Antin, qui survient pendant la harangue de Jean de l'Espinay, et qui le rudoie vertement.

Un an après, c'est le lieutenant de police Hérault lui-même qui procède contre les délinquants. 11 se rend, de sa personne, le 27 décembre 1738, à l'hôtel de Soissons, rue des Deux-Écus, arrête plusieurs frères, et les fait enfermer au fort Lévêque.

Le 5 juin Vlhh, une sentence duChàtclet fait défense aux Francs- Maçons de se former en loges, et aux propriétaires de maisons ou cabaretiers de les recevoir sous peine de payer o,000 fr. d'amande.

De son côté, en 1738, Clément XII lance contre les Francs- Maçons la fameuse bulle d'excommunication renouvelée par Clément XIV,

C'est Jean-Gaston, dernier grand duc de la maison de Médicis, qui prend, en 1737, ombrage des réunions maçonniques qui commencent à s'organiser en Toscane, et qui les dénonce à Clément XII comme propageant des doctrines condamnables.

Le 18 février 1739, un écrit apologétique de la franc-maçonnerie, publié à Dublin, est brûlé à Rome par la main du bourreau.

Enfin, en 17/i8, le conseil de Rerne les supprime par toute la Suisse.

Quelles causes réelles avaient motivé cette proscription en France, en Hollande, en Italie et en Suisse. C'est ce que nous allons essayer de raconter.

Nous ne sommes point Franc-Maçon ; par conséquent nul ne pourra nous reprocher de trahir les secrets.

De la secte, ce que nous en savons, c'est donc purement et simplement ce que nos propres études nous ont appris.

C'est toujours à l'Egypte qu'il faut que notre société moderne

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rcmonlc pour chercher la source de loule science. La mystérieuse Égyple, lille de l'Inde cl mère de la (irècc, est le berceau de la civilisation répandue sur l'hémisphère occidental , cl qui a descendu le Wil avec Éléphantine, Thèbes et Memi)liis, puis, s'échevelant avec les canaux du Delta, s'est répandue fécondante sur lo monde de Sardanapalc , de Nabonassar, d'Alexandre , d'Anuibal et de Jules César.

Chez les Égyptiens , chaque science était soumise à un noviciat ou à des épj-euves, alin que l'iniliateur ou le maître fût bien assuré de la vocation de l'adepte ou de l'élève.

Il en fut de l'architecture, et surtout de l'architecture sacrée, comme des autres branches de l'éducation : les jeunes gens qui se faisaient instruire dans cet art étaient en même temps initiés aux mystères de la religion, et formaient, en dehors du sacerdoce, une caste ou une corporation qui , sur les dessins tracés par les prêtres , édifiaient les temples et autres monuments consacrés au culte des dieux. Ces architectes étaient tenus en grand honneur parmi les Égyptiens , et, dans les ruines de la ville de Syène, au milieu des tombeaux des premiers Pharaons de la dix-huitième dynastie, on distingue quelques sarcophages appartenant à des chefs de travaux ou à des inspecteurs des carrières de Silsilis (1).

Les Égyptiens envoyèrent des colonies en Grèce : ces colonies y portèrent avec elles leurs mystères et leurs institutions; seulement les dieux primitifs nommés dans une autre langue prirent d'autres noms : Osiris s'appela Bacchus ou Dionysos, Isis s'appela Cérès, la Pamélia égyptienne ne fut plus que la Dionysia grecque ; rien d'étonnant par conséquent que la secte des architectes sacrés se retrouve en Grèce comme en Egypte.

Les prêtres de Dionysos ou de Bacchus élèvent les premiers théâtres, instituent les premières représentations dramatiques; Thespis, le créateur de la tragédie, avait vu dans un petit bourg de l'Attique, aux fêtes de Bacchus, un chanteur monté sur une table former une espèce de dialogue avec le chœur. Or, ces représentations primitives, que Thespis avait vues et qu'il perfectionna, étaient liées au culte du dieu, et les arcldlecles chargés de la construction de ces édifices tenaient au sacerdoce par l'initiation.

On les appelait ouvrieis diony siens ou dionysiastes.

(I) Clavcl, Histoire de la Franc-Maçonerie.

/lis LOUIS XV

C'élail mille ans avant noire ère environ. Ces ouvriers avaient le privilège exclusif de construire les temples, les théi\tres, les cdilicos publics dans toulo la conlr(''e. Los ruines de ces ('(lifices altcstonl encore aujourd'hui la subllniilé de leur art. Leur nombre alla s'augmenlant cl se répandant sur les contrées voisines de la Grèce. On les retrouve dans la Syrie, dans l'Inde , dans la Perse.

Trois cents ans avant Jésus-Christ, les rois de Pcrgame leur donnent ïcos pour demeure. Alors ils s'organisent , et leur organisation oflie une ressemblance parfaite avec celle dos Francs- Maçons de la fin du dix-septième siècle.

Ils ont une initiation particulière; ils ont des mots et des signes de reconnaissance. Us sont séparés en communautés, en collèges, en synodes, en sociétés, en logos enfin. Ces logos poriont des titres spéciaux : l'une s'appelle la Communauté d'Atlale, l'autre la Communauté des compagnons d'Escliie. Chacune de ces tribus est dirigée par un maître, surveillée par dos présidents élus chaque année. Us s'appellent frères; et, dans leurs cérémonies mystérieuses, les frères se servent des outils do leurs professions. Us ont, à certaines époques, des banquets et des assemblées générales. A ces banquets, ils portent des toasts symboliques;^ à ces assemblées générales, ils décornent dos prix aux plus habiles ouvriers. Parmi eux point d'indigents; les plus riches leur doivent secours. Si un ouvrier est malade, chacun est obligé de venir à son aide ; si le malade meurt et qu'il ait bien mérité de la confraternité, on lui élèvera un monument funéraire dans le cimetière de Senerhissar et d'Esaki, comme aux architeclos ses aïeux, on en a , deux mille ans auparavant, élevé dans la ville de Syène.

Attale, roi de Pergame, était affilié à cette société.

Cette société était donc répandue , comme nous l'avons dit, en Egypte , en Grèce , en Asie Mineure , en Syrie , dans la Perse et dans l'Inde. La Phéwicie englobée dans la Syrie, la Phénicie, qui consistait on une langue de terre , s'étondant le long des côtes de la Méditerranée, depuis Aradus jusqu'à Tyr, avait des établissements pareils.

De leur côté, les juifs, qui venaient d'Egypte comme les Phéniciens, avaient fait on Egypte le métier de maçons.

De là , malgré la répugnance des juifs pour se mêler à aucune autre nation, de là le mélange de maçons juifs et de maçons phéniciens pour la construction du temple de Salomon , construit,

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