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dit Josèphc, sur le même plan que celui d'Hercule et d'Aslarlé à Tyr.
Or, ces ouvriers qui bâtissaient le temple et qui ne parlaient pas tous la même langue, puisque les uns élaient Egyptiens, les autres Juifs, les autres Phéniciens, ces ouvriers se reconnaissaient entre eux au moyen de mots et de signes secrets , qui élaient les mêmes pour les maçons de toutes les contrées.
De là cette communication Iiicile établie entre la Judée et la Phénicie. Voilà pourquoi le roi de Tyr autorise Salomon à couper les plus beaux cèdres du mont Liban ; voilà pourquoi , sur sa demande, il lui envoie lliram, son architecte, homme très habile et qui est comme son père ; voilà pourquoi il l'ait mettre sur des radeaux les bois coupés, et, par des radeaux, les Ii\it transporter à Joppé, d'où facilement Salomon les fera transporter à Jérusalem.
a Et Salomon fit le dénombrement de tous les prosélytes qui se trouvaient dans la terre d'Israël , depuis le dénombrement qu'en avait fait David son père, et il en trouva cent cinquante-trois mille six cents.
j> Il en choisit soixante-dix mille pour porter les fardeaux , quatre-vingt mille pour tailler les pierres dans les montagnes , et trois mille six cents jwur diriger les travaux (1). »
Hiram dirigea toute cette œuvre.
Nous verrons plus tard ce que la tradition maçonnique emprunte à ces deux chapitres de la Bible , consacrés à la construction et à la description du temple.
Alors, dit Scaliger, se forma une société , qui se chargea d'entretenir le temple et d'en orner les portiques, et dont les membres prirent le nom de chevaliers du temple de Jérusalem,
Du sein de cette société des chevaliers du temple de Jérusalem sort la secte des essenciers, à laquelle, dit Eusèbe, Jésus fut initié, et qui est la mère du christianisme (2) .
Les essenciers avaient des mystères et une initiation. Les aspirants y étaient soumis à un long temps d'épreuve. Après leur réception , ils portaient le tablier blanc. Lorsqu'ils écoutaient les instructions de leurs chefs, ils tenaient la main droite sur la poitrine, un peu au-dessous du menton, et la gauche plus bas, le long du côté. C'est la pose de Vénus en pleurs, après la mort
(1) Les Pûra///)0?7jènes, chapitre ii.
(2) Voir Pliilon, Pline et Josèphc.
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d'Adonis, de Vénus dont les mystères tout phéniciens étaient célébrés ù Tyr, d'où était venu llirani.
Trois mille ans après, c'est encore, dans cerlaines circonstances, la pose des francs-maçons modernes.
Les ouvriers du temple apparaissent à Rome sous Numa. Sept cent quatorze ans avant notre ère, il s'élablit à Rome des collèges d'architectes, collcgia fabroruni. Les organisateurs lurent des Grecs que Numa fit venir de l'Allique. Ces sociétés portent aussi le nom de fralcniilatcs.
Ces sociétés, ces fraternités, ces collèges d'architectes avaient des franchises particulières, une juridiction et des juges distincts; ils jouissaient de l'immunité des contributions, immunité qui leur fut continuée à travers l'empire et dans le moyen âge, et d'où ils prirent leurs noms de maçons libres et de francs-maçons.
La plus fameuse communauté de maçons libres était celle de la ville de Côme, que l'on nommait magislri Coniacinî, c'est-à-dire maîtres de Côme.
Ce sont ces communautés qui couvrent l'Italie d'édifices religieux, tandis que quelques-unes d'entre ellesse constituent en mie grande association, passent les Alpes d'un coté, les Apennins de l'autre, et se répandent dans tous les pays où le catholicisme manque d'églises et de monastères ; alors ces communautés de maçons libres ne se composent plus seulement d'Italiens, mais de Grecs, d'Espagnols, de Français, de Portugais, de Belges, d'Anglais et d'Allemands.
Vers la fin du quinzième siècle, des personnes admises dans ces sociétés industrielles et artistiques, en qualité de membres d'honneur et de patrons, commencèrent à former des sociétés particulières , qui abandonnent le côté matériel et commencent à fonder le côté mystique. En 1512, Florence nous offre l'exemple d'une de ces sociétés de savants et de personnages politiques. Ses symboles sont la truelle, le marteau et l'équerre ; son patron est celui des maçons d'Ecosse , saint André.
En attendant, les sociétés artistiques accomplissent leur grande .catwre : ce sont elles qui sèment par l'Europe ces gigantesques elïlorescences de granit qui font encore aujourd'hui l'admiration du poète et le désespoir des architectes. Au treizième et au quatorzième siècle , elles élèvent les cathédrales de Cologne et de munster; en ilikO, celle de Yalenciennes ; en 1385, le couvent de Balattra en Portugal, le monastère du mont Cassin en Italie. Ainsi
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à Wiirtzboiirg, dcvanl la porle de la chambre des morts, deux colonnes s'élèvent, portant riinc sur son chapiteau le mot Jachin, et l'autre sur son lïU le mot Booz qui appartiennent tous deux au répertoire maçonnique. Ainsi, enfin, la figure du Christ qui occupe le faîte du portail de droite de l'église Saint-Denis a la main gauche en équerre sur la poitrine, à la hauteur du menton, position familière encore à nos rrancs-macons actuels.
Les renseignements les plus exacts que nous possédions sur les sociétés maçonniques de cette époque sont ceux qui nous sont conservés par l'abbé Grandidier. Ces renseignements, il lésa puisés dans un vieux registre de la compagnie des maçons de Strasbourg, qui ont biiti la cathédrale. L'œuvre merveilleuse a été commencée en J277, sous la direction d'Hervin, de Steinbach, et a été achevée en l/io9 seulement. Les maçons qui élevaient le monument étaient divisés en trois catégories : maîtres, maçons et apprentis. Ils s'assemblaient dans une liuUc-m?i\\v\^\ ils prenaient pour emblèmes les outils de leur profession : l'équerre, le compas, le niveau. Ils se reconnaissaient à des signes particuliers ; ils admettaient comme des associés libres des personnes qui n'exerçaient pas la profession de maçons; enfin ce signe bien connu servait de marque à Jean Gziensinger, éditeur à Strasbourg en 1525 :
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A Strasbourg comme partout, ces corporations avaient un chef qui gouvernait la troupe, el sur dix hommes, un maître qui dirigeait les neuf autres.
Mais c'est en Angleterre surtout que les mystères maçonniques légués par les Romains, un instant non pas perdus, mais ell'rayés pour ainsi dire par les guerres des Pietés, desScols et des Saxons, reparaissent dès que ces derniers sont les paisibles dominateurs de l'île. Aussitôt aux débris des traditions nationales ils adjoignent les puissances extérieures : ils appellent en Angleterre les architectes de France, d'Italie, d'Espagne, de Constantinople , qui se retirent, il est vrai, devant les invasions des Danois, mais dont le contact a suflli pour raviver tous les vieux instincts maçonniques, auxquels Althestan , petil-fds d'Alfred-le-Grand, donne une nouvelle vie en faisant bâtir plusieurs églises et plusieurs palais. En outre, dans une assemblée générale de la confraternité qui se tient ù York au mois de juin 926, et que préside Cowen, le plus jeune des fils du roi , un code de lois à l'usage des maçons d'Angleterre est colligé, débattu, arrêté.
Bientôt l'agrégation aux sociétés maçonniques devient une mode; des princes , des rois se font recevoir et s'honorent du titre de grands-maîtres. C'est alors que l'ordre du Temple apparaît et avec son esprit d'ambition, comprend ce que l'on peut ûiire de ce réseau d'associations qui couvre le monde. Il s'empare des loges maçonniques en Allemagne, en France, en Italie, voile ses projets politiques sous la philantropie de ses travaux : jette des ponts, bàlit des hospices , trace des chemins qui portent encore leurs noms, entretient les trois routes romaines en Espagne, élève avec la rapidité de la féerie ces mille églises à clochers de pierre que la tradition populaire leur attribue encore aujourd'hui , et qui dressent leur arête de granit en France, en Espagne et en Italie; en Italie surtout, où elles s'appellent encore églises délia massone ou délia maccione ^ c'est-à-dire de la Maçonnerie.
Pour acquérir plus de force, la maçonnerie anglaise avait besoin de la persécution. Cette persécution ne lui manqua point. A l'instigation de l'évèque de Winchester, tuteur de Henri VI ,. alors mineur, un édit fut porté contre elle en l/i25 , et le 27 décembre 1561, la confraternité tenant son assemblée annuelle à York, la reine Elisabeth envoya un détachement d'hommes d'armes, afin de la dissoudre ; mais ces hommes d'armes, au lieu de procéder à la dissolution de l'assemblée et à l'évacuation de la