POLYBE. — HiSt. , 1. m, C. XXXIX
tîus Ahenobarhus, ^vainqueur des Allobroges, devaient faire désigner bientôt sous le nom de voie Domi tienne, via Domitia. Elle se terminait au Rhône, au pied de la colline de Bea«caire, Ugernurri] mais une ramification longeait la rive droite du fleuve jusqu'à A ries * . On franchissait donc le Rhône à la fois à Beaucaire sur un pont de bateau)c, «t à Arles sur un pont en maçonnerie dont ies culées antiques subsistent encore aujourd'hui et sont apparentes sur le nu des murs du quai moderne dans lesquels on les a soigneusement conservées*. De Taulre côté du fleuve, la route prenait le nom de voie Aurélienne, via Aurélia, traversait toute la Provence, s'écartait en général assez peu de la mea*, suivait même en certains endroits la ligne escarpée de la falaise et venait se souder, après avoir passé le torrent du Yar, au réseau des voies italiennes.
L'assiette de la voie Domitienne est visible sur presque tout son développement entre Beaucaire et Montpellier. L'administration romaine y
1. A. AuRÊs. — Sur le tracé de la voie DomiUenne £nlre Nimeset le Rhône, Nîmes, 1-865.
2. H. Revoil. — Noie sur deux ponts ro^^nains à Arles. — Acad. du Gard. Nîmes, 1864.
avait fait disposer à différentes époques cinq séries de bornes plantées à 8 stades de distance. Cet espacenoent correspond exactement au mille romain ; de là leur est venu leur nom àemitliaires\
La première série de ces bornes, celle qui existait déjà depuis quelques années du temps de Polybe, bien avant la conquête définitive des Gaules, ne comprend que des colonnes cylindriques, assez grossières et qui ne portent aucune inscription. Les quatre séries suivantes, au contraire, placées après la chute de la république, sontd'ime laille plus soignée; elles portent des inscriptions qui rappellent les dignités des empereurs Auguste, Tibère, Claude et Antonin, et un numéro d'ordre qui a permis aux archéologues de contrôlerleschiffres donnés par les itinéraires officiels de l'empire au moyen de ceux que l'on a trouvés plus récemment sur les vases Apollinaires *.
i. Ch. Lenthéric. — La Grèce et l'Orient en Provencey c. m, VI. Paris, 1878.
A. AuRÊs. Monographie des homes milliaires du département du Gard, Nimes, 1877.
2. A. AuRÈs. — Concordance des vases Apollinaires et de ntinéraire de Bordeaux à Jérusalem et comparaison de ces textes avec Vitinéraire d* Antonin et la Table Théodosienne , — Mém. de TAcad. du Gard. Nîmes, 1866-1867.
Plusieurs même sont encore en place sur le sol antique et ont pu servir à la vérification exacte de Tancien mille romain, auquel on accorde généralement une longueur de 1,481», 50.
Mais cette route elle-même remonte bien au delà des Romains ; et il est incontestable qu'avant d'avoir été réparée par les légions de la république et de l'empire, elle était en assez bon état d'entretien au troisième siècle avant notre ère et avait été suivie presque d'un bout à l'autre par l'armée d'Annibal, dont l'itinéraire entre les Pyrénées et les Alpes nous est aujourd'hui très bien connue
Il est donc à peu près certain que les peuplades du littoral de la Gaule gréco-barbare avaient ébauché sur ce même tracé un chemin primitif, et que c'est sur ce frayé rudimentaire qu'on a bâti plus tard celte magnifique fondation en blocages qu'on appelait le statumen^ et qui constituait le sous-sol de la grande roule romaine d'Espagne en Ilalie*.