F. — L'AVENIR DU BASSIN HOUILLER
Si peu encourageantes que soient les perspectives d’avenir pour les Mines de la Sarre, on peut dire, à leur consolation, qu’elles ne sont guère plus brillantes pour la plupart des charbonnages européens. Nous écrivons ceci à une époque de crise aiguë et le pessimisme de ce jugement se ressent peut-être des événements que nous avons sous les yeux. Cependant, si l’on se rappelle trois faits qui dominent le problème charbonnier et que l'enquête entreprise sous les auspices de la
Société des Nations (1) a parfaitement mis en lumière — l’énormité des réserves de houille du monde, le développement rapide de la production dans certains pays (Hollande, Espagne, Inde, Japon), la substitution du pétrole et de l'électricité à la houille dans une partie des industries et des transports — on se persuade que la crise actuelle de surproduction n’est ni un accident, ni un phénomène périodique; c’est un fait nouveau, correspondant à un point d’inflexion dans la courbe de la consommation : nous assistons à la décadence d’une matière première. Cette décadence condamne à une fermeture prochaine les charbonnages les plus pauvres et les plus mal situés. Le Bassin de la Sarre n’est pas, heureusement, de ceux-là; mais il risque de payer par un chômage prolongé les inconvénients de sa situation. Il doit chercher dans une transformation de la houille crue, ou, pour parler comme les Allemands, dans un «ennoblissement » de la matière le remède à la fois contre la mévente et contre l'élévation des frais de transport.