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LES ASPECTS NOUVEAUX DU PROBLÈME DU COKE

Le problème du coke sarrois n’a pas été supprimé par les transformations économiques d’après-guerre; mais il est moins complexe et si la solution n’apparaît toujours pas aisée, du moins la plaie débridée montre-t-elle le mal.

(1) Eingabe der Saareisenindustrie an das Preussische Handels - und Finanzministerium (3 février 1910), citée par Weicerr [176], p. 142. Le Rapport de la Chambre de Commerce indique pour la même année une différence bien plus sensible (7 mk.), mais les calculs de la Chambre de Commerce semblent forcés; par exemple elle ne tient pas compte des transports locaux quand il s’agit de la Moselle, tandis qu’elle majore le prix de revient du coke sarrois de 4 mk. 40 pour transport de la mine à l’usine.

(2) Les douze concessions de Longeville appartenaient au groupe Hostenbach (Rôchling); les deux concessions de Haute-Vigneulles à un groupe Dillingen—Neunkirchen—Brebach; les charbonnages de Faulquemont aux Forges Rôchling.

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a) Les difficultés d’approvisionnement sont résolues. — Tout d’abord le problème de quantité ne se pose pratiquement plus. Les Mines domaniales françaises ont augmenté l'extraction des gras dans des proportions telles que la demande des forges est normalement toujours satisfaite. La production de coke du Territoire, qui était de 1.750.000 tonnes en 1913 (1), s’est élevée à 2.423.000 en 1929, sans que les importations de charbon à coke aient augmenté. Le Territoire peut désormais fabriquer lui-même toute sa fonte, au lieu d’en faire venir une partie de Lorraine, comme avant la Guerre.

La solution du problème de qualité, le seul auquel on pense d’ordinaire quand on parle du coke sarrois, a demandé plus d’efforts. Il s'agissait, non pas de trouver une formule de mélange donnant un bon coke métallurgique (cette formule était connue dès avant la Guerre et appliquée dans toutes les forges sarroises), mais de substituer aux charbons maigres étrangers un charbon fourni par la Sarre et de mêmes propriétés. Comme le bassin ne fournit pas de véritables maigres, On a songé à remplacer ceux-c1 par des flambants amaigris par semi-distillation à basse température; mais de longs tâtonnements ont été nécessaires pour déterminer les conditions optima de cette semi-cokéfaction. Enfin, en octobre 1927, le directeur général des Mines pouvait annoncer au Congrès économique franco-sarrois (?) que non seulement la solution théorique était trouvée, mais qu’elle était immédiatement susceptible d’une application industrielle. On mélange 87 % de charbons gras lavés avec 13 % de flambants contenant 30-32 % de matières volatiles, mais ramenés par semi-cokéfaction à 14 %, et on obtient un « coke spécial » de résistance équivalente à celle des meilleurs cokes de la Westphalie ou du Nord de la France. Ce mélange peut être cokéfié dans n’importe quel four à coke, sans qu’il soit nécessaire de le modifier. Un second avantage de ce procédé est qu’il utilise, pour la fabrication du demi-coke, des schlamms, c’est-à-dire des boues de lavage sans valeur commerciale. Ce procédé est donc non seulement bon pour le laboratoire, mais susceptible d'applications industrielles.

Autre conséquence, qui est de poids : le bassin houiller lorrain, dont les réserves de charbon gras sont très limitées, pourra utiliser ainsi pour la cokéfaction une partie de ses flambants.

(1) Y compris celle de la cokerie de Hirschbach (aux De Wendel) arrêtée en

(2) Union économique de l'Est, 1er décembre 1927, p. 240.

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On pourrait s'attendre dès lors à un accroissement régulier de la production de coke des Mines fiscales. Il n’en est rien, et la modeste

augmentation enregistrée en 1930 a tout de suite été arrêtée par la crise.

Production de la cokerie des Mines à Heinitz.

OLA TE. UOTE an D 249,668 tonnes LODEL ee A En Me 272-352 0— MOTOR Re MR A Tr ane 255.270 — LOT TR RE ne à 262.388 — AO D OP NE ee « 267.399 — A Um ven 280.738 — ADS OST nn 4 « 306.998 — HOUL ee BREST NS 255,080 — ONDES AN ER RL CE 215.696 —

Certains polémistes allemands en ont tiré argument et mis en doute la valeur pratique du procédé français. L’artifice est grossier; on feint de croire que la production de la cokerie des Mines à Heinitz est toute la production de la Sarre : or, elle représente seulement 12 % en moyenne de la production totale du Territoire. En réalité, les Mines ne produisent pas davantage de coke spécial parce qu’elles ne veulent pas en produire, parce qu’il est entendu, en Sarre, que la fabrication du coke est réservée aux usines métallurgiques.

Mais d’autres ont profité ou profiteront de la découverte : ce sont les cinq grandes forges qui ont chacune leur cokerie (les forges Rôchling en ont même deux, une à Altenwald, l’autre à Vôlklingen) (1; ce sont aussi les forges lorraines qui ont construit des cokeries depuis 1920. Si les Mines domaniales fabriquent toujours la même quantité de coke, par contre la quantité de charbon à coke livré par elles n’a cessé d'augmenter jusqu’à la crise. Le tableau suivant obtenu en remplaçant par leur équivalent en coke les charbons livrés aux cokeries en fait foi :

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