‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 148 sur 270 · TABLEAU · texte numérisé non relu

TABLEAU

(1) Actuellement, en 1934, les forges sarroises ne fabriquent pas de coke spécial et n’en achètent pas aux Mines. Pourtant, de l’avis unanime, les essais qu’elles ont faits ont été très satisfaisants. Mais, possédant de petits hauts fourneaux, elles n’éprouvent pas le besoin d’améliorer la qualité du coke ordinaire; d'autre part, avec la crise, le prix des fines maigres est tombé si bas qu’il est plus avantageux de faire des mélanges. La plupart des forges sarroises mettent 7 % de fines maigres (Aix-la-Chapelle et Limbourg); Dillingen, dont les hauts fourneaux sont plus gros, va jusqu'à 18 %. :

Coke destiné aux hauts fourneaux (en 1.000 tonnes) (1).

Sarrois Lorrains Total L'ASPECT 7 1% 299 189 1622 AIDER. 15397 214 4.611 O2 419475 329 1.804 19202. 4% 023 436 2.059 IRIBA ee 4.743 638 2.381 4AOSOES- 1.856 803 2.659 119940 4870 536 1-042 11982 1477 502 4.679

Sans doute on a vu plus haut que les ventes de charbon ou de coke ne représentaient qu’une part relativement faible de la consommation du bassin métallurgique lorrain. On a vu aussi quelles raisons, d'ordre financier plus que géographique ou technique, s’opposaient à ce que les expéditions de charbon fassent exactement la contrepartie des expéditions de minerai.

En Sarre du moins, l'augmentation de quantité et l'amélioration de la qualité ont permis à la métallurgie de réduire progressivement ses achats de charbon à l’étranger. Les importations d'Allemagne sont tombées à 98.066 tonnes de houille et 8.764 tonnes de coke en 1932, quantités insignifiantes si on les compare à celles de 1913. II est vrai que l’activité métallurgique se trouvait, cette année-là, fortement réduite. Mais si on prend comme base les chiffres de 1930, année moyenne pendant laquelle la production de fonte était encore largement supérieure à celle de 1913, on voit que le coke allemand (2) ne représentait plus que 6 % de la consommation (5) des hauts fourneaux sarrois. On est loin des 30 %, d’avant-guerre! Comme la sidérurgie fait de plus en plus appel au bassin d’Aix-la-Chapelle où PArbed possède les charbonnages d’Eschweïler, et Vülklingen une part de la mine Karl Alexander, comme elle importe régulièrement des fines à coke hollandaises, voire du coke français du Nord, elle a acquis vis-à-vis du Bassin rhéno-westphalien une bien plus grande liberté d’allure (*). L’usine purement allemande de Vülklingen n’achète

(1) Communiqué par la Direction générale des Mines domaniales de la Sarre.

(2) 35.639 tonnes de coke et 162.407 tonnes de houille convertie à raison de 1.300 kilogs de houille par tonne de coke.

(3) Évaluée ainsi : Consommation — Production de coke (2.559.714 tonnes) Li Importations (160.000) — Exportations (100.000).

(4) En 1931-1932, le Territoire a importé 502.733 tonnes de houille dont 367.691 tonnes de France (en grande partie réexportées), 81.560 tonnes d'Allemagne, 50.539 tonnes des Pays-Bas et 2.943 tonnes de Belgique.

LA SIDÉRURGIE 389

plus une tonne de charbon de la Rubhr (1). C’est la revanche des Mines domaniales, chassées de leurs marchés de la rive droite du Rhin, d’avoir en grande partie refoulé leurs rivaux hors du Bassin sarrois lui-même.

La quantité des livraisons de charbon assurée, la qualité du coke prête à l'être, le problème de l’approvisionnement en combustible n’est pas entièrement résolu; car si la sidérurgie sarroise a acquis plus d'indépendance à l'égard de ses fournisseurs étrangers, si elle discute même d’égale à égale avec les Mines, elle ne peut que subir l'effet des conditions générales qui élèvent le prix du charbon dans le bassin. C'est là un des points les plus délicats de l’économie sarroise.

b) Les difficultés de prix subsistent. — La sidérurgie sarroise se plaint avec aigreur de payer le coke plus cher que la Rubr, plus cher que la Lorraine, plus cher que le monde entier. Chaque fois qu’une crise éclate dans la métallurgie, maîtres de forges et syndicats sont d'accord pour crier haro sur les Mines. C’est avoir la mémoire courte. Le Rapport déjà cité de la Chambre de Commerce de Sarrebruck pour 1909 et différentes études publiées à la même époque (?) montrent que ces récriminations ne datent pas d'hier. Si l'on tient compte du fait qu’il suffit de 150 tonnes de coke de la Rubr là où il faut 180 tonnes de coke sarrois, on voit que les prix du coke sarrois étaient relativement plus élevés que ceux du coke de la Ruhr. En 1910, le prix de revient d’une tonne de coke de la Rubr, rendue au haut fourneau du Bassin rhéno-westphalien, était de 15 mk. 30; celui d’une tonne de coke sarrois, rendue au haut fourneau du Bassin de la Sarre, s'élevait, compte tenu de la différence de rendement qui oblige à majorer le prix sarrois de 12,5 %-à4-22 mk. 50°).

Du moins, le prix absolu du coke était-il, en 1913, le même en Sarre que dans le reste de l'Allemagne (+). Depuis 1925, cette parité n’a pas pu être conservée et le coke métallurgique sarrois a toujours été plus cher que le coke de la Rubhr.

Il est vrai que la cotation du coke ne compte pratiquement pas pour la métallurgie sarroise, qui n’achète que des fines à coke, et ne compte

(1) Communication de M. HERMANN RÔCHLING, en octobre 1933.

(2) Voir surtout les publications de A. Tizze et le mémoire cité par WEIGERT [176], p. 142. La même note pessimiste se trouve dans un article de TiscHErRT (Zukunft, 8 et 15 avril 1911).

(3) Rapport de la Chambre de Commerce de Sarrebruck (1909).

(4) Le prix du coke métallurgique en 1913 fut en moyenne de 18,50 mk. dans l’ensemble de l'Allemagne et de 18,52 mk. en Sarre (Wirtschaftszahlen).

que fort peu pour la métallurgie lorraine qui, à de rares exceptions (Rombas), fait de même.

On s'arrêtera davantage aux prix des fines à coke. Une comparaison des prix courants montre que, depuis 1926, les prix des fines lavées de la Sarre ont toujours été supérieurs à ceux de la Ruhr, et même du Nord de la France (1). Mais là encore on ne saurait prendre trop de précautions, si on veut éviter de tirer des prix courants des conclusions erronées; la précision mathématique, en pareille matière, est bien souvent un leurre.

On notera d’abord que la métallurgie sarroise, qui possède ses propres lavoirs, consomme presque exclusivement des fines brutes. Les Mines livrent des fines lavées aux seules forges de Vôlklingen et encore en petites quantités. Or le prix des fines brutes est inférieur de 30 à 40 % à celui des fines lavées. D’autre part, la métallurgie sarroise n’a jamais payé le prix du tarif. Forte de ce qu’elle absorbe à elle seule plus du quart des ventes des Mines domaniales (?), elle entend ne pas être traitée sur le même pied que le reste de la clientèle.

Ces réserves enlèvent sans doute une partie de leur intérêt aux

(1) Prix des fines lavées de charbon gras (en francs).

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