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UNE SIDÉRURGIE POUSSANT TRÈS LOIN LA TRANSFORMATION DE L’ACIER

La nature des produits fabriqués reflète aussi bien les caractères particuliers des matières premières que les qualités de la main-d’œuvre. Fondée sur l’emploi de la minette lorraine, la sidérurgie sarroise produit exclusivement des fontes phosphoreuses. Elle a abandonné la fabrication des spiegel et des ferro-manganèses, essayée dans les premières années de l’après-guerre, pour se consacrer à la production des espèces courantes de fonte Thomas et de fonte de moulage (Gtesserei Roheisen).

Il y a plus de variété dans la nature des aciers fabriqués. L’acier Thomas prend naturellement la place prépondérante, et jusqu’en 1943, il n’y avait (en dehors des aciéries sans haut fourneau) que deux forges possédant des fours Martin. C’est que le procédé Martin suppose une sidérurgie déjà évoluée, livrant chaque année de grandes quantités de produits finis qui, un quart de siècle après leur fabrication, sont mis à la ferraille et reviennent à l’usine comme matière première. Or, vingt-cinq ans avant la Guerre, la Sarre ne produisait pas encore un million de tonnes d’acier.

La Guerre a marqué le début d’une transformation qui s’est accentuée depuis. Comparés à ceux de 1913, les chiffres-record de 1929 montrent un accroissement rapide de l’acier Martin, et une légère régression de l’acier Thomas, signe que la Sarre s’oriente vers des fabrications de plus en plus soignées.

Production d’acier en lingots.

Acier Thomas Acier Martin au four électrique LOL = 1.718.540 tonnes 842.352 tonnes 13.649 tonnes 1929%20 1.642.345 — 529.472 — 14.931 — 1932 1.078.193 — 367.743 — 8.548 —

Aujourd’hui Pacier Martin représente une fraction de la production plus importante qu’en Lorraine, mais bien inférieure à ce qu’elle est dans le Reich où la production d’acier Martin n’est pas limitée, comme en Sarre, par le manque de ferraille. La Sarre occupe ainsi

une position analogue à celle de la France entière qui produit à peu près deux fois et demi plus d’acier Thomas que d’acier Martin (1). L’acier au four électrique n’est fabriqué qu’à Vülklingen et encore en quantités restreintes. En outre, les fonderies qui se rattachent à industrie de transformation ont livré 22.161 tonnes d’acier en 1929 (8.945 tonnes en 1932).

Un des chiffres qui caractérisent le mieux une industrie lourde, parce qu'il indique dans quelle proportion elle transforme l'acier qu’elle élabore, est le rapport des produits finis aux demi-produits destinés à la vente (2). Ce rapport, qu’on pourrait appeler l'indice de finissage, était en 1913 de 1.496.309 : 156.105, soit ramené à 100, de 958, chiffre sensiblement supérieur à celui de la Lorraine à la même époque. En 1929, la fabrication des demi-produits a atteint presque exactement le même chiffre pour une production de laminés supérieure à celle de 1913; l'indice de finissage s’est relevé à 1.602.724 : 156.679, soit 1.022. D'autre part, la statistique des chemins de fer montre que les exportations de demi-produits étaient en régression : signe d’une activité croissante de lindustrie locale de transformation.

Cette évolution a été arrêtée par la crise et l’indice de finissage est tombé à 799 en 1932; mais elle correspond trop bien à la situation géographique de la Sarre et aux qualités de sa main-d'œuvre pour ne pas reprendre, dès que l’industrie sarroïse de transformation aura retrouvé un courant d’affaires normal.

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