‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 159 sur 270 · PRO RC ERA TERRES · texte numérisé non relu

PRO RC ERA TERRES

LA SIDÉRURGIE AE

l’autre par les régions du Reich voisines de la Sarre; dans une faible mesure seulement par l'étranger.

Il est assez difficile de chiffrer exactement la consommation intérieure de la région industrielle et spécialement de l’industrie de transformation. Si on prend comme base la statistique des Chemins de fer allemands — les expéditions par voie d’eau n’atteignaient pas 1.000 tonnes — on voit qu'en 1913, sur une expédition totale de 1.786.018 tonnes de produits finis, 99.083, soit 5,5 %, sont restés dans le Bassin de la Sarre (1). Mais il y a deux sources d’erreur dans ce calcul. Le Bassin de la Sarre, tel que l’entend la statistique de 1913, ne comprenait que la partie prussienne. De plus, le chiffre des expéditions est très supérieur à celui de la production, même si on additionne les tuyaux de fonte et les demi-produits destinés à la vente à celui des produits finis; en sorte qu’on peut se demander s’il n’y a pas quelques expéditions de Lorraine en transit. Quoi qu’il en soit, il est certain que la région industrielle sarroïse n’absorbait pas le dixième de sa propre production d’acier.

Vers le reste de l'Allemagne partaient, d’après la même source, 1.245.923 tonnes de produits métallurgiques, soit 69,8 % du total.

Deux régions surtout entraient dans l’orbite de la métallurgie sarroise : d’un côté l’Alsace-Lorraine avec son industrie de transformation encore dans l’enfance en Lorraine, plus évoluée en Alsace où Niederbronn, Mutzig, Mulhouse étaient depuis longtemps clientes de la Sarre; de l’autre la rive gauche du Rhin, au Sud de Cologne, et le groupe des états de la rive droite : Hesse, Bade, Wurtemberg, qui ont Francfort comme centre commercial. Le Massif Schisteux Rhénan est trop purement agricole pour consommer beaucoup de produits métallurgiques; par contre, il existe dans les vallées de la Hesse ou de la Souabe nombre de fonderies, de laminoirs sans aciéries, d’ateliers de construction. Ces usines, souvent unies aux entreprises sarroises

- par des liens financiers, constituaient les meilleurs clients de l’industrie

lourde sarroise. Comme les expéditions de produits sidérurgiques se font surtout par voie ferrée, l'avantage énorme que la région rhéno-

(1) S. W. S., Heft, 6, p. 28. F. Berzer [221], p. 57, donne pour les ventes de produits métallurgiques en 1913 le tableau suivant, sans indication de source :

Allemagne r = Sarre (sars l’Alsace-Lorr.) Alsace-Lorraine Exportations 81.571 t. 1.114.848 t. 56.892 t. 273 1091 5 % TUE & % 18 %

Les proportions semblent assez exactes, mais le total est su périeur à celui de la production de laminés et inférieur à celui des expéditions par chemins de fer.

westphalienne tire du Rhin pour le transport des matières premières devenait, en ce qui concerne les ventes de produits sidérurgiques, inopérant, et celle-ci ne disputait guère à la Sarre les marchés au Sud du Main. Au total, l’Alsace-Lorraine et les pays au Sud de la Moselle et du Main, qui, joints à la Sarre, constituent dans la statistique le groupe de l’Allemagne du Sud-Ouest, absorbaient 39,87 % du total des expéditions, la moitié des ventes sur le marché intérieur (?).

Les ventes s’opéraient par l’intermédiaire du Stahlwerksverband fondé en 1904 et dans lequel les forges sarroïses étaient entrées dès l’origine. Le cartel avait distingué des produits À (demi-produits et laminés lourds) pour lesquels le bureau central agissait comme acheteur et répartissait les commandes, et des produits B pour lesquels on s’était contenté de fixer des contingents qui ne devaient pas être dépassés sous peine d'amende. Ce système fit l’éducation économique de la métallurgie sarroise; il contribua à l’orienter vers la fabrication des produits B pour lesquels le producteur conservait la liberté des prix et surtout il amena une stabilisation du marché intérieur. C’est grâce à lui que la Sarre pouvait considérer, en 1913, l'Allemagne au Sud de la Moselle et du Main comme le domaine réservé à l’expansion de sa sidérurgie (?).

A la même époque les exportations n’atteignaient pas le quart des expéditions totales, c’est-à-dire une proportion inférieure à celle du reste de l'Allemagne (?). On a suffisamment insisté sur la situation géographique défavorable de la Sarre pour qu’il soit inutile d’y revenir.

Nulle part elle n’a d’effet aussi sensible que sur les ventes de produits sidérurgiques dont les prix, à l’exportation, sont calculés franco le port d'embarquement. La Belgique arrivait en tête des ventes, grâce aux réexpéditions d'Anvers. La Suisse et l'Italie pouvaient encore être considérées comme des clients réguliers de la métallurgie sarroise; mais la Hollande, voisine de la Ruhr et en étroite connexion avec elle, ne recevait plus de la Sarre que des marchandises destinées à la réexportation. Quant à la France, elle n’absorbaït que 78.819 tonnes, moins du vingtième des expéditions totales. La sidérurgie de Meurtheet-Moselle barraït la route aux produits lourds et l’outillage mécanique, que la France achetait déjà en grande quantité à l’Allemagne, n’était pas celui que fournissait l’industrie sarroise.

(1) Wercerr [176], p. 156. - k

(2) Mémoires des Chambres de Commerce de Reutlingen et d’Offenburg cités par R. HerLy [167], p. 93. ; 3

(3) Dans les limites du Zollverein [Allemagne (y compris l’Alsace-Lorraine et la Sarre) plus le Luxembourg] les exportations représentaient, en 1913, plus du tiers du total des ventes de demi-produits et produits finis.

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