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LES DÉBOUCHÉS

Pendant des siècles les verres de la Sarre se sont vendus surtout en Hollande. Un des plus anciens documents que nous possédions

sur le commerce du verre est une lettre de 1673 dans laquelle une

négociante explique au comte de Sarrebruck au prix de quelles difficultés le chargement de verres de son bateau a pu atteindre Amsterdam, où d’ailleurs il a trouvé immédiatement preneur (1). L'Annuaire de la Sarre (1810) donne encore comme débouchés «le département et les départements voisins, l'Allemagne et la Hollande ». Une partie de ces expéditions se faisait par bateau, tandis que le reste était diffusé par une nuée de colporteurs, Bohémiens ou

(4) A. Coblence, Abt. 22, no 2270.

non qui, à la façon de nos raccommodeurs de porcelaine, criaient leur marchandise et posaient eux-mêmes les carreaux (1).

Au milieu du x1x® siècle, le marché des verres sarrois s’est déplacé. On constate, par exemple, sur les anciens livres de compte conservés à l'usine de Fenne, que les Pays-Bas et la région rhéno-westphalienne perdent alors leur importance, tandis que les villes du Rhin moyen, de Mannheim à Mayence, passent au premier rang. On saisit là les conséquences d’un grand fait de circulation : la décadence de la batellerie mosellane et l'apparition de voies ferrées orientées plutôt dans le sens O.-E. D'autre part, des concurrents nouveaux se sont alors fait sentir : verreries allemandes de Düren et de Cologne-Ehrenfeld; verreries belges, à l’occasion même verreries anglaises. Vers l’Est, la zone de vente des produits sarrois n’était limitée que par les verreries saxonnes : On pouvait donc vendre sur toute la rive gauche du Rhin et même sur la rive droite où les fabriques sarroises approvisionnaient en bonbonnes et en flacons les usines qui leur fournissaient les produits chimiques. Pour les verres creux et la cristallerie, les débouchés se trouvaient plus loin encore dans les grandes villes à l'Est de l’Elbe et à l'étranger : Fenne vendait ses services en Suisse, au Danemark et même en Amérique. L’exportation qui, pendant les années 1900-1912, ne représentait en moyenne que 7,4 % des ventes environ pour les verres plats, atteignait 10,4 % pour les verres creux et 21,1 % pour les bouteilles. Néanmoins elle ne constituait pas un débouché normal, mais plutôt une assurance contre les risques de saturation du Zollverein. Il ne pouvait guère en être autrement, étant donnés le défaut des voies navigables et l'éloignement des grands ports maritimes.

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