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F1G. 34. — UNE COLONIE DE MINEURS : ALTENKESSEL

Fragment de la Topographische Grundkarte des Deutschen Reiches au 1/5.000 (réduit au 1/7.500 ), publié avec l'autorisation de M. le Président du Reichsamt für Landesaufnahme et de M. le Président du Xreisausschuss de Sarrebruck.

En Lorraine, où il fallait attirer de la main-d'œuvre étrangère, les cités ouvrières ont été construites par les sociétés minières et les maisons sont demeurées leur propriété. Les cités d’ avant-ouerre : Aspenhübel (Bois Richard), près de Carling, et Merlebach ont été construites sur le plan des colonies de la Sarre. Les maisons d’un type uniforme, à un ou deux logements, s’alignent le long de la rue ; les es, petits et poussiéreux, sont relégués par derrière; la Seule note gaie est donnée par les rouges « plumeaux ».

Les cités construites après la Guerre offrent un aspect plus riant. On s’est ingénié à varier la disposition des rues et des maisons. La cité Jeanne-d’Are, ouverte en pleine forêt de Saint-Avold, a été dessinée comme un parc. Les rues principales suivent autant que possible les courbes de niveau; les maisons ne sont jamais contiguës, mais enveloppées de tous les côtés par leur jardin. Des maisons plus importantes, à 4 et 6 logements, disposées aux carrefours, corrigent ce que pourrait avoir de monotone la répétition du même format.

La cité Cuvelette, à Merlebach, est construite sur un autre plan. D'un rond-point central, pompeusement appelé place des Nations, — nom que justifie du reste la composition hétéroclite de la maind'œuvre — rayonnent des rues en ligne droite, qui sont recoupées : par un boulevard en demi-cercle, un Ring au UL pied. Mais là encore la prédominance des lignes tbe l'absence de toute construction d’angle, le mélange heureux des types de maisons empêchent que cet ordre ne semble rigide et forcé. Du bâtiment central de la Direction de Sarre et Moselle, un coup d’œil permet de saisir la différence entre les anciennes colonies et les jeunes cités : à gauche un alignement implacable, un plan qui fait violence à la topographie et à la végétation naturelle; de l’autre un ensemble qui s’assouplit pour épouser au mieux le cadre naturel. Lorsque ces exceptions heureuses se seront généralisées et que l’industrie aura su se faire partout une place accordée au caractère de chaque site, il faudra définitivement reléguer dans le répertoire des lieux communs les banalités d’usage sur la laideur du paysage industriel.

Deux faits cependant mériteraient une réserve : d’abord l’absence de tout caractère local dans ces maisons ou dans ces agglomérations. On n’a pas utilisé la pierre du pays, le grès qui se prête si bien à la décoration des façades, mais la brique d’argile ou de laitier. La disposition des pièces ne rappelle plus en rien celle de la maison lorraine et l’auvent qui précède parfois l’entrée est un emprunt discutable à des types de maisons étrangers au pays. Il n’est pas jusqu'aux platanes maigriots de la Nouvelle Cité Wendel (près du puits Gargan) qui ne détonnent un peu, à côté de la puissante hêtraie.

D'autre part les cités réduisent au minimum tout ce qui est nêcessaire à la vie sociale. La cité Jeanne-d’Arc construite par la société comprenait 576 logements d'ouvriers, un groupe scolaire avec maisons pour instituteurs, un presbytère, une salle de réunions et c’est tout. Évidemment on n'interdit pas aux commerçants de venir sy établir, mais ils trouvent la place prise et d’ailleurs les coopératives des mines fournissent tous les produits d'alimentation. On est frappé par le petit nombre de boutiques, de cafés et d’auberges et l’on éprouve, devant ces demeures correctes, l'impression pesante d'enfants trop sages, auxquels il manque la détente, la flänerie, le plaisir.

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