‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 21 sur 270 · UN PAYS DE SABLE · texte numérisé non relu

UN PAYS DE SABLE

L'étendue des forêts n’est qu’un des traits qui caractérisent cette région. Par son relief et par son sol elle s'oppose aussi fortement au plateau qui l’encadre. Au pied de la côte, l'altitude s’abaisse de 400- 375 mètres à 250-200 mètres et même à moins de 200 mètres dans la vallée de la Sarre, en aval de Sarrebruck. Au Nord de la rivière, elle se relève et atteint la même hauteur que le plateau calcaire (400 m. au Bildstock, 444 aux Gôttelborner Hôhen). Mais ce sont là des cotes isolées. La région boisée n’est plus un plateau, mais plutôt une vaste plaine au relief très morcelé, dont les formes changent suivant la nature des roches.

En bordure de la côte et sur une largeur qui va de 4 à 30 kilomètres affleurent les grès triasiques. Comme dans les Vosges, leurs couleurs vives donnent de la gaieté au paysage forestier. C’est avec les matériaux rouges, jaunes ou lie de vin du Grès bigarré qu’est bâtie Sarrebruck. Dans les assises supérieures, les plus résistantes, l’érosion a découpé de longues; croupes plates que les géographes allemands comparent à des Cércueils. Les vallées. aux versants raides et à fond plat sont souvent occupées par des étangs. La plupart de ces étangs sont dus à l'intervention des hommes : meuniers, forgerons ou simplement propriétaires désireux d'aménager un vivier sur leur terre (?); mais leur maintien pendant des siècles, malgré les vicissitudes des industries auxquelles ils devaient leur naissance, n’a été possible que grâce aux conditions spéciales réalisées dans les grès.

ie L’étage inférieur, le Grès vosgien, n’a pas la même résistance; on

(1) Dichtung und Wahrhert, livre 10.

(2) Ainsi les cartes d’Orreuius (1603) et de MERIAN (1645) ne marquent pas d’étangs dans les environs de Saint-Avold et de Sarrebruck; pourtant l’existence du Deutschmühlenweïher est attestée dès le x1r1e siècle. Depuis le xvirre siècle, un certain nombre d’étangs ont été asséchés définitivement.

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ne l’a pas utilisé pour la pierre à bâtir. Les eaux l’affouillent rapidement et les bancs supérieurs demeurent en saillie, formant corniche. En outre, sous l’action des infiltrations et des changements de température, la désagrégation est intense. La roche s’effrite, s’éboule, fuit dans le ruissellement. Ce pays gréseux est bien souvent un pays de sable, le Griesland (?), qui s’oppose dans le langage local au Gau. Un dicton donne de Saint-Avold, ville de contact entre les deux régions, cette définition expressive « Sand davor, Dreck dahinten ». Dans le Warndt le sol est si meuble que pour rendre les chemins carrossables, on a recueilli les plaquettes de limonite disposées en lits irréguliers dans le grès, parfois même employé à nouveau celles qui recouvraient en mosaique de vieilles routes gallo-romaines. Jusqu'au x1x® siècle les gens du Warndt n’ont pas eu d’autres matériaux d’empierrement.

Au Nord dela Sarre, entre Louisenthal et Bous, les grès disparaissent, remplacés par les couches carbonifères qui jettent dans le paysage une note d’un gris terne. Deux sortes de roches alternent très fréquemment : les schistes se diluent en une vase noirâtre qui va rejoindre les schlamms dans les bassins de décantation, au fond des vallées; les grès, possédant une armature de conglomérats, résistent mieux et soutiennent l’assaut des affluents de rive droite de la Sarre, Sulzbach et Fischbach.

Au Nord de Neunkirchen et de Bexbach, le paysage change à nouveau de couleur. Le Carbonifère supérieur passe du gris foncé au rouge pâle, marquant ainsi la transition avec les couleurs rutilantes de la région suivante. Faute de conglomérats, le relief s’affaisse et l’on retombe dans le moutonnement confus d’une surface horizontale.

Ainsi la moitié du Territoire apparaît comme un vaste bassin de déblaiement dont la vallée de la Sarre occupe la partie la plus déprimée. Sa largeur varie de 0 km. 5 à 1 kilomètre entre Sarrebruck et Bous. Puis elle s’élargit et à la hauteur de Sarrelouis atteint 4 kilomètres; c’est là que les terrasses alluviales ont leur plus grand développement.

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