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PAUVRETÉ DES SOLS

L'agriculture trouve dans la région sarroise des conditions naturelles dans l’ensemble peu favorables. Le climat est à peu de choses près celui du Plateau Lorrain et du Palatinat occidental. Du moins faut-il rappeler l'humidité plus grande et la moindre insolation. Que de fois le paysan ne voit-il pas les seigles versés par les orages et les avoines gâtées par les pluies avant d’être mûres. Les vallées qui, dans les moyennes thermiques, apparaissent favorisées perdent cet avantage parce que les gelées tardives y sont plus fréquentes par suite d’inversions de température (2); d’autre part c’est là principalement que les alternances de gel et de dégel sont funestes aux cultures.

C’est surtout par le sol que pêche le Territoire. Les grès sablonneux en occupent environ la moitié; ils sont pauvres en éléments fertilisants, en outre toujours acides. Sans fumures abondantes, ils

(1) Sezasinsxky [100], p. 35.

(2) Sezasinsxy [100], p. 15. — Une température de — 80 8 à Sarrebruck, comme cela se produisit en mai 1924, est un désastre pour les arbres fruitiers.

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portent de mauvaises prairies, des pommes de terre, et c’est tout. Les schistes carbonifères ne valent pas mieux. Les uns et les autres conviennent surtout aux forêts. Dans l’ensemble du Territoire, sur une superficie disponible de 176.000 hectares, les forêts en couvrent 56.000, les terres incultes 5.000; il reste 115.000 hectares — 60 %, à peine de la superficie totale disponible — utilisables pour l’agriculture.

Plus fertiles sont les sols qui proviennent de la décomposition des grès micacés du Carbonifère et des grès argileux du Permien, ces derniers souvent enrichis en potasse par le lessivage des coulées éruptives, ainsi que les terres fortes du Gau. Les meilleurs sont les éboulis de pente, au pied de la côte calcaire, les terrasses construites par la Sarre, en amont de Sarrelouis, et le lehm du Bliesgau; mais ils n’occupent que des étendues restreintes. En dehors de ces cantons privilégiés, il faut donner à la terre de grandes quantités d’engrais et de fumier.

C'est chose impossible pour l’ouvrier-paysan qui ne possède pas de capitaux et ne dispose, pour assurer la fumure, que d’une vache ou de quelques chèvres. Au contraire, l’agriculteur de profession, instruit de toutes les méthodes modernes par un enseignement postscolaire assidûment fréquenté, n’hésite pas à faire à la terre les avances qu’elle réclame. Les engrais sont distribués au sol avec d’autant plus de libéralité que quelques-uns — scories Thomas et sulfate d’ammoniaque — sont fournis par la région même. Aussi les rendements sont-ils nettement supérieurs à ceux de la moyenne de la France (16,4 quintaux à l’hectare pour le seigle; 15,3 pour le blé; 133,3 pour les pommes de terre; 330 pour les betteraves fourragères) (1) : résultat très honorable étant donnée la médiocrité des sols.

Mais ces rendements apparaissent modestes à côté de ceux de l’agriculture allemande. Or, celle-ci, à force d’être scientifique, a cessé souvent d’être « rentable » (?). A plus forte raison ce résultat a-t-il chance d’être atteint dans une région où les conditions sociales ne sont pas favorables à une culture rationnelle.

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