‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 223 sur 270 · CONCURRENCE DE RÉGIONS VOISINES · texte numérisé non relu

CONCURRENCE DE RÉGIONS VOISINES

Tant que l’agriculture locale avait, faute de transports rapides, le monopole de l’approvisionnement, elle trouvait malgré tout le moyen d’écouler sa récolte à un prix rémunérateur. Du jour où sont apparus sur le marché des produits étrangers transportés par chemin de fer ou par camion, les cours ont cessé d’échapper à peu près complètement à l’action du producteur local. Pareille aventure n’est pas spéciale à la région sarroise, mais elle en a ressenti plus cruellement les effets, d’abord parce qu’elle constituait un grand marché de consommation où les marchandises importées ont une supériorité écrasante; puis parce qu’elle n’a jamais formé une unité politique, ayant ses frontières douanières propres. Jadis incorporée au Zollverein, aujourd’hui unie au système douanier français, la Sarre a toujours été associée à un pays, Palatinat ou Lorraine, mieux doué qu’elle pour l’agriculture; aussi tout renforcement de la barrière douanière ne la protège que d’un côté et l’expose de l’autre. S'il est vrai que dans tous les pays du monde les agriculteurs soient d’éternels mécontents, ceux de la Sarre ont quelques raisons d’être aigris.

C. — ÉVOLUTION DE L'AGRICULTURE SOUS L'INFLUENCE DE L'INDUSTRIALISATION

Au vrai, ils ne font pas que gémir. Ils cherchent à orienter leur économie dans un sens où il leur est plus facile d'échapper à la concurrence, en se spécialisant dans les produits les plus demandés : viande, lait et pommes de terre.

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