quintaux en
Or les exportations sont insignifiantes.
(1) Sa culture est d’ailleurs plus ancienne dans le Griesland. La pomme de terre commença à être cotée au marché de Sarrebruck dès 1801, au marché de Sarrelouis seulement onze ans plus tard (O. Rixecker [202]).
(2) Bericur, IX, p. 140-141,
Une première cause de déficit résulte de la consommation industrielle. Il existe en Sarre une soixantaine de distilleries qui utilisent la pomme de terre pour la fabrication d’alcools de bouche ou d’alcools industriels. Toutefois, leurs achats ne doivent pas être très importants, les distilleries sarroises utilisant surtout des fruits, de l’orge et du mais.
D’autre part, pendant les mois de juin et de juillet, il est presque impossible de vendre les pommes de terre de l’année précédente; la clientèle réclame des pommes de terre nouvelles, qu’on doit importer de France, d'Italie ou de Malte. Enfin, quand il y a crise, on ne peut pas empêcher, sous peine d’une augmentation intolérable du prix de la vie, les producteurs étrangers de faire des offres à bas prix sur le marché sarrois, de sorte qu’une partie de la récolte locale peut demeurer invendue. Ce sont surtout les importations d'Allemagne (ou transitant par l'Allemagne) qui sont gênantes. Elles ont représenté en effet, pendant les quatre dernières années 1928-1931 : 60, 38, 63 et 66 % des importations totales du Territoire.
La situation est évidemment anormale et elle justifie, dans une certaine mesure, les doléances de l’agriculture sarroise. Mais elle serait bien pire sans le droit de douane qui frappe les pommes de terre allemandes. Au reste, déjà avant la Guerre, la région industrielle importait de grosses quantités de pommes de terre. Le statut actuel est donc pour l’agriculture sarroise le moindre mal (1).
Bref, il n’est pas un produit agricole dont le Territoire récolte autant qu’il en consomme. On écrit couramment que le Territoire livré à lui-même ne pourrait subvenir aux besoins alimentaires de sa population que pendant une période qui, suivant les auteurs, varie de deux mois à quarante jours (?).
I1 semble bien que ces chiffres soient avancés un peu en l'air et qu’ils n’aient jamais été l’objet d’un calcul portant sur l’ensemble de la production et de la consommation. Priou lui-même, dans sa
(4) Cf. l’avis suivant voté le 16 septembre 1930 par la Chambre d’agriculture Ê « L’agriculture sarroise désire que les droits d’entrée soient maintenus tels qu’ils sont, car ils sont nécessaires à son existence. » (S. Zig, n° 254, 17 sept. 1930). En outre, les charges fiscales qui pèsent sur les agriculteurs du Territoire sont notablement moins lourdes que celles qui pèsent sur les fermiers allemands.
(2) C. Scanur [20] et O. Rixecker [202] sont d’accord pour évaluer à un total de 120.000 à 140.000 personnes (c’est-à-dire le sixième de la population du Territoire) le nombre d’habitants que celui-ci peut nourrir.
thèse si méritoire [17], n'apporte qu’une évaluation approximative pour trois produits : viande, céréales, pommes de terre.
On vient de voir que la part du Territoire dans son ravitaillement était de 60 à 75 % pour le lait et de 80 % pour les pommes de terre. Mais ce sont les cas les plus favorables. Pour les grains, le déficit est plus considérable. La production en céréales panifiables (blé et seigle) atteint en moyenne de 300.000 à 350.000 quintaux. En se fondant sur une consommation individuelle moyenne de 300 grammes par jour (1), la consommation du Territoire peut être évaluée à 900.000 quintaux : la production locale représente à peu près le tiers de ce chiffre. Enfin l’homme moderne — et ceci n’est pas spécial à l’ouvrier sarrois — ne se contente plus de ces produits élémentaires qu’on récolte ou qu’on pourrait récolter sur place. Il consomme en quantité croissante les légumes frais dont la Sarre produit une quantité infime, les épices, les graisses, les fruits exotiques, tous produits nécessairement importés, ce qui abaisse encore la part du Territoire dans son ravitaillement. Tout compte fait, le chiffre de deux mois ne doit pas être très éloigné de la réalité.
Sans doute serait-il possible de le relever en freinant l'importation. Il est probable, par exemple, que l’agriculture locale pourrait suffire à la consommation en pommes de terre. Mais où serait l'intérêt, puisque l'essentiel pour une région industrielle n’est pas de se ravitailler sur place, mais de s’approvisionner au moindre prix? Le Bassin de la Sarre est entouré de contrées agricoles qui peuvent lui fournir ce qui lui manque. Il nous reste à voir dans quelle mesure il dépend de chacune d'elles.