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ÉMIETTEMENT DE LA FORÊT

Chacune de ces bosses éruptives est repérée par un bois. Maïs on ne le remarque si bien que parce qu’il tranche sur la plaine nue. La forêt, compacte et drue dans la zone précédente, s’émiette 1c1 en un fourmillement de boqueteaux clairs, et le terme de Hecke revient à chaque instant dans les lieux-dits. Même sur les sommets éruptifs les genêts ont souvent pris la place des hêtres. Le taux de boisement qui était de 42 % dans la région précédente, s’abaisse ici à moins de 20 %, (19 % dans le cercle de Saint-Wendel).

Cette région fut une des plus anciennement occupées du Territoire. Les abords du Schaumberg ont fourni une abondante récolte de trouvailles préhistoriques et la linguistique reconnaît dans certains noms de lieux : Bliesen, Derlen, Diefflen, Gronig, Neipel, Sura (Scheuern), des radicaux celtiques. De même ce fut une des plus fortement romanisées. L'importance du peuplement galloromain est attestée à la fois par les restes de nombreuses villas exhumées le long de la route romaine de Stennweiler à Tholey et par la collection des noms en weiler, forme germanique du latin villare (français : ville ou villers) qui s’ajoute à un nom de personne pour désigner un domaine rural (1). Tholey est mentionné dans un document de 633, le plus ancien de ceux qui intéressent une localité du Territoire.

Cette ancienneté et cette densité de peuplement ne peuvent s’expliquer que par un défrichement précoce. I1 semble même que le défrichement ait été poussé à l’époque gallo-romaine plus loin qu’aujourd'hui, puisque à Stennweiler tout un bornage de champ datant de cette époque a été mis au jour en pleine forêt. De même on a retrouvé près de Tholey les restes d’une villa gallo-romaine au milieu

de la forêt qui, par une sorte de réminiscence, porte le nom de « Varuswald ».

(1) Il faut se garder cependant de considérer comme romains tous les lieux en werler. La terminaison weiler (hameau) s’applique souvent à des hameaux ou des villages de fondation récente. On en verra plus loin de nombreux exemples (cf. R. GRADMANN [41, t. II, p. 134).

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