‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 31 sur 270 · Coup D'ŒIL SUR LES pAYs pu Norp · texte numérisé non relu

Coup D'ŒIL SUR LES pAYs pu Norp

Du sommet du Langheck (502 m.), ce pilier massif qui forme aujourd’hui borne-frontière entre l'Allemagne et la Sarre, le panorama dont on jouit révèle entre le Nord et le Sud des contrastes frappants. Au Sud, les deux régions précédentes se fondent en une dépression où toute la topographie du premier plan est dominée par des venues éruptives au milieu desquelles la crête du Schaumberg, vue de l'Ouest, apparaît comme un piton conique d’une belle régularité. 2

Autant le relief du Sud semble heurté et confus, autant celui qu’on aperçoit au Nord s’ordonne clairement suivant une direction. Au premier plan, la forêt de Wadern, allongée SO-NE, se continue par le Petersberg (583 m.), à peine interrompue par la gorge de la Prims, invisible du Langheck; en arrière, le Lôsterwald dessine une seconde croupe parallèle; enfin, dans une échancrure qui correspond à la vallée du Lôster, on aperçoit la ligne sombre du Hunsrück qui se tient entre 600 et 700 mètres. Qu’on tourne ses yeux vers l'Ouest

ou vers l’Est, c’est la même rigidité de crêtes boisées. L’alignement |

de ces sommets est d'autant plus remarquable que les vallées ne jouent pas dans cette topographie le rôle directeur qu’on serait tenté

plus haut. Le même texte mentionne des barrières en bois (Wann einer dem andern ein Zaun..……. verbrennt) avec des sortes de portes (Lücken) quel’on refermait après être passé. Il s’agit sans doute de ces clôtures en bordure des chemins qui étaient courantes même en pays de champs ouverts (M. Brocn [253], p. 37). Decamorre, décrivant en 1809 les rives de la Moselle et de la Sarre, y montre » une suite ininterrompue de vergers, de jardins, de grains en maturité, de vignes, de hates vives, d’arbres fruitiers, de charmilles..……… » Encore au milieu du x1x° siècle, il arrive qu’un auteur comme ScarôTer mentionne incidemment (à Wemmetsweiler) une prairie entourée d’une haïe. Il n’en reste pas moins que : 1° les champs sur la Flur n’ont jamais été enclos; 29 le terme de Hecke qui revient si souvent dans les lieux-dits désigne des bois taïïllis, et non des haies. :

de leur attribuer. Ni la Prims, ni le Lôüster ne sont parallèles aux lignes de relief. La Nahe elle-même, dont le cours supérieur est à peu près SO-NE, ne suit pas le pied des crêtes; mais elle y enfonce une vallée étroite dont les sinuosités accroissent le pittoresque.

Le pays qui se découvre ainsi de la frontière du Territoire diffère donc profondément des Campagnes de Lebach et de Saint-Wendel : altitude plus élevée, orientation plus nette et plus continue des lignes de relief, vallées plus profondes : bref, topographie plus ferme. Mais il est loin d’être un. On peut y distinguer à l'Ouest un plateau dont l'altitude moyenne se tient entre 500 et 550 mètres, qui se rattache au Hunsrück et forme l'avancée la plus méridionale du Massif Schisteux Rhénan : c’est le Hochwald; à l'Est une région à peine plus basse, mais beaucoup plus disséquée par les affluents de la Nahe, qui est à 270 mètres à Oberstein. Cette région se rattache à un ensemble que les géographes allemands ont appelé, faute de nom local, « Nord Pjàlzisches Bergland ». Puisque aussi bien cette région effleure à peine le Palatinat et comprend surtout des territoires prussiens et oldenbourgeois, nous lui laisserons son vieux nom historique de Pays de Birkenfeld.

Page 1