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LES CONFINS SEPTENTRIONAUX

Les plaines et les collines qui constituent la dépression sarroïse s'arrêtent, au Nord d’une ligne Losheim—Wadern—Oberthal, à un ensemble de pays nettement plus élevés. L’altitude moyenne y dépasse 400 mètres; au bord même de la dépression certains sommets atteignent 600 mètres (Trautzberg, 604; Teufelskopf, 695). Accentuant encore ce contraste de relief, s’installe un paysage montagnard : à ces altitudes relativement faibles ce sont déjà les brumes, les tourbières et les sapins.

Cette Montagne ne se rattache à la dépression sarroise que par la zone marginale drainée par les cours supérieurs de la Prims et de la Blies; mais elle est traversée par la Sarre, en aval de Besseringen, en une trouée resserrée dans les quartzites. C’est cet obstacle qui a

(1) H. ScHMITTHENNER [54], p. 24 et suiv.

commandé l’évolution de tout le bassin amont, sculpté dans des roches moins résistantes. De plus il est impossible de comprendre la nature du front que les régions montagnardes tournent vers la Sarre sans jeter un coup d’œil sur l’arrière-pays. Ainsi se trouvent englobées dans notre étude des régions qui, pour appartenir à des unités naturelles bien différentes de la dépression sarroise, n’en ont pas moins d’étroits rapports avec elle : l’extrémité Sud-Ouest du Hunsrück ou Hochwald et la partie méridionale du Birkenfeld.

Deux noms, parce qu’il y a deux régions différentes.

Si elles ont en commun l'empreinte du climat montagnard, avec ce qu'il entraîne d’original dans la végétation et les genres de vie, elles ont chacune leur modelé propre et entrent en contact avec la dépression sarroise de façon différente.

a) Le Hochwald. — Le Dévonien du Hunsrück fait son apparition dans la vallée de la Moselle, à Sierck; sur le plateau entre Moselle et Sarre, il forme au milieu du Trias des îlots nombreux, mais généralement peu étendus (1); c’est seulement sur la rive droite de la Sarre qu’il affleure de façon continue, pour former le massif du Hochwald, un plateau ondulé d’une hauteur moyenne de 600 mètres. Au Sud-Est l'altitude s’abaisse brusquement et les couches dévoniennes disparaissent sous les dépôts permo-triasiques qui remplissent la dépression sarroïse. Le Dévonien reparaît une fois encore à Düppenweiler, ramené au jour par la faille de Metz—Beckingen; à partir de là il est inconnu jusqu'aux Vosges, même en profondeur.

Les roches qui constituent le Hochwald sont surtout des schistes, des quartzites et des phyllades, le tout plissé en direction varisque. Les schistes, inconsistants par eux-mêmes, peuvent être rendus plus résistants par des filons de quartz très abondants (?) et par une diagénèse due à une pression énergique qui les a transformés en phyllades. Les quartzites, assimilés aux quartzites du Taunus coblenziens, toujours extrêmement durs, forment l’ossature de la contrée. Ni le plissement, ni même ces contrastes de dureté n'apparaissent d’abord dans la topographie. L’allure générale est celle d’un plateau où les différences d’altitude sont faibles, les formes émoussées comme le grand ensemble ardenno-rhénan dont géologiquement il fait partie, le Hochwald est une pénéplaine.

(1) Le plus étendu, que les géologues allemands appellent le verrou d’Orscholz, sépare le golfe triasique de Merzig du golfe de Luxembourg. Il convient de laisser cette expression aux géologues puisque, comme nous le verrons, rien dans le relief ne traduit à cet endroit l’apparition de terrains primaires. M ;

(2) Les feuilles géologiques au 1/25.000€ n’en indiquent qu’une faible partie.

Aux abords de la vallée principale seulement se retrouve le mo delé en creux caractéristique des massifs anciens rajeunis. Comme la Moselle et le Rhin, la Sarre a sa trouée héroïque, une longue gorge sinueuse qui commence en aval de Besseringen et se termine quelques kilomètres seulement avant le confluent. Ces méandres encaissés n’ont pas tous la même allure : les premiers sont de rayon modeste et assez régulièrement elliptiques (1); en aval de Serrig ils prennent

(1) 11 faut mettre à part le méandre de Montclair, une épingle à cheveux d’une étroitesse remarquable (600 m.) par rapport à la longueur (3 km.). Malgré ces dimensions anormales et la rigidité de la branche amont, il présente la dissymétrie classique du lobe interne, qui atteste que la boucle s’est déplacée vers l'aval (planche XIII). La branche aval présente des signes d’évolution assez avancée : élargissement d’un petit bassin au confluent du Wellesbach et recoupement du double méandre de Keuchingen—Mettlach, facilité par l'apparition du Permien au fond de Ja vallée; seule la branche amont demeure rectiligne et comme ankylosée.

Rien dans la topographie actuelle n’explique ces particularités. La Sarre a établi son cours sur une surface d’érosion où se confondaient quartzites. grès et calcaire coquillier. I] n’y a aucun signe de faille post-triasique à cet endroit. Entre la Cloef où la base du Grès vosgien est à 360 mètres et Montclair, où elle està 300 mètres, la pente est de 5 04; c’est la pente moyenne de la surface fossile, à la bordure du massif ancien. On est conduit à chercher l’explication dans la tectonique hercynienne, mise à jour par l’érosion récente.

es

ie NN Dreisbäch :

LÉGENDE Are es horizontales

des couches <— verticales

. dévoniennes plo ngeantes

pis | Mélaphyre Permien

Grès bigarré .

—--— Ancien cours de la Sarte \

B Ligne debro oyage \

VW belleuse de méandre \

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