‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 8 sur 270 · PRINCIPE D’UNITÉ : LE PAYSAGE INDUSTRIEL · texte numérisé non relu

PRINCIPE D’UNITÉ : LE PAYSAGE INDUSTRIEL

Rappelons d’abord qu’une région géographique n’est pas nécessairement une région naturelle. Il est bien rare que le caractère du peuplement change en même temps que les caractères physiques. Dans la série des traits originaux, on prendra pour guide celui qui est assez fort pour se subordonner tous les autres; ainsi le relief en montagne, le sol ou le climat en plaine font l’unité de la région. Mais on con-

çoit fort bien qu’un système de culture qui détermine la forme des champs, le groupement et la forme des maisons puisse être pris comme guide dans une région à activité principalement agricole. Une unité géographique est avant tout un paysage.

Ce point admis, il faut reconnaître que la Sarre constitue une unité de ce genre. À l’horizon sont plantés un peu partout les chevalements et les cheminées, signes éminents de l’activité industrielle: les terris signalent les mines, actives ou abandonnées; aux forges, les cônes de scories servent de propylées. La vallée de la Sarre, de Sarreguemines à Mettlach, est une rue d’usines. En 1925, on y comptait 174 établissements industriels de toute importance et 7 puits d'extraction répartis sur une longueur de vallée de 70 kilomètres, soit une densité de 2,4 usines ou fabriques par kilomètre. La densité industrielle est encore plus forte, mais sur une distance trois fois moindre, le long d’un affluent de la rive droite, le Sulzbach, et le long de la Blies moyenne. De Sarrebruck à Ottweiler on ne compte pas moins de 24 puits d'extraction. Sur la houille sont établies toutes les industries qui, directement ou indirectement, l’utilisent : la métallurgie d’abord : 5 grands établissements avec usine complète (hauts fourneaux, aciéries, laminoirs; 80 firmes de transformation, depuis la grande usine qui élabore la fonte et l’acier jusqu’au petit atelier qui fabrique des pompes, des vis ou des fourneaux de cuisine); puis l’industrie chimique, la céramique et la verrerie; l’industrie du bois; enfin toutes les industries variées qui naissent du rassemblement des hommes : bâtiment, textiles, confection, chaussures, produits alimentaires.

La concentration industrielle s’accompagne en effet d’une exceptionnelle concentration d'hommes. La densité moyenne du Territoire est de 402 habitants par kilomètre carré, chiffre supérieur à celui de tous les États du Reich. Dans aucun cercle, elle ne s’abaisse audessous de 150. Par là, le Territoire de la Sarre s’ oppose aux régions voisines, aussi bien allemandes que françaises.

Densité par cercle où arrondissement (?).

(Nombre d’habitants par kilomètre carré.)

Cercle de Deux-Ponts (cam- Cercle de Baumholder. . 86,6 pagne) .. SELS NAN de SAArDUur Es 59, Cercle de Kusel a 20.0 — de Birkenfeld . . . 110,6 Arrondissement de Boulay 71,1 — de Wadern . . . . 109,6 Arrondiss. de Forbach . 156,6

— de Kaiserslautern . 106,2 Arrond. de Sarreguemines. 89,1

(1) Recensement de 1925 pour l’Allemagne (Die Bevôlkerung des Deuischen Reicks, nach den Ergebnissen der Volkszählung, 1925. Teil I) et de 1931 pour la France.

Il suffit d’ailleurs de regarder la carte de densité dressée par L. Gaz- Lois (1) ou notre petite carte de population (fig. 1) pour se rendre

‘Échelle : 1/1.000.000 F1G. 1.— LA RÉGION SARROISE, FOYER DE CONCENTRATION HUMAINE Un point représente 1.000 habitants.

Les limites sont celles des cercles et des arrondissements.

(1) P. Vinaz DE LA BLacne et L. GaLLors [22].

INTRODUCTION ÿ}

compte que la Sarre est bien à ce point de vue nettement individualisée.

Concentration industrielle et concentration humaine, ces deux faits liés l’un à l’autre déterminent les autres aspects de la région : rassemblement des voies ferrées, circulation intense sur les routes, mouvements incessants d'hommes et de marchandises, et le statut politique lui-même dérive de ces caractères fondamentaux.

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