‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 88 sur 270 · B. — LA VOIE D'EAU · texte numérisé non relu

B. — LA VOIE D'EAU

La Sarre, à l'heure actuelle, n’est pas navigable dans son cours inférieur. Alimentée uniquement par les pluies, elle manque d’eau en été; même en hiver, des bancs de graviers et de sable et, en aval de Besseringen, des LR rocheuses s’opposent à la cireulation des péniches du type courant, tirant 1 m. 80. Seule a été aménagée la section moyenne, entre Sarreguemines et Ensdori. On a vu parfois des bateaux bloqués à l’amont par la sécheresse s'échapper à

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vide par laval; mais c’est un tour de force que tentent seulement des bateliers audacieux et pressés.

Or, depuis l'antiquité jusqu’au milieu du x1xe siècle, la Sarre avait été le siège d’une navigation active qui remontait la rivière depuis son confluent avec la Moselle jusqu’à Sarrebruck. La décadence de la navigation fluviale n’a rien que de banal; on la retrouve sur beaucoup de fleuves français. Partout on peut invoquer l’inaptitude de la voie d’eau à concurrencer des modes de transport plus rapides et plus réguliers. Cependant la Sarre n’est pas une rivière ordinaire, car il s’agit de l'artère maïtresse d’une région minière et métallurgique, destinée par la nature, semblait-il, à porter la houille et le minerai. La décadence de la navigation au moment même où s’enfle l’industrie est absurde; d’autre part elle a eu ici des conséquences exceptionnellement graves. Perdant le contact avec la mer, la Sarre a vu s'échapper un commerce de transit qui avait contribué à sa fortune. Aujourd’hui, l’inachèvement de la voie d’eau retentit durement dans toute l’économie du bassin industriel. Deux raisons pour préciser les origines de cet état de choses et ses conséquences.

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