Voir au mot Mines
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pierres et une infinité d'autres accidents ». Comme on le voit, les enfants étaient exposés aux mêmes dangers que les adultes, mais leur situation était d'autant plus dangereuse qu'ils étaient admis au travail très jeunes, et leur constitution physique n'était point capable de résister à toutes ces maladies.
On ne constate pas la même situation en France, et la raison en est très simple. Les Français du xvin° siècle ne se préoccupaient pas beaucoup de l'exploitation de leurs richesses minérales. Les industries extractives étaient très peu développées. On envoyait des jeunes gens en Saxe, en Brunswick, en Hongrie, pour étudier la minéralogie et la métallurgie. Le nombre des mines françaises était dérisoirement petit (1) et prouve l’état peu florissant de cette industrie.
C'est l'emploi de la vapeur qui, en révolutionnant toutes les industries à la fin du xviut siècle, a réclamé son « pain noir ». La houille était jusqu à ce moment dédaigneusement délaissée et employée seulement pour chauffer de pauvres gens auquel le bois était trop cher. D’un coup elle sauta au premier rang des richesses nationales d’un peuple. On ne s’en servait que pour produire de la chaleur, et en découvrant en elle-même une source inépuisable d’énergie, son emploi devint
fréquent, et l’industrie houillère prit un essor inconnu
jusqu'alors.
4. Voir le même article de l'Encyclopédie.
DCAADANE
Mais le bel aspect de la médaille eut son revers. Les industriels eurent beaucoup de regrets à laisser chômer leurs machines, d'où le surmenage des ouvriers par la durée excessive de leur travail. Et comme les forces physiques des hommes furent très avantageusement remplacées par les forces mécaniques, on n’eût plus besoin des hommes forts pour accomplir la besogne. Avec un peu d'exercice, les enfants pouvaient y arriver également. Pour faire marcher les machines, il fallait plus d'attention que de vigueur. Et comme les enfants coûtaient beaucoup moins cher, occupaient moins de place et n'étaient pas très exigeants, leur emploi fut généralisé. En outre, les grandes guerres européennes de la fin du xvur* et du commencement du xix° siècle enlevaient des hommes vigoureux pour les faire tuer ou pour les renvoyer incapables de tout travail. Le recrutement des femmes et des enfants fut plus facile et quelquefois le seul possible.
L'éminent rapporteur de la loi du 19 mai 1874 a admirablement exposé devant l’Assemblée nationale les raisons de cet emploi exagéré des femmes et enfants :
« L'enfant et la femme, disait-il, placés jadis en dehors de toutes les prévisions des lois industrielles qui n’attachaient de prix qu’à la force, ont pu trouver dans une infinie variété de travaux de tout genre, un emploi auquel s'était refusé jusque-là leur faiblesse naturelle.
« Puis les charges croissantes de la fabrication, les