LE QU
vicissitudes de la concurrence, l'infatigable et incessante activité des agents mécaniques, ont conduit l’industrie à mettre parfois de frêles créatures à son service au delà du temps que permettent leurs forces, jour et nuit, dans des ateliers dont l'atmosphère pouvait altérer leur délicate organisation. Ainsi, on a pu craindre, qu’éntrainée par le mouvement qui la pousse sans cesse au plus grand développement possible, la production manufacturière ne sacrifiät à l’accroissement de la richesse des droits plus respectables encore dans la personne de l'enfant qu'en tout autre, et n’amenât, en absorbant les jeunes générations dans son immense effort, une dépression de leurs forces physiques et de leurs facultés intellectuelles. »
Les abus ne tardèrent pas à devenir de plus en plus révoltants. Le régime de liberté économique, rêvé par les physiocrates, produisit une concurrence à outrance, une lutte pour la vie, acharnée et impitoyable, dans laquelle il fallait vaincre ou être perdu. Et la victoire, selon les idées économique de l'époque, ne pouvait s’acquérir qu’au prix de l'épuisement complet des forces humaines, Il fallait un frein à cette horrible exploitation. La conscience publique se révolta, et au prix des efforts inouïs, cette liberté qui touchait à l'anarchie, fut limitée, timidement d’abord, plus précisément et plus fortement ensuite. Le signal fut donné en Angleterre. La fièvre industrielle y fut plus forte qu'ailleurs, les abus par conséquent plus grands.