RARE
A Labasserre et Gerues (Hautes-Pyrénées), dix-neuf femmes et trois jeunes filles étaient occupées à trainer de petits wagons remplis d’ardoises, de l’entrée de la mine jusqu’au lieu où les ardoises sont taillées avant
d'être expédiées.
Seizième circonscriplion. — Ariège, Haute-Garonne, Aude, Pyrénées-Orientales, Tarn, Tarn-et-Garonne.
Les compagnies minières des Pyrénées, de l’Ariège et du Tarn, n’employaient ni enfants, ni filles mineures, dans leurs travaux souterrains. Ils étaient occupés au triage du charbon, travail qu'on fait au jour. Les quelques enfants rencontrés dans les exploitations diverses de minerais de fer et de plomb ne descendaient pas dans le fond.
Il n’en était pas de même dans les carrières de pierres et de plâtre de Betchat (Ariège). L'inspecteur a eu à relever plusieurs contraventions relatives tout d'abord aux femmes et aux enfants, et ensuite aux femmes seulement. Elles ne travaillaient pas, à proprement parler, dans les galeries souterraines, mais elles y descendaiïent prendre la pierre et la remontaient à dos. Tout d'abord, l'inspecteur n’a pas cru devoir sévir à cause de l’élimination des enfants qui y étaient fort nombreux. Mais après plusieurs avertissements il lui a fallu sévir. Le travail auquel étaient astreintes les femmes était non seulement défendu par la loi, mais encore exigeait une
force et une résistance à la fatigue qui dépassent celles | des femmes. Plusieurs procès-verbaux ont été dressés qui, suivis de condamnations, ont eu pour conséquence une sensible amélioration.
Les rapports de l'inspecteur M. Le Roy contiennent des remarques très intéressantes sur le rôle des gardesmines et le concours des délégués mineurs :
« Les gardes-mines, dit-il dans son rapport de 1889, s'occupent généralement fort peu de la loi de 1874, qui pour eux n'est que secondaire, et, à ce sujet, je crois qu'il serait bon de laisser aux inspecteurs divisionnaires le droit de verbaliser que leur enlèvera l’article 17 du projet de loi adopté au mois de juin 1888 (1).
« Le concours des délégués mineurs prévu dans un autre projet de loi ne me parait pas, sous ce rapport du moins, acquis entièrement à l'administration.
« Ces délégués choisis parmi les ouvriers négligeront sûrement de signaler les abus de ce genre parce que les enfants employés seront ceux de leurs camarades, les leurs peut-être même, et qu'ils auront intérêt à se ménager la sympathie de leurs électeurs. Or, ces derniers loin de se rendre un compte exact des avantages que retirent leurs enfants de la protection de la loi, ne voient dans ces prescriptions que des obstacles à leur travail et un empêchement pour eux de rapporter à la