ANGLETERRE
Nous avons constaté à plusieurs reprises, qu’en France la situation des enfants employés dans les mines était meilleure et de beaucoup, que celle des enfants des autres industries. Il n’en était pas de même en Angleterre. Là le sort des enfants occupés au fond des mines était le plus mauvais, et on peut alors se rendre compte quelle était la vie de ces malheureux enfants, quand on sait à quelle horrible exploitation on était arrivé dans la plupart des autres industries anglaises. D’où vient cette différence avec l’industrie extractive en France ? Nous avons essayé de démontrer que la nature des travaux de mines s'opposait généralement à ce qu’on confiât aux enfants les fonctions dépassant leurs forces. Mais dans les mines il faut tenir compte non seulement de l’organisation du travail, mais aussi de la manière dont ces travaux sont exécutés. Les fonctions de pulers et de
trappers ont justement révolté l'opinion publique anglaise. Cependant dans les mines bien organisées, ou les galeries sont larges, bien aérées, où la traction de chariots remplis de charbon se fait sur les rails, et très souvent à l’aide de chevaux, la fonction de purters, qui consistait à trainer ces chariots, n’est pastrès pernicieuse Le travail de trappers qui étaient occupés à ouvrir et fermer les portes d'aérage, n’était pas fatigant et mauvais en lui-même, mais il finissait par abrutir et ruiner la santé de ces enfants à cause de sa durée excessive. La fièvre industrielle, surtout en ce qui concerne l'industrie extractive, n'était jamais si intense en France qu’en Angleterre dans la première moitié de ce siècle. On voulait y faire de l’argent de tout. Les conditions hygiéniques des exploitations étaient entièrement négligées. La loi n'intervenant pas, on prenait des enfants de bas âge, et on les faisait travailler impitoyablement, puisque cela ne coûtait pas plus cher. On ne voulait pas s'arrêter pour améliorer les conditions de l’exploitation, cela coûterait quelque chose et obligerait peut-être au chômage. Et le moindre arrêt pouvait amener la ruine, le concurrent était là pour prendre la place.
En ce qui concerne spécialement les mines, la faible épaisseur des couches de beaucoup d’entre elles, ne permettait pas de larges et hautes galeries. L'enquête menée par une commission avait démontré, qu'il y avait
des mines où la hauteur des galeries ne dépassait pas , |
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45 centimètres, mais elle était Le plus souvent de 68 à 75 centimètres.
On peut s'étonner de ce qu'en Angleterre, où la protection actuelle de l'enfance a pris son origine, aucune réglementation ne soit intervenue avant 1842 pour améliorer le sort des enfants employés dans les mines. Cela peut s'expliquer dans une certaine mesure, parce qn’en France et dans plusieurs autres pays, l’intervention de l'autorité en faveur de la protection des enfants s'était manifestée incidemment, elle s'était ajoutée accessoirement aux réglementations générales des exploitations minières. En Angleterre, sauf pour les mines d’or et d'argent, le droit régalien n'existe pas. Une liberté presque sans bornes est laissée aux exploitants des substances minérales. Il n’y avait pas en Angleterre de prescriptions analogues à la loi française du 21 avril 1810 et du décret de 1813, où l'on pouvait glisser une règle protectrice quelconque (1).
Il ya encore une cause qui a beaucoup contribué à charger le lugubre tableau de la situation des enfants dans les mines anglaises. Cette catégorie de pauvres orphelins qui, sans parents et sans ressources, étaient à la charge des paroisses, formait le contingent le plus nombreux et le plus malheureux de ces jeunes travailleurs.Les paroissess’'en débarrassaient en les cédant aux maitres ouvriers, qui ne se génaient pas trop de retenir leurs salaires jusqu’à l’âge de 21 ans. Ils s’engageaient