M. Scriven’s Æeport, app. IL, p
points de vues. L'aérage était insuffisant, et même quelquefois l'épuisement des eaux était si imparfait, que les enfants travaillaient tout le temps les pieds dans la boue et souvent dans l’eau. Il est facile de deviner quels effets désastreux produisaient les travaux exécutés dans de pareilles conditions. De nombreuses maladies en étaient la conséquence inévitable. Et le plus déplorable était, ce que justement dans des endroits les plus malsains on employait les plus jeunes enfants, et même on préférait souvent des jeunes filles.
Nous avons démontré plus haut que, malgré ces longs et pénibles travaux, les jeunes ouvriers étaient la plupart du temps frustrés de leurs salaires. Comme c'étaient souvent des orphelins, dont les paroisses avaient hâte d’être débarrassées, personne ne prenait soin de leurs intérêts pécuniaires. Quand ces enfants appartenaient aux familles des mineurs ou aux autres familles pauvres, habitant dans le voisinage des mines, leur travail, si mauvais qu’il était, leur profitait par le salaire dont il était rétribué, en augmentant leur bien-être à la maison. Mais, le profit était bien loin d'égaler la perte.
Malgré leur travail épuisant, ces petits ouvriers n’évitaient pas les mauvais traitements que leur faisaient subir les maitres-ouvriers. Et, ces mauvais traitements sont loin de ressembler aux bénignes punitions que les parents distribuent quelquefois à leurs enfants. Nous citerons du rapport de la commission qui opérait avant la loi de 1842, une histoire racontée par un de ces mal-
heureux garcons (1). Elle est très significative et se passe de commentaire : « Je ne sais pas l’âge que J'ai; mon père est mort, ma mère aussi, j'ignore depuis combien de temps. Je suis entré dans les mines à l’âge de neuf ans; je ne sais pas depuis quand j y suis : il ya longtemps. Mon maitre s’est engagé à me nourrir et à me vêtür ; il me donnait de vieux habits qu'il achetait chez les chiffonniers et je n'avais jamais assez pour apaiser ma faim. Je le quittai, parce qu'il me maltraitait; deux fois, 11 m'a frappé avec sa pioche. » (Ici, le commissaire fit déshabiller l’enfant et trouva en effet, sur sa poitrine une large cicatrice indiquant une blessure faite avec un instrument tranchant ; il avait aussi surle corps plus de vingt blessures qu'il s'était faites en poussant les chariots de charbon dans les galeries basses.) « Mon maitre me battait tant et me traitait si mal, que je résolus de le quitter et de chercher une meilleure condition. Pendant longtemps, je dormis dans les puits abandonnés, ou dans les cabanes qui sont au bord des puits exploités, ne mangeant pour toute nourriture que les bouts de chandelle que les ouvriers laissaient dans les travaux. »
Ce travail abrutissant des enfants n’a pas manqué de produire de pires effets sur leur moral. L'enquête avait à constater, à plusieurs reprises, des faits qui présentaient le caractère des mineurs comme rempli de bruta-
lité qu'ils poussaient souvent jusqu’à la férocité. Nous en