Scriven’s, £vidence, n0 38, part. II, p
choisirons un : «Dans le Lancashire,un enfant fut amené au docteur Milner, médecin à Rochdale. Il l'examina et trouva sur son corps vingt-six blessures Les reins et toute la partie postérieure de son corps n'étaient qu'une plaie ; sa tête, dépouillée de cheveux, portait la trace de plusieurs blessures graves ; un de ses bras était fracturé au-dessous du coude, et paraissait l'être depuis Jongtemps. Quand ce malheureux enfant fut amené devant les magistrats, il ne pouvait ni se tenir debout, ni demeurer assis ; on fut obligé de le déposer à terre, dans une espèce de berceau. L'instruction prouva que son bras avait été cassé par un coup de barre de fer, que la fracture n'avait jamais été remise, et que pendant plusieurs semaines il avait été obligé de travailler avec le bras dans cet état. Il fut ensuite prouvé que son maitre, qui l'avoua, avait coutume de le battre, avec un morceau de bois à l'extrémité duquel était fixé un clou long de plusieurs pouces. Cet enfant manquait souvent de nourriture, comme le montrait l’état de maigreur dans lequel il était. Son maitre l’employait à trainer des chariots, et, lorsqu'il l’eût mis dans l’incapacité de travailler, il l'avait renvoyé à sa mère, qui était une pauvre veuve» (1).
La situation des femmes et des jeunes filles employées dans les mines était encore plus mauvaise. On leur confiait, tout d'abord, la plupart des travaux dont on char-
1. M. Kennedy’s Report, app., part. II, p. 218. Nintchitch 45
geait aussi les garçons. Elles poussaient des chariots et conduisaient des chevaux comme ces derniers. En outre on leur laissait les travaux, que les ouvriers de l’autre ‘sexe n'auraient voulu accepter à n'importe quel âge. Ainsi, en Ecosse, où dans beaucoup de mines il n’y avait pas de machines pour monter le charbon à la surface de la terre, ce sont des femmes et des jeunes filles qui le montaient sur le dos dans des corbeilles, par des échelles ou des escaliers grossièrement construits (1). « Si l’on considère la nature de ces horribles travaux, disait un des sous-commissaires après en avoir rappelé les circonstances les plus odieuses (2), la durée non interrompue de cette tâche pendant douze et quatorze heures, l’atmosphère humide, chaude et malsaine d'une mine de houille, l’âge et le sexe des travailleuses, l’esclavage systématique qui pèse sur elles, on à peine à concevoir qu'un pareil état de choses soit toléré dans un pays aussi éclairé que l'Angleterre, et à une époque, ou l’on se pique de porter un si vif intérêt au bien-être des classes ouvrières. »
D'autre part, ces femmes et jeunes filles, étaient si peu vêtues, que, malgré l’inconscience où elles se trouvaient par suite d'une longue pratique, elles avaient honte de paraitre devant les commissaires chargés de faire une enquête sur leur situation.
Le caractère et les mœurs des mineurs se ressentaient