‹ La reine Fiammette, conte dramatiqueChapitre 100 sur 105 · ACTE SIXIÈME l · texte numérisé non relu

ACTE SIXIÈME l

ORLAXDA

Moi '?

DANIELO

Cela vous parut un caprice charmant D'emporter et d'aimer un de ces misérables...

ORLANDA

Moi ?

DANIELO

Puis, uu soir de rire et d'oublis adorables, Quand tout charmait l'élu de votre lit damné, Lui, l'enfant souriant, En un sanglot contenu.

tu l'as assassiné.

ORLAXDA

Ce n'est pas vrai ! Qui t'a fait cette affreuse histoire? Quel jeune homme'? En quel lieu? Quand? Vous avez pu croire Cela ! C'est un mensonge. Oh ! les lâches bandits ! Je ne sais pas un mot de tout ce que tu dis.

DANIELO

Dieu ! Si pour me résoudre à tuer cette femme Le cardinal m'avait menti ?

Plein d'épouvante.

L'horrible trame !

Brusquement, et lui prenant la main.

Regarde-moi. Si peu que ton âme valût, Pour en risquer, au bord du tombeau, le salut

152 LA RKIXE FIAMMET'l'K

Tu n'oserais pas, femme, être assez téméraire ?

La conduisant impétueusement sous la croix. Jure que tu n'as pas assassiné mon frère !

OIU.ANn.V

Son frère !

Ardemment, et se jetant à genoux sous le crucifix.

Ah ! par celui qui souffrit et saigna Sur le divin gibet, je le jure !

Dauielo se jette sur elle, larelôve, l'enlace dans une folie d'amour, de joie et d'horreur.

DAXnxo

Iléléna !

Je t'adore. Pardon. O ma vie, 6 mon ame! Pardonne-moi. J'étais affreux. J'étais infâme. Je t'ai fait tant de mal ! Moment horrible et doux ! Ah ! je t'aime, et je pleure en baisant tes genoux.

ORLANDA,

extasiée.

Tu m'aimes! Tu le dis ? Je t'entends me le dire !

Ah ! que le Ciel paraît bon après le martyre.

Tu m'aimes? Le bonheur a donc de ces retours ?

Dis que tu m'aimes, dis que tu m'aimes, — toujours !

Et vois comme en mes yeux ce seul mot plein de charmes.

Au lieu des pleurs amers, a mis d'heureuses larmes !

DAXIELO

Non, je fus trop cruel pour qu'elle m'aime ainsi ! Tant de douleurs, pauvre ange, et de sanglots !

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