ACTE SIXIEME
ORLANDA
Merci!
DAXIELO
Oh ! ce César Sforza dont l'infernale haine-..
ORLAXDA
Ne pensons qu'à nous seuls ! J'ai l'âme plus sereine
Que celle d'un enfant qui rit ! Et je n'en veux
A personne quand j'ai ton front dans mes cheveux.
Vers le banc à droite.
Viens ! C'est l'horreur des nuits qui fait bénir l'aurore, Tant de chagrins passés, c'est plus de joie encore. Viens ! Te rappelles-tu notre maison du bois ?
Ils sont assis, mi-étendus.
Penche ta tête, ainsi, plus près, comme autrefois, Quand nous nous endormions enfin dans les silences De tes ravissements et de mes nonchalances. Mais, n'est-ce pas, cher cœur par l'exil éprouvé, Qu'il est plus doux, l'Edendu baiser retrouvé ? *
DAXIELO
Tout ce qui n'est pas toi ne vaut pas qu'on l'obtienne. Il n'est d'autre bonheur que ta bouche !
OULAXDA
Et la tienne !
DANIELO
Le reste glisse et fait comme le vent sur l'eau. M'aimes-tu?
Si je t'aime!
ORLANDA
Héléna...
ORLANDA
Danielo...
Ils sont comme endormis dans les délices de leur embrassement. Un long, très long silence. La nuit est tout à fait venue. Très au loin une cloche sonne et l'orgue pleure; et, très faibles, s'élèvent les voix des religieuses, au loin, dans la chapelle. Si l'on entend les voix, on ne distingue pas les paroles. C'est comme un chœur funèbre, à bouche fermée.
ORLANDA,
en sursaut.
Oh ! — La mort !
DANIELO
J'oubliais ! C'est le réveil horrible !
ORLANDA
Je ne veux pas mourir ! Mourir, c'était possible Quand tu ne m'aimais pas. C'était comme un espoir De rêver dans la nuit au jour de te revoir! Mais, à présent, j'ai ton amour, tu m'as tenue Sur ton cœur. La mort, c'est la hideuse inconnue,